2008, une brève histoire de la crise

Eric Michel : le mot « histoire » est à prendre dans quel sens ?

Nicolas Bourgoin : dans les deux qu’il peut avoir. 2008 est d’abord une fiction classique, une rencontre fortuite entre des personnages qui n’ont pas grand-chose en commun, sur fond de crise des subprimes. C’est un roman social. Mais j’ai aussi voulu faire une histoire de cette crise en prenant les péripéties du récit comme un révélateur de tensions économiques qui affectent la vie de chacun. Comment l’irruption d’une catastrophe économique peut changer les comportements et les destins des individus ? De façon variable, évidemment, car nous ne sommes pas tous égaux pour nous battre face à la crise : certains la subissent de plein fouet, d’autres y échappent, d’autres même en tirent profit.

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Guerre contre le terrorisme, gouvernance par le chaos, surveillance de masse, attentats sous faux drapeau… bienvenue dans le monde de L’effet papillon !

Pourquoi un troisième livre ?

Quand j’ai proposé mon premier manuscrit (Apocalypse orange) aux éditeurs, le reproche m’a été fait de ne pas faire suffisamment jouer l’uchronie dans mon récit, de n’en faire qu’une toile de fond. Au lieu de réécrire le texte, ce qui aurait été un exercice un peu fastidieux, j’ai préféré en produire une version alternative. Dans L’effet papillon, on retrouve le même cadre (la France soviétique de 1980), les mêmes personnages et parfois les mêmes situations. Seule la trame de l’histoire est différente.

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Comment devient-on terroriste ? Entretien à propos « du messager », le second livre des Quatre Cavaliers.

Eric Michel : Je commence par une citation extraite de ton précédent roman : « Les quatre cavaliers racontait les aventures d’Helga, Isabelle, Alexandre et Jonas, quatre jeunes de son âge, dans un monde imaginaire » (Apocalypse orange, p.117). Le lecteur comprend vite qu’il s’agit du nôtre, le monde capitaliste. Avec Le messager y sommes et avons donc entre les mains le livre que lisait Natacha au début de l’histoire. Le messager est un roman dans le roman ou c’est la suite du premier ?

Undated police hand-out of a Red Army Fraction members wanted list. Upper row L to R: Andreas Baader, Ulrike Meinhof, Gudrun Ensslin and Ronald Augustin. Below L to R: Jan-Carl Raspe, Klaus Juenschke, Ilse Stachowiak und Irmgard Mueller. The RAF announced 20 April its dissolution, in a eight-page letter to a press agency confirmed by the federal prosecutor's office but to be verified by criminal police. The letter said: "Today we end this project. The urban guerilla battle of the RAF is now history."

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Apocalypse orange.

À l’occasion de la sortie de mon premier roman, je retrouve Eric Michel pour une longue interview que je présente ici en intégralité.

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Eric Michel : Bonjour. On te connaît surtout pour tes travaux scientifiques et tes essais politiques. Pourquoi un roman ?

Nicolas Bourgoin : La fiction a été un prétexte pour développer certaines analyses de façon moins rébarbative que dans un écrit académique. Certains auteurs ont suivi cette voie, je pense notamment à Lucien Cerise avec Oliganarchy. La question de la surveillance des populations, celle du conditionnement médiatique ou encore celle de la guerre anti-subversive qui forment la matière de mon roman sont traitées de manière plus vivante et plus accessible que dans un ouvrage théorique. Et le procédé de l’uchronie permet de décentrer le regard porté sur notre société, de la redécouvrir à partir d’un point de vue différent. Lire la suite

Islamo-gauchisme : derrière la manoeuvre idéologique, une offensive dévastatrice contre la liberté d’expression et les droits démocratiques.

Objectif 2022. Englué dans une crise sanitaire et financière qu’il a lui-même contribué à créer par son incompétence, l’exécutif se lance dans une surenchère raciste et fascisante. Gérard Darmanin, non content d’avoir dissout une association de lutte contre l’Islamophobie, tente de doubler Marine Le Pen par la droite en lui reprochant sa mollesse sur l’Islam, tandis que Macron chasse sur les terres du Rassemblement National et glorifie le Maréchal Pétain. Sans oublier le ministre de l’enseignement supérieur qui puise sans vergogne dans la rhétorique de l’ultra-droite pour stigmatiser les intellectuels et les musulmans, suscitant la juste réprobation de certains universitaires. En ces temps de crise, rien ne vaut la bonne vieille tactique du bouc émissaire. Mais la guerre contre les musulmans ne vise pas qu’une simple communauté. Ses victimes collatérales ne sont rien de moins que la liberté d’expression et les droits démocratiques. L’article que nous présentons ci-après pointe les dangers considérables de cette politique liberticide dont le fer de lance est la mal-nommée « loi contre le séparatisme ».

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En marche… vers le troisième confinement et le Grand Reset (par Vincent Gouysse, Organisation des Communistes de France)

Le 23 janvier dernier, les mass-médias affirmaient sans détour que la question n’était pas de savoir s’il y aurait un troisième confinement, mais quand il débuterait précisément : « Troisième confinement : ce n’est plus qu’une question de jours », titrait ainsi le JDD. Mais le prince est magnanime et souhaite en définitive attendre de disposer de tous les « éléments scientifiques » au sujet de l’efficacité de la première quinzaine de couvre-feu à 18 heures ainsi que l’étendue de la circulation du variant britannique du COVID-19. Tel est le discours officiel tenu le 26 janvier par les principaux relais télévisés de Radio-Paris. Il n’y a guère que dans la presse écrite où l’on peut trouver un son de cloche un peu différent, au détour d’un article publié sur le site internet d’Europe 1, qui nous concède que la motivation première du report de l’intervention de Mr Macron provient du fait qu’ « il craint la réaction des Français ».

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Covid : Quand le Gouvernement veut pérenniser un régime carcéral généralisé pour la population

Le Premier ministre a déposé à l’Assemblée nationale un projet de loi pérennisant la gestion de l’urgence sanitaire. En soi, la formulation est surprenante, car soit il y a une urgence (et par définition elle ne peut être pérenne) qu’il est possible temporairement de traiter de manière exceptionnelle et proportionnée, soit il n’y a pas d’urgence et rien ne justifie la normalisation d’un régime d’exception. Mais il est vrai que le Covid est définitivement devenu un instrument de changement de notre société, ce que prévoit ce projet de loi avec une vision carcérale au quotidien, puisqu’il y aura toujours un virus actif : l’autorisation de circuler et de travailler n’est reconnue qu’aux personnes saines, le prouvant par un test et pouvant être conditionnée au vaccin. Ce n’est pas un mauvais roman SF, c’est la nouvelle normalité. Nos « progressistes » ne sont pas capables de nous proposer autre chose. Peut-être est-il temps de les aider à partir ?

 

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Sur les rails du Grand Reset : le petit train de l’horreur…

Comme nous l’avons déjà démontré, le Capital financier atlantiste a décidé d’utiliser la pandémie de COVID-19 comme prétexte d’un Grand Reset visant à sauver les meubles face à la contradiction majeure de notre époque : l’effondrement structurel inéluctable du marché intérieur des pays impérialistes occidentaux en déclin. 

Leurs élites, totalement impuissantes face à l’émergence multiforme de l’impérialisme chinois et à la substitution du « consommateur chinois » comme principal stimulant de la croissance économique mondiale, une perspective assumée publiquement par l’ancien premier ministre J.-P. Raffarinsur CCTV-F le 8 avril 2009, ont décidé que le temps était venu de finir ce qui a été commencé il y a plus d’une décennie : 

La destruction des chaînes dorées de l’esclavage salarié pour quelques centaines de millions de prolétaires occidentaux relativement privilégiés. En 2007, dans notre ouvrage Impérialisme et anti-impérialisme, nous insistions déjà sur les perspectives économiques et sociales structurellement défavorables :

« Il est essentiel de comprendre que dans les pays bourgeois-révisionnistes, l’octroi « d’acquis sociaux » de la part des exploiteurs dépend des conditions économiques internationales. La bourgeoisie d’un pays impérialiste puissant et dynamique peut accorder à ses travailleurs des « adoucissements » à l’exploitation. En revanche, une bourgeoisie dont les débouchés tendent à rétrécir de manière relative (par rapport à ses concurrents) ou absolue, fera tout pour réduire à néant d’anciens « acquis sociaux ». (…) 

 

Le blog internet d’un patron français relatait récemment son entretien avec un homologue chinois. Il rapportait qu’au cours de la conversation, il avait lancé au patron chinois que dans quelques années la Chine aurait une législation sociale et des acquis sociaux comme en France. Le patron chinois lui répondit lucidement, non sans ironie : « certes, mais à ce moment vous les aurez perdu en France » !

 

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Du fascisme : l’ancien et le nouveau…

Quand on parle du fascisme, ils est d’abord essentiel, comme pour l’étude de la réalité économique et sociale soviétique, de s’attacher à s’élever au-dessus des mythes colportés par les médias et l’enseignement bourgeois. De leur point de vue, le fascisme serait d’abord synonyme de nazisme, et serait également le frère jumeau du « communisme », et en particulier du stalinisme, qui serait également le fruit d’une démence humaine… La naissance du fascisme ne serait pas inhérente au capitalisme, mais serait un « accident de l’Histoire » ayant émergé à cause de la prétendue folie d’un homme. On se garde bien d’expliquer comment cette folie a pu ensuite étreindre de vastes couches de la société allemande… Le fascisme serait caractérisé par le racisme (l’antisémitisme notamment) et la violence systémiques. En bref, le fascisme est ravalé à une dimension aussi idéaliste que psychologique ignorant les forces structurelles économiques et sociales qui ont présidé à son émergence en tant que force politique de premier plan.

Affiche du régime collaborateur de Vichy (1942)… Que de points communs avec les cibles de la situation actuelle !

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Pandémie : le jour d’après sera celui des comptes, radical et sans concession (par Anne-Sophie Chazaud)

Ainsi que nous l’avions pressenti, la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 est la révélatrice de toutes les autres. Très rapidement, chacun y est allé, à juste titre, de son domaine d’expertise pour considérer l’évidence qui allait promptement s’imposer : remise en question cette fois-ci rédhibitoire d’une Union européenne parfaitement inutile voire nuisible, incapable de protéger qui que ce soit et occupée, pendant que chacun tente de survivre, à intégrer en son sein déjà obèse l’Albanie et la Macédoine du Nord (on comprend vraiment l’urgence du dossier).

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COVID-19 : de la pandémie mondiale à l’effondrement du bloc Atlantiste ! (par Vincent Gouysse)

Il nous apparaît important dans cet article de compléter encore nos réflexions du 14 mars 2020 ainsi que celles du 16 mars 2020 sur la réalité de la pandémie actuelle du COVID-19 et de ses répercussions mondiales déjà sans précédent, tout en traçant les grandes lignes de ses principales répercussions à venir, dans un futur proche.

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Table rase, un roman de la Guerre froide

Eric Michel : Ton histoire en deux mots ?

Nicolas Bourgoin : On est à Paris pendant l’automne 1958, en pleine guerre froide. Markus, le personnage central, est un membre des « stay-behind », un réseau de volontaires formés pour défendre la patrie en cas d’attaque soviétique. Présents dans la plupart des pays de l’OTAN et en Suisse, formés aux techniques paramilitaires de guerilla et de renseignement, ils devaient constituer la base arrière de la résistance anticommuniste sur les territoires nationaux. Markus en est un agent zélé, modèle pourrait-on dire. Mais la belle mécanique va se gripper. Une série d’événements étranges vont le conduire à penser qu’il a subi un lavage de cerveau et, par voie de conséquence, à s’interroger sur sa propre identité.

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