État d’urgence renouvelé : élections présidentielles sous contrôle

Par un nouveau texte de loi, le gouvernement vient de prolonger l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet prochain. Ce dispositif d’exception mis en place après les attentats du 13 novembre 2015 vise à réduire les libertés publiques fondamentales, notamment celles de réunion et de manifestation. L’exécutif a justifié son choix en invoquant l’instabilité politique propre aux périodes électorales : les « débats politiques pouvant être emprunts d’une certaine tension », la commission d’attentats « aurait un impact accru et porterait une atteinte grave et directe à la vie démocratique et institutionnelle française ». Il est vrai que l’exercice du pouvoir serait nettement plus simple s’il n’était pas troublé par ces échéances électorales à répétition…

xvmcbe66cb6-8c7f-11e5-a72d-5a82671dcda4

Lire la suite

Pour une critique radicale des médias. Entretien avec Baron William

Baron William : Par quoi veux-tu commencer ?
Nicolas Bourgoin : Par mes méthodes de travail que j’ai changées dernièrement en abandonnant la forme académique pour rédiger des livres sous forme de romans. L’idée était de toucher un lectorat plus large.
La question peut en effet se poser : est-ce que la fiction peut être un vecteur efficace pour intéresser le public et le sensibiliser à certaines thèses politiques, suivant l’exemple de Lucien Cerise ou d’autres ? Le livre « Les brillants » de Marcus Sakey, devenu best- seller, et Oliganarchy de Lucien Cerise, très bon roman, incitent le lecteur à réfléchir sur le thème de la manipulation politique. Le premier traite des attentats sous faux drapeaux, des méthodes de surveillance et de contrôle des populations dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, le second expose les méthodes de l’ingénierie sociale. J’ai voulu à mon tour m’essayer à cet exercice.

8455968-13280750

Lire la suite

Manifestation interdite : un pas de plus vers la dictature.

Après les coups de matraque, l’interdiction. La fuite en avant sécuritaire dans lequel le gouvernement s’est engagé ne faiblit pas. Incapable de faire taire les voix qui contestent la funeste et bien mal nommée « loi travail », l’exécutif n’a plus que les rapports de force pour faire passer la casse du droit du travail : 49-3 à l’Assemblée et interdiction de manifester dans la rue. Cette décision a évidemment suscité un tollé dans le monde syndical, même la CFDT pourtant signataire du texte s’en est émue. Comme avec la circulaire Valls contre Dieudonné, la menace de « trouble à l’ordre public » est une fois de plus mise en avant pour justifier une mesure autoritaire et liberticide. Et dans ce cas comme dans l’autre, l’interdiction qui risque fort de faire jurisprudence est lourde de conséquences pour l’avenir des libertés publiques…

4920973_6_6448_2016-05-17-3ecbcda-5879874-01-06_a1008f013e233b1ec62dc4911ed8c1fa

Lire la suite

Charlie, nouvelle religion d’État.

Par quel miracle un journal satirique a-t-il pu devenir l’un des organes de la pensée officielle ? Cette métamorphose témoigne bien sûr de la capacité du système à faire feu de tout bois et à tout recycler mais elle montre surtout les affinités entre la pensée libérale-libertaire et les intérêts des élites mondialistes. Et celles-ci ne sont jamais avares pour récompenser leurs loyaux serviteurs comme on l’a vu à l’occasion du battage médiatico-politique qui a suivi les attentats de janvier : minutes de silence un peu partout en France, drapeaux en berne, journées de deuil national, manifestations de solidarité émaillées de « dérapages » anti-Islam, grande marche républicaine symbolisant l’union sacrée des politiques contre « la barbarie et le terrorisme » à laquelle se sont associés la totalité des partis du système et des organisations de l’antiracisme institutionnel ainsi que de nombreux chefs d’État, slogans de soutien omniprésents, déclarations martiales des responsables politiques en dépit des zones d’ombre qui brouillent cette nouvelle affaire, à l’image de celles des attentats du 11 septembre.

À l’occasion du premier anniversaire des attentats, les élites politiques ressortent les plats – avec parfois quelques ratages – au risque de provoquer la nausée. Exploiter jusqu’au bout ce drame pour renforcer le système de domination et pour lancer la France dans des aventures militaires de tous les dangers – le tout sous couvert de « guerre contre le terrorisme » – est clairement la ligne politique du gouvernement. Les bénéfices attendus sont bien là : restauration d’un crédit politique perdu sur le front économique et social et promulgation d’une batterie de lois liberticides pour museler la contestation sociale. Mais l’essentiel est peut-être ailleurs. La mascarade du 11 janvier et celle des commémorations forcées du premier anniversaire (en attendant les suivants !) ont aussi pour objectif de formater les esprits en posant les bases de ce que l’on pourrait appeler une « religion d’État ». Une religion laïque – et même laïciste – mais dont la fonction première est de dresser un rideau de fumée idéologique entre la conscience et la réalité.

4552522_6_6dae_le-8-janvier-devant-l-ambassade-de-france-a_b6e8e448e7702a71233e6ee0792081d4

Lire la suite

Quenelle, le retour !

Le contraste est saisissant et il résume à lui seul la politique de sécurité suivie par le gouvernement : tolérance zéro pour la contestation politique, tolérance maximale pour la délinquance contre les personnes et les biens. Le « message de fermeté » porté par Manuel Valls lors de sa visite à Moirans, deux semaines après les violentes émeutes qui ont agité la ville, a bien été présent mais pas là où on l’attendait. Alors que celles-ci n’ont donné lieu à aucune interpellation, faisant pourtant de lourds dégâts (pas moins d’une trentaine de voitures incendiées dont certaines jetées sur les voies SNCF, la gare ainsi qu’un restaurant dévastés, la chaussée gravement endommagée) un jeune homme ayant fait le geste de la quenelle au Premier ministre lors de son déplacement a été interpellé peu après par la gendarmerie. Poursuivi pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, il encourt une peine de six mois de prison et 7.500 euros d’amende. Dans un précédent article, nous avions déjà relevé ce qui semble faire l’originalité de la politique de sécurité du gouvernement actuel : une réduction drastique des libertés publiques sous couvert de guerre contre le « terrorisme » – notion bien élastique qui tend à recouvrir une bonne partie de la contestation sociale – s’accompagnant d’une impuissance manifeste sur le front de la sécurité des biens et des personnes. Cet épisode en est la parfaite illustration.

Polysémique et ambigu, le geste de la quenelle est avant tout un bras d’honneur contre les élites en tout genre. Dans le cas présent, son caractère irrévérencieux est d’ailleurs revendiqué par l’auteur du geste pour qui c’est avant tout « un acte d’opposition politique », a expliqué Jean-Yves Coquillat, procureur de la République à Grenoble. Si la contestation politique reste admise, elle trouve rapidement ses limites avec ce bras d’honneur. Une question vient alors, pourquoi tant de haine ?

Valls_Quenelle

Lire la suite

La réinformation, enjeu crucial des prochaines années

La vérité est enjeu de lutte. Cet aphorisme prend toute sa portée à l’heure où le Premier ministre, s’inspirant du modèle chinois, mobilise une armée de community managers pour relayer la parole officielle du gouvernement et contrer les propos critiques qui fleurissent sur Internet. La censure est aussi à l’ordre du jour avec la dernière loi antiterroriste mais elle se limite pour l’heure aux sites faisant l’apologie du « terrorisme » (notion, il est vrai, passablement élastique… ). L’énergie déployée par l’État pour soutenir la désinformation et réduire l’accès à une information alternative montre, si besoin était, que les mots (comme supports des idées) sont des armes dans les rapports politiques entre dominants et dominés. Aux mains des élites mondialistes, ils servent à la fabrication du consentement et prêchent la résignation en présentant la politique actuelle comme la seule praticable. Aux mains des dominés, ils sont un outil de réinformation active et une force émancipatrice.

internet

Lire la suite

L’antiracisme contre les libertés. Bref éclairage sur le plan d’action de Manuel Valls

L’enfer est pavé de bonnes intentions. Le gouvernement Hollande sort une nouvelle fois l’artillerie pénale dans ce qui semble être devenu sa priorité expresse : la lutte contre le racisme, plus particulièrement l’antisémitisme. Si l’intention est évidemment louable, la méthode utilisée met sérieusement à mal les libertés publiques. Cet activisme sur le front des valeurs républicaines, qui tranche singulièrement avec une passivité manifeste sur la question de la défense des travailleurs, est lourd de conséquences. Le plan de l’exécutif qui prévoit notamment de sortir les injures racistes et antisémites du droit de la presse, relativement protecteur, pour en faire un délit à part entière a suscité l’inquiétude des associations de défense des droits de l’Homme. Il sera désormais possible d’envoyer quelqu’un en prison, éventuellement en procédure accélérée, pour des propos jugés racistes. Le procédé est identique à celui employé dans la lutte contre le terrorisme : criminaliser les paroles ou les idées jugées incompatibles avec les valeurs de la République. Avec un risque similaire : créer purement et simplement un délit d’opinion.

Loi-Taubira

Lire la suite