De la signification des nouveaux « éloges de la pauvreté », par Vincent Gouysse (OCF)

Comment l’impérialisme parvient-il à faire accepter à l’immense majorité des conditions de vie toujours plus dégradées alors que les profits capitalistes sont en progression continue ? Il y a la manière forte : lois sécuritaires, réduction des libertés publiques et violences policières. Il y a aussi la manière « douce » plus insidieuse et finalement plus efficace : formatage idéologique, désinformation et abrutissement culturel. La propagande déversée par les medias dominants a pour fonction d’amener les peuples à se satisfaire de leur sort, aussi dur soit-il. La pédagogie de la tempérance est la dernière mode médiatique destinée à faire passer un partage des richesses toujours plus inégalitaire : aux riches, le luxe, aux pauvres les vertus de la sobriété. Elle est professée par des intellectuels et des personnalités des arts et des spectacles. Vincent Gouysse en a sélectionné deux, Pierre Rabhi et ZAZ, dans son article que nous présentons ici.

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Notre époque voit les masses populaires longtemps privilégiées des pays impérialistes en déclin « goûter » à l’amer cocktail des plans d’austérité, mesures de rigueur et autres « réformes » structurelles au demeurant assez comparables aux plans d’ajustements structurels (P.A.S.) d’habitude concoctés et dictés via le FMI par les impérialismes dominants à leurs intermédiaires bourgeois-compradore des pays dépendants placés sous leur tutelle. Après avoir été d’abord élaborées pour être servies aux travailleurs des pays coloniaux et semi-coloniaux, ces recettes doivent aujourd’hui être servies à un prolétariat ayant bénéficié, plusieurs décennies durant, de chaînes dorées et autres « acquis sociaux ».

Assurément, le breuvage est amer et notre bourgeoisie se demande comment arriver à le faire boire sans soulever les foules contre ses pantins politiques, en dépit de sa très riche expérience dans ce domaine. Il y a près de deux décennies, un rapport de l’OCDE traitant des P.A.S. dans les pays dépendants soulignait qu’il fallait dans la mesure du possible privilégier les ajustements structurels (sur le long terme) aux mesures de stabilisation (brutales) afin de limiter le mécontentement social :

« Cette distinction entre la stabilisation et l’ajustement structurel est politiquement importante. En effet, le programme de stabilisation a un caractère d’urgence et comporte nécessairement beaucoup de mesures impopulaires puisque l’on réduit brutalement les revenus et les consommations des ménages en diminuant les salaires des fonctionnaires, les subventions ou l’emploi dans le bâtiment. En revanche, les mesures d’ajustement structurel peuvent être étalées sur de nombreuses années et chaque mesure fait en même temps des gagnants et des perdants, de telle sorte que le gouvernement peut s’appuyer facilement sur une coalition des bénéficiaires pour défendre sa politique ».

Que la bourgeoisie des pays impérialistes en déclin se soit risquée à demander à ses gouvernements de « droite » comme de « gauche » de privilégier les mesures impopulaires à caractère d’urgence générant presque exclusivement des perdants au risque de compromettre irrémédiablement et durablement ses attelages gouvernementaux auprès de ceux qu’ils sont censés représenter « démocratiquement », montre à quel point la crise de déclassement de nos impérialismes est jugée avec gravité par « nos » élites.

Comme nous l’avons déjà démontré, celle-ci s’accompagne aujourd’hui d’une paupérisation absolue de couches populaires de plus en plus larges. Pour les classes exploiteuses, la problématique est donc la suivante : parvenir à leur faire accepter cette durable et inexorable traversée de la « vallée de la Mort »… Et c’est là qu’entre en scène une foule d’artistes et d’idéologues petit-bourgeois pseudo-progressistes. De cet amas réactionnaire informe, nous avons retenu deux figures représentatives en symbolisant parfaitement l’essence : ZAZ et Pierre Rabhi.

ZAZ a vu sa carrière de chanteuse décoller véritablement en 2010 avec la sortie de son premier album éponyme. Une sortie qui ne doit rien au hasard, mais beaucoup aux mass-médias bourgeois les plus réactionnaires et obscurantistes qui ont lancé sa carrière parce que c’est aujourd’hui dans l’intérêt des classes exploiteuses de feindre de dénoncer la « société de consommation » au moment où celle-ci apparait comme condamnée à s’effondrer durablement pour la grande masse des couches populaires laminées par l’austérité. ZAZ est éditée par Sony Music et son premier single, Je veux (2010), fût choisi comme « tube de l’été » par la chaîne télévisée TF1 sur laquelle il fût régulièrement diffusé tout l’été, sans oublier les chaînes musicales traditionnelles qui se joignirent au concert… c’est-à-dire au moment même où, sous la menace de la crise de la dette souveraine, la bourgeoisie mettait un terme aux politiques de soutien à la consommation pour leur substituer des politiques d’austérité !… Il faut dire que Je veux est un hymne à une nouvelle pauvreté à la fois « heureuse » et « assumée » : être riche ne rend pas heureux, contrairement à l’amour et à la générosité, qui eux, ne coûtent rien… Voilà à quoi se résument les paroles de la chanson. A l’âge de 34 ans, après seulement deux albums vendus à un total de plus de 1,5 million d’exemplaires, la chanteuse ZAZ (de son vrai nom Isabelle Geffroy) est aujourd’hui à la tête d’une fortune estimée à 2,9 millions d’euros. Si ce n’est pas « leur » argent qui fera son bonheur, le sien semble donc par contre bel et bien y contribuer… Et si ZAZ ne le claque peut-être certes pas en « bijoux », « manoir », « personnel » et « limousine », comme elle le clame en chanson, notre pieuse néo-bourgeoise ne connaît cependant plus les fins de mois difficiles, à l’inverse de tant d’esclaves salariés… Si ZAZ a aujourd’hui « sa réalité » et « sa liberté », son « public » a également les siennes, bien différentes cependant !

Pour se donner bonne conscience, elle fait ce que font tous ses semblables : s’adonner à la philanthropie (en embrassant une cause perdue d’avance), afin de pouvoir, conformément à ce qu’elle chante, « crever la main sur le cœur »… ZAZ a ainsi naturellement rejoint la cohorte de chanteurs-saltimbanques des « Enfoirés », mais pas seulement ! ZAZ déclare ainsi reverser l’intégralité des bénéfices de son merchandising (c’est-à-dire les produits dérivés), à l’instar des t-shirts vendus lors de ses concerts, « à l’association Colibris, qui défend un autre système de société, d’économie, d’agriculture », dont elle se définit comme un « porte-parole ». Penchons-nous donc un instant sur l’association des « Colibris » qui se targue de défendre une « (r)évolution ». Cette association n’est rien de moins que l’héritière de l’association Terre et humanisme crée en 1998 par l’agriculteur-agronome Pierre Rabhi, qui est également essayiste et philosophe à ses heures perdues, et enfin l’une des figures emblématiques de la mouvance écologiste-altermondialiste.

Si ce dernier possède indéniablement des compétences dans le premier domaine, celui prônant une agriculture raisonnée préservant l’intégrité des ressources naturelles, il n’en va pas de même dans le second où il ressuscite les conceptions les plus obscurantistes et réactionnaires propres à tous les philosophes humanistes et idéalistes petit-bourgeois dont Karl Marx dénonçait déjà les lubies et l’impuissance en son temps. Comment réaliser la libération spirituelle de créatures enchaînées sans briser d’abord leur servitude matérielle ? De ce point de vue, l’association fondée par Pierre Rabhi porte parfaitement son nom. Ce dernier est en effet inspiré d’une légende amérindienne décrivant l’action d’un colibri essayant d’éteindre un feu de forêt au moment où les autres animaux assistent impuissants à la scène… L’action de nos « colibris » d’aujourd’hui est bien identique : insignifiante et bien incapable à elle seule d’éteindre le grand brasier allumé par la crise économique de déclassement de nos impérialismes !

Pour Pierre Rabhi et son mouvement de pieux ascètes écolo-bourgeois-bohême bien-pensants, il faut non pas détruire les rapports de production bourgeois, qui poussent pourtant quotidiennement au gaspillage des ressources, de main-d’œuvre, et torturent au quotidien des milliards d’êtes humains… mais seulement « porter les valeurs de la tolérance, de l’entraide, et de la coopération », c’est-à-dire « les valeurs de l’amour et de la solidarité ». Ces conceptions philosophiques idéalistes complètement détachées de la nécessité de bouleverser le fondement matériel de la société comme condition préalable à un changement radical de société, sont en tous points comparables à celles d’Hermann Kriege que Marx railla impitoyablement. La « nouvelle » philosophie-religion idéaliste et faussement humaniste des « colibris » se dévoile sans honte quand elle clame que la libération de l’homme est en fait une question de psychologie et de cheminement « intérieur ». Pour ces idéalistes vulgaires qui dénoncent « le matérialisme et le rationalisme à outrance, l’hypertechnologie et la surconsommation », la question se résume à celle d’« être ou avoir ». A cette question, ils répondent de manière particulièrement crue qu’il faut retrouver « le sens du sacré ». « Retrouver le sens du sacré, ce n’est pas prôner l’adhésion à telle ou telle religion. C’est retrouver au plus profond de nous-mêmes l’essence commune à toutes les religions, dans leur sens premier, celui de relier».

Assurément, nos « colibris » ont retrouvé le sens premier non pas proclamé et fantasmé, mais réel, de toutes les religions : c’est-à-dire aider à légitimer le pouvoir des classes exploiteuses et à faire accepter aux exploités leur condition d’esclaves en les maintenant sous la domination culturelle et idéologique des classes possédantes !… Et nos grands médias experts en manipulation des masses ne s’y sont pas trompés et leur font donc une généreuse ─ mais naturellement pas désintéressée ─, publicité. Le 10 septembre 2014, Pierre Rabhi et son association ont ainsi eu le droit à un sujet intitulé « Vivre, travailler et consommer autrement ─ un autre modèle de société » au journal télévisé de 20 heures de TF1. Un sujet long de pas moins de 5 minutes ! Comme le dixit le présentateur du JTV, notre « philosophe » «ascète », « prophète de l’écologie » « qui promeut le concept de sobriété heureuse », « détient peut-être une partie de la solution aux problèmes que nous évoquions au début de ce journal : la crise, le chômage, la croissance en berne ».

L’idéal que Pierre Rabhi a expérimenté à son échelle depuis quatre décennies dans la relative indifférence des mass-médias bourgeois au moment où le consumérisme était à la mode : le retour à la terre et à une vie simple au sein de petites communautés autonomes éloignées du tohu-bohu et du stress des grandes métropoles. Le tout, évidemment, sans la moindre remise en cause de la production marchande et de l’esclavage salarié qui lui est inhérente… Un « idéal » que la crise de déclassement de nos impérialismes pourrait bien concrétiser à grande échelle dans les prochaines décennies : et si la bourgeoisie se débarrassait des contingents croissants d’esclaves salariés surnuméraires déclassés en les envoyant « s’assumer » à la campagne au sein de petites communautés vivant en autarcie ? Cela permettrait au Capital de faire coup double : réaliser des économies budgétaire sur l’éducation, la santé, l’assistance sociale, etc., tout en évitant une explosion sociale !

Parmi les émules de Pierre Rabhi : la princesse Constance de Polignac, à la tête d’un domaine de 176 ha comportant un potager bio alimentant le restaurant de luxe de la châtelaine. Et pendant que les « élites » déjeunent bio, travaillent sur son domaine une trentaine d’employés, notamment en réinsertion… Alors, les pauvres, heureux d’être sobres pendant que les « élites » et « responsables » « sensibilisés » qui vous exploitent festoient ??? Et le sujet de conclure : « Face à un système en crise, la société civile est devenue un laboratoire où s’expérimentent des solutions pour le futur »… En d’autres termes des voies sans issue pour un futur bien sombre !

On aura compris sans mal que sous un masque faussement progressiste, les coryphées petit-bourgeois « anti-société de consommation » sont aujourd’hui devenus les alliés de classe directs du Capital financier. Ils sont l’ultime caution morale du grand Capital et viennent à son secours pour l’aider à faire accepter aux larges masses populaires le fait que la paupérisation absolue durable qui accompagne l’austérité est non seulement une nécessité (« économique », « écologique », etc.), mais également une vertu à la mode… du moins chez les travailleurs pauvres, car les classes possédantes,elles, resteront libres de continuer à mesurer leur bonheur à l’aune de leur portefeuille et de leur pouvoir sur leurs esclaves ! En ces années de crise, c’est pour éloigner le spectre menaçant de la révolution sociale que la bourgeoisie s’évertue à mettre au goût du jour les chantres de la « sobriété heureuse » qu’elle avait, plusieurs décennies durant, gardé dans ses placards…

Vincent Gouysse, pour l’OCF, 02/11/2014

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9 réflexions sur “De la signification des nouveaux « éloges de la pauvreté », par Vincent Gouysse (OCF)

  1. Oui mais que faire ?

    Je constate tous les jours la dégradation de mes conditions de vie. Il y a une quinzaine d’années je gagnais assez facilement 20000 francs par mois en tant qu’indépendant. Maintenant les mois où je fais 1200 euros de chiffre d’affaire (pas de bénéfice !) sont des bons mois. Nous vivons à la campagne et avons un jardin. C’était au début un plaisir et un délassement, ça devient une ressource indispensable. Nous faisions quelques kilos de patates pour le plaisir cette année nous sommes passés à 200 kg car on en a bien besoin pour manger, et tout va dans ce sens. Bien entendu les principes de permaculture etc. de rahbi nous sont bien utiles. Mais je sens bien que tout se rétrécit autour de nous, et que de plus en plus de temps passe à tenter de survivre au lieu de vivre.

    Et pourtant ayant une maison et un terrain à nous, nous faisons figure de nantis pratiquement. Non seulement les classes sociales existent, mais elles se « déclassent » rapidement. Fils et petit fils de petits bourgeois entrepreneurs je me rends compte que je deviens une sorte de nouveau prolétariat. Et les personnes dans mon genre, la classe souvent dite moyenne, sont prises entre deux feux, vues comme des « patrons » puisqu’entrepreneurs, par la grande masse de la population, et méprisés par les « élites » puisque nous n’avons pas assez d’argent. Ma colère commence à monter, face aux bobos écolos, au système dit démocratique, à l’aveuglement de mes concitoyens (je me souviens de la cuite que j’ai prise par désespoir en 1989 avec un ami, en constatant que la chute du mur c’était laisser libre cours aux USA de faire n’importe quoi, et la suite n’a pas démenti cette intuition). Mais que peut-on faire concrètement quand on court après le beafsteack ?

    • merci pour ce beau témoignage ! que faire ? si l’on avait des solutions « clés en main », les choses seraient effectivement faciles ! comprendre les mécanismes qui conduisent à la situation actuelle est déjà une première étape, ne pas tomber dans les panneaux électoraux une seconde, s’engager politiquement à l’échelle locale une troisième

  2. Bien entendu que je n’attends pas de « miracle ». Même en comprenant, en analysant cela laisse une grande impression d’impuissance. Il est certain qu’un parti comme celui de Soral et Dieudonné, avec des objectifs locaux est intéressant, mais le risque est de devenir les idiots utiles, comme disait le vieux Lénine, d’un système qui a la particularité de tout absorber pour le transformer en produit commercial.

    Je ne suis pas particulièrement de gauche, mais j’ai lui quelques situationnistes via Vaneigem que j’ai dans un premier temps connu comme historien des religions lors de mes études. Et le concept de société du spectacle de Debors me semble malheureusement fonctionner à plein. Un piège dans lequel tant l’inaction que les tentatives d’action sont condamnées à participer au théâtre d’ombre de notre société et à se trouver vidées de leur contenu. Mais je ne suis pas du genre à me résigner, simplement en ce moment la montagne me semble difficile à gravir.

    En tout cas merci pour votre site, lire des choses censées et intelligentes cela aide à tenir le coup, à se sentir moins seul.

  3. que faire ?
    on peut demander des comptes par courrier à chaque département sur l’argent public disponible puisque la loi le permet . Derrière les projets dits d’insertion, beaucoup d’abus au dépens des usagers, et d’exploitation économique avec des formes contemporaines de servitude économique .
    Il y a cette bourgeoisie qui agit tous les jours contre les plus fragiles .
    et rien qu’un peu de lumière sur ces affaires peut suffire à réduire le niveau d’exploitation parce qu’ils se sentiront surveillés et en plein jour .

    Que faire ? des petites solidarités économiques de quelques euros par ci par là , des prêts gratuits d’argent même modestes peuvent sortir ponctuellement de la galère une personne et lui éviter d’emprunter à taux d’usure à une banque ou d’avoir la tentation de voler .
    la solidarité concrète directe reste une réponse pertinente à la situation .

    Limiter les dons aux associations qui souvent font surtout le bénéfice des banques et des cadres qui les dirigent avant de servir vraiment les personnes censées bénéficier de ces aides . On peut préférer l’action directe à des personnes et le suivi sur la durée . ça demande plus d’implications . on peut avoir des déceptions mais comme il y a moins d’intermédiaires, comme le système bancaire, le système associatif, ça coûte globalement moins cher . Et l’argent
    on sait qu’il va directement aux gens concernés .

    Autre piste d’actions possibles .
    le dispositif de la monnaie locale peut servir à recréer de la vie économique .et trouver le moyen concrètement de retrouver du pouvoir sur la monnaie .
    Un maire frappe cette monnaie locale et cette monnaie est convertible en euros . j’avais lu un jour qu’un maire par ce biais s’était redonné la possibilité de redévelopper ses services publics de cette façon . Puisque l’argent de l’Etat manquait .

    Il y a déjà dans différentes régions des expériences de monnaies locales .

    Au début on peut avoir une multiplication anarchique de ces monnaies sur tout le territoire mais une fois le territoire bien rempli , il devient possible de relancer une monnaie unifiant toutes ces petites unités disséminées .

    Que faire ? ce qui se fait aussi ailleurs, le troc …
    ça oblige à discuter, à négocier et on retrouve des marges de manoeuvres .
    trocs de marchandises, troc de services etc …

    Et face aux multinationales ? ben on peut frapper au porte monnaie .
    Aujourd’hui, leur pétrole ce sont nos vies . l’exploitation de nos données personnelles sur internet . c’est pour ça qu’ils sont en train de tout faire pour connecter tout le monde et tout le temps . c’est pour ça par exemple qu’il y a un programme sénior prévu pour 2016 mis en place par l’Etat pour fournir
    aux plus vieux gratuitement des tablettes électroniques . Et que les objets connectés nous sont proposés massivement . Si internet est une source importante de connaissance il peut s’avérer comme une immense toile prison esclavagiste qui exploite et profite de la servitude volontaire .

    Face à ça, on peut apprendre à mieux paramétrer son ordinateur
    , avec les logiciels que propose la cnil pour sélectionner les entreprises
    à qui on accorde le suivi et celles qu’on refuse .
    ça fera perdre de l’argent au système .
    l’idée d’une grève de l’internet et des objets connectés est intéressante quand on sait toutes les données rien qu’en une demie journées, peuvent être collectées et surtout quand on voit la liste très longue des entreprises de par le monde qui exploitent ces données .

    Qu’est ce qu’on peut faire .?
    internet c’est du pétrole . c’est de l’or noir . et s’en prendre à cet or noir
    c’est reconquérir du pouvoir de nuisance .
    Tout ce qui peut freiner l’acquisition et l’exploitation de données personnelles
    peut servir à changer la donne et rediscuter des conditions d’exploitation
    dans le système .

    Dans cette logique
    On peut s’intéresser aux plateformes vidéos par exemple .
    et leur façon de faire travailler beaucoup de gens sans contrat de travail . On
    peut voir qu’il se développe une vraie servitude volontaire avec un retour massif et encore inconscient du travail à la tâche.

    Sachant qu’il y a un encadrement soutenu par des consignes importantes données à l’utilisateur, une formation technique donnée, , un conditionnement fort pour amener celui qui prend une inscription à produire régulièrement, à s’intéresser à l’audience , au retour publicitaire , à veiller à la qualité de son travail , n’a t’on pas là une forme d’assujetissement ? une forme de « travail » au sens juridique du terme ?
    ne faudrait il pas repenser ce qui n’est pour le moment présenté que comme activité tout ce travail individuel et collectif produit sur internet qui pour le moment en gros ne fait principalement que la fortune de ces propriétaires ?

    Le droit du travail ne devrait il pas s’intéresser de près à cette masse de richesses produites en france ?

    Et nous en tant qu’utilisateurs de ces plateformes, jusqu’où est on prêt à collaborer sans autre retour que symboliques à notre exploitation et notre profitabilité ?

    Et certainement qu’il existe encore bien d’autres pistes d’actions et de réflexions pour faire avancer le sujet .

  4. Le temps a passé et je reviens sur les propositions de brisedemer. Elles ne me satisfont pas à plus d’un titre. C’est d’une part entériner une situation inacceptable, comme la charité des dames patronnesses du XIXème siècle étaient un obstacle à une évolution de la société. Même si bien entendu de la solidarité et de l’aide ponctuelle et locale sont indispensables. Cela devrait être une évidence, mais ce n’est pas une solution pérenne.

    Quant à l’Internet « Or noir », j’y crois de moins en moins. Comme en son temps la télévision, ce merveilleux instrument a été totalement dévoyé. Internet a d’abord été réduit au web, car c’était la partie qui pouvait le plus facilement être transformée en gigantesque galerie marchande et en instrument de propagande. La concentration, l’apparition des « plateformes »,, sont totalement contraires à l’esprit d’Internet tel que je l’ai connu à la fin des années 90.

    Son évolution a été de transformer la majeure partie des connectés en consommateurs, ou en commentateurs bêtas et instinctifs d’un flux d’âneries intarissable. L’âme de l’Internet c’était le « Pear to pear », pas l’échange de musique commerciales sans payer de droits, mais la vraie relation de « Pair à pair ». C’est à dire que tout le monde pouvait et dans une certaine mesure devait recevoir et donner sur les news group ou sur le web. Pas dans un esprit de vaine gloriole ou de « monétisation », mais pour le plaisir de la culture et du partage.

    Ce web originel est de plus en plus recouvert des détritus des poubelles consuméristes et devient difficile à trouver, enfin non, pas spécialement difficile à trouver, mais tout tend simplement à le cacher, le faire passer à un second plan. Surtout pour les néophytes qui n’ont connu cet outil qu’au cours des années 2000, du soit disant web 2.0, qui est la pure et simple antithèse de l’esprit des créateurs.

    Je n’ai pas de téléphone portable, encore moins de « smart phone », je n’utilise que des logiciels libres, j’essaye de laisser le moins de traces possibles sur Internet, mais je ne suis pas plus satisfait de cette nécessité que je ne le suis de l’évolution générale de la société.

    Ce nouvel opium du peuple qu’est devenu le Web de grande consommation a tendance à faire reculer tout espoir d’une révolte des nations. Ironiquement il est également le seul moyen d’exister pour ceux qui oeuvrent à un réveil des consciences, raison pour laquelle je n’ai pas encore abandonné cet outil pourtant si dégradé.

    Mais pour combien de temps ?

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