« Discrimination raciale et politique de classe » par Vincent Gouysse (Organisation des Communistes de France)

Les émeutes/manifestations de Ferguson qui secouent les USA depuis quelques semaines suite au décès d’un jeune noir tué par un policier révèlent l’ampleur de la ségrégation raciale aux États-Unis. Le racisme d’État est propre aux économies capitalistes, il était inexistant dans les pays du bloc socialiste avant la chute de l’URSS et aujourd’hui à Cuba et en RPDC, et il particulièrement virulent dans la première économie capitaliste mondiale. Également à l’avant-poste de la discrimination raciale, la République d’Afrique du Sud. Si le régime d’apartheid a été officiellement aboli par Nelson Mandela, la bourgeoisie gouverne toujours ce pays et la discrimination raciale continue de s’y exercer pleinement sur fond d’inégalités sociales abyssales. Le camarade Vincent Gouysse, il y a tout juste un an, faisait le bilan critique du mandélisme. Ses réflexions permettent de mieux saisir l’enjeu de classe de la discrimination raciale.  Lire la suite

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La CEDH légalise le Racisme d’État

La Cour européenne des droits de l’homme a apporté sa pierre à l’hystérie antimusulmane en légalisant la loi anti-burqa voté par le gouvernement Sarkozy, provoquant la joie des parlementaires de la droite dure, notamment Eric Ciotti et Corinne Lepage. Enième loi anti-voile, elle sanctionne la contrevenante de 150 euros d’amende et officialise la discrimination qui touche les musulmans en pénalisant le port de certains signes religieux. Comme pour la loi antivoile de 2004, le débat précédant son adoption a été marqué par une libération de la parole raciste, entraînant une hausse sensible des violences contre les musulmans. Mais ces effets pervers et collatéraux ne semblent guère émouvoir le législateur pour qui l’Islam ne peut qu’être un problème. Un problème fabriqué de toutes pièces par les élites dans le seul but de faire diversion aux effets catastrophiques de la crise économique. La stratégie du bouc émissaire, pourtant usée jusqu’à la corde, marche toujours… Lire la suite

Lynchage de Pierrefitte-sur-Seine : le gouvernement complice ?

Soupçonné d’avoir commis un cambriolage, un jeune rom se trouve toujours dans le coma après avoir été roué de coups par une douzaine de personnes et retrouvé inconscient dans un chariot de supermarché, à Pierrefitte-sur-Seine en Seine-Saint-Denis où il vivait avec sa famille.

La communauté Rom vivant en France, ostracisée, accusée de vols ou de déprédations, est régulièrement la cible de violences racistes et cette dernière agression est la dernière d’une longue liste. Leurs campements sont fréquemment la cible d’incendies parfois d’origine criminelle. En janvier dernier, des Roms ont été agressés à l’acide en plein Paris. Quoi d’étonnant ? Les stéréotypes anti-Roms sont relayés par les médias et même au plus haut niveau de l’État. On se souvient (peut-être) de cette note de service interne d’un commissariat parisien demandant aux policiers « d’évincer » les familles roms vivant dans la rue. Manuel Valls lui-même quand il était Ministre de l’Intérieur n’a pas cessé de les ostraciser, considérant qu’ils n’ont pas « vocation à s’intégrer en France » mais plutôt à rentrer en Roumanie ou en Bulgarie et Bernard Cazeneuve se situe dans la (droite) ligne de son prédécesseur. L’acharnement de Valls et Cazeneuve contre les Roms relève de la logique du bouc-émissaire particulièrement rentable en période de crise et ne peut que conforter les stéréotypes racistes d’une partie de la population française. Le gouvernement responsable du lynchage de Pierrefitte ? la question mérite, en tout cas, d’être posée et l’on peut s’étonner du silence des médias et des associations antiracistes sur ce point, si promptes à mettre en cause « la contamination des esprits par les patrons de l’antisémitisme francophone » quand les victimes sont juives et les agresseurs musulmans. Encore le deux poids/deux mesures ?

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Coupe du Monde : ce qu’on ne verra jamais

Sous les feux des médias, la grande messe planétaire de la Coupe du Monde de football. Dans l’ombre, la triste réalité de la société brésilienne. Flambées de violence, répression policière brutale… des centaines de blessés, des assassinats ciblés, des disparitions, près de 10.000 familles expulsées… La situation sociale devient explosive au Brésil où les protestations contre la gabegie de la Coupe du Monde de football se multiplient, et alors que la police militaire s’est installée durablement dans les favelas de Rio où de vastes programmes de transformation urbaine sont engagés depuis quelques années. L’indécence des milliards dépensés en pure perte dans un contexte de paupérisation absolue des masses populaires brésiliennes montre une nouvelle fois l’absurdité du capitalisme mondialisé où se côtoient dénuement total et dépenses somptuaires. Mais les enjeux de la Coupe du Monde pour l’oligarchie mondialiste sont énormes : tenter de masquer la faillite inexorable du système par le spectacle d’une opulence factice, réactiver les réflexes nationalistes pour cacher les désastres de la mondialisation, désamorcer les luttes de classe par la grande communion dans le jeu, contrôler les quartiers populaires par le quadrillage militaro-policier. Et, last but not least, permettre aux firmes multinationales d’engranger des profits énormes tandis que les coût pharamineux seront supportés par le peuple brésilien. Socialiser les pertes, privatiser les profits : on ne change pas une recette qui marche. Lire la suite

L’antisémitisme augmente-t-il en France ?

Un couple de touristes Israéliens, une Française et un jeune employé ont été tués samedi dans l’attaque contre le Musée juif de Bruxelles menée par un homme «probablement seul» et «bien préparé». Sans même attendre les conclusions de l’enquête, le président François Hollande en déplacement à Tulle, a déclaré que «le caractère antisémite de cet acte, une fusillade dans le Musée juif de Bruxelles, avec cette volonté de tuer, ne fait pas de doute». Le même jour, deux hommes de confession israélite sont agressés à la sortie de la synagogue de Créteil. Là encore, aucun doute : «l’agression est à caractère antisémite, c’est indiscutable» selon le maire socialiste Créteil, Laurent Cathala.

Le fantasme d’une montée, voire d’une explosion de l’antisémitisme, est régulièrement agité par la communauté juive et ses représentants à l’occasion de ces faits divers dramatiques – comme celui de la tuerie de Toulouse ou du meurtre d’Ilan Halimi -, que certains cherchent à instrumentaliser à des fins politiciennes. Le procédé est toujours le même : disqualifier les opposants au sionisme et à la politique israélienne en les rendant responsables d’un climat délétère favorisant une progression des actes antisémites. Il est très bien analysé par Jean Bricmont qui revient ici sur cet événement. Dimanche, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) au sujet de la fusillade de Bruxelles qualifiée « d’attentat antijuif », estimait dans un communiqué que «les juifs sont de nouveau en danger dans plusieurs pays de l’Union européenne», évoquant une «situation inquiétante et persistante due à la stigmatisation d’Israël, de son armée, de son gouvernement, autant que des divagations anti-juives de prétendus humoristes, idéologues, extrémistes de droite et de gauche, tels que Dieudonné ou Soral». On se souvient de la réaction du journaliste Judea Pearl pour qui le meurtre d’Ilan Halimi était une conséquence indirecte de la critique d’Israël. Même son de cloche à la LICRA qui, par la voix de son président, a accusé Alain Soral, Dieudonné et Laurent Louis d’être indirectement à l’origine de la tuerie de Bruxelles. Une dizaine de jours avant ces événements, Roger Cukierman, dans sa déclaration au Congrès Juif mondial, après avoir dressé un tableau noir de la situation des juifs en France, s’en était vivement pris à la population immigrée musulmane, au Front National et aux gauchistes pro-palestiniens jugés par lui responsables d’une montée de l’antisémitisme en France. Mais celle-ci a-t-elle une réalité statistique ? Lire la suite

Le pétard mouillé du « Rapport sur l’intégration »

Peut-on rompre en profondeur avec les politiques assimilationnistes qui ont fait le lit des pratiques discriminatoires que nous connaissons en France ? Le Rapport sur l’intégration remis au Premier ministre semble en tout cas ouvrir une brèche en appelant à une refondation des politiques d’intégration en France pour mieux défendre les diversités culturelles et promouvoir un « droit à la différence » et une laïcité « inclusive ». Il s’agit de mettre en place une « gouvernance de l’Etat » pour la lutte contre les discriminations avec la création d’une autorité indépendante de lutte contre les discriminations sociales et ethniques et d’une instance de pilotage des politiques publiques en la matière. Le rapport propose également la création d’un délit de harcèlement ethnique, d’une « Cour des comptes de l’égalité », ainsi que des pistes pour en finir avec les « discriminations légales » notamment en ce qui concerne les questions relatives à la laïcité. Concrètement, le rapport propose de l’assouplir et milite pour l’abrogation de certaines lois anti-voile. Est-il raisonnable d’y croire ? Lire la suite

Le Rom, inusable bouc émissaire. A propos d’une couverture de Valeurs actuelles.

L’extrême-droitisation de la politique française est en bonne voie. Le gouvernement PS, par la voix et l’action de son ministre de l’Intérieur se rapproche dangereusement de l’UMP lequel, de son côté, jette des ponts vers le FN. Les manifestations unitaires contre le « mariage pour tous » sont passées par là… Dernière « opération séduction » en date : la couverture de cette semaine de Valeurs actuelles organe officiel de la droite décomplexée, qui a déjà fait beaucoup parler d’elle. Idéologiquement proche du Figaro-Magazine, cette revue est d’ailleurs spécialiste des couv’ ultralibérales, ultraréactionnaires et islamophobes. Le Rom, à grands renforts de formules-choc et d’effets stylistiques (on appréciera le jaune vif sur fond très noir…), est appelé à la rescousse par les valets médiatiques de l’oligarchie pour, une fois de plus, faire diversion face à la gravité de la situation économique et sociale et jouer les boucs émissaires. Un rôle dans lequel il excelle. Lire la suite