Prisons, toujours plus !

Le quasi-triplement du taux de placement sous écrou (effectif annuel moyen de personnes sous écrou rapporté à celui de la population générale âgée de 15 ans et plus) entre 1975 et 2013 porte le nombre actuel de détenus à un niveau inédit : dans toute son histoire, jamais la France n’a compté autant de prisonniers. Ce sombre record a conduit notamment le principal syndicat des surveillants à appeler au blocage de tous les établissements pénitentiaires pour protester contre la surpopulation carcérale. La progression constatée est d’autant plus remarquable qu’elle met fin à une longue période de baisse séculaire qui prend naissance dès le début de la IIIème République et n’est que brièvement interrompue par la période troublée de la Libération[1]. Lire la suite

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Violences policières, toujours plus ?

Les violences policières qui ont émaillé les manifestations anti-mariage gay, l’usage abusif et en forte augmentation des « armes non-létales » (pistolet Taser ou Flash-ball) dénoncé par le Défenseur des droits dans un récent rapport[1], ont ramené sur le devant de la scène médiatique cette question politiquement sensible. Il est vrai que la justice semble ne plus fonctionner quand les forces de l’ordre sont en cause : réticence à poursuivre les responsables, circonstances du « drame » maintenues opaques, procédure lente et souvent à charge contre les victimes qui aboutit généralement à une ordonnance de non-lieu, à un classement sans suite ou à une relaxe (pour la plupart des affaires), à une peine de prison avec sursis ou, fait rarissime, à une peine de prison ferme. Le déséquilibre est frappant : rappelons que le meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique est passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Si le traitement pénal semble invariablement favoriser les policiers face à leurs victimes, quel que soit le gouvernement en place, en revanche leurs « passages à l’acte » redoublent d’intensité sous les législatures de droite.

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