Gilets jaunes : pourquoi autant de violences policières ?

Les violences policières contre des manifestants majoritairement pacifiques ont atteint un niveau inédit en France. Le nombre de blessés graves, dont certains sont rendus handicapés à vie, borgnes ou défigurés, dépasse la centaine, sans compter les innombrables « arrestations préventives » ni les incarcérations à la chaîne de personnes dont le tort principal était d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Cette répression sanglante rappelle, en plus violente, celle qui s’était abattue sur les manifestants contre la loi travail en 2016. Elle marque la volonté du gouvernement de résoudre les contradictions sociales par l’usage de la force étatique, policière voire militaire.

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« Société de vigilance » : demain, tous suspects ?

« La société de vigilance » est le nom donné par Emmanuel Macron à la nouvelle doctrine de sécurité publique pour les années à venir. Le passage de l’état d’urgence dans le droit commun n’aura donc été qu’une étape d’un processus visant à mettre la société française sous surveillance et à promouvoir un état de suspicion généralisée. La prochaine sera la mise sur pied de la « Police de Sécurité du Quotidien » qui servira d’accélérateur à une politique sécuritaire prédictive.

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La loi qui rendrait impossible l’affaire Fillon vient d’être votée !

La dépénalisation du droit des affaires initiée sous la présidence de Nicolas Sarkozy est en bonne voie. Elle rappelle, si besoin était, que notre justice est une justice de classe que l’on peut résumer ainsi : tolérance zéro pour les crimes ou délits typiques des classes populaires, impunité maximale pour la délinquance en col blanc. Cette inégalité de fait est de toute façon inscrite dans le fonctionnement de la justice qui donne à la bourgeoisie les moyens de se défendre plus efficacement, notamment par le biais d’un bon avocat. Elle devient maintenant officielle grâce à la loi votée par les députés qui réduit les délais de prescription pour les faits de délinquance économique… mais l’augmente pour les crimes et délits de droit commun.

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Impunité policière : fantasme ou réalité ?

Un « viol non intentionnel » dans l’affaire Théo ? Cette hypothèse surréaliste est pourtant prise au sérieux par le parquet qui a requalifié les faits en « violences volontaires aggravées ». Ce tour de passe-passe juridique montre si besoin était que les policiers ne sont pas des justiciables comme les autres. La machine judiciaire, pourtant expéditive quand il s’agit d’envoyer un syndicaliste ou un manifestant sous les verrous, semble se gripper lorsque le coupable est un policier. Les lois votées sous la présidence Hollande qui donnent de plus en plus de droits aux forces de l’ordre, la dernière en date étendant le domaine de la légitime défense et alourdissant les peines pour outrage, ne peuvent qu’encourager l’inflation des « bavures » policières. Comment comprendre cette impunité de fait ?

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La police prédictive débarque en France

Mercredi 15 avril, 16 heures 05. Assis dans la salle de réunion en compagnie d’une quinzaine de ses collègues, l’agent Murder écoute le sergent faire son rapport sur les incidents de la matinée. Et elle est déjà bien remplie : deux agressions avec arme, une tentative de viol, trois cambriolages et cinq vols de voiture. D’un coup de télécommande, le sergent allume un écran d’ordinateur dont l’image est projetée au mur et apparaît alors un plan détaillé de la ville, sur lequel on distingue dix petits carrés rouges : un carrefour, un square, un centre commercial, un terrai de sport… Ce sont les « hot spots », les points chauds à surveiller en priorité. D’après l’ordinateur connecté au système PredPol (contraction de Predictive Policing) les délits ont une forte probabilité de se concentrer, au cours des douze prochaines heures, dans ces carrés de 150 mètres carrés représentant une infime fraction de la superficie de la ville…

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État d’urgence, violences policières et criminalisation de l’action syndicale : le retour du social-fascisme ?

Fuite en avant ou stratégie délibérée ? Sans doute les deux. L’exécutif a clairement fait le choix de la répression pure et dure face à une situation qu’il peine à contrôler. Les violences policières contre les manifestants du premier mai, inédites par leur brutalité, sans parler de celles contre les cortèges des opposants à la loi travail,  montrent si besoin était que le pouvoir socialiste n’a plus qu’une recette pour faire appliquer les diktats du MEDEF et de l’Union Européenne : l’usage immodéré de la matraque.

L’état d’urgence décrété par le gouvernement renforce considérablement les pouvoirs de la police et celle-ci a désormais carte blanche pour faire usage de la force contre tous ceux qui s’opposent à sa politique : jeunes des classes populaires, syndicalistes et travailleurs subissant de plein fouet la crise du capitalisme. On ne compte plus les perquisitions et les assignations à résidence, désormais effectuées sans contrôle judiciaire, ni les interpellations conduisant à des gardes à vue ou même à des incarcérations.

L’instrumentalisation de la menace terroriste à des fins sécuritaires est révélatrice de la politique socialiste que l’on peut résumer en quelques mots : gouverner par la peur pour faire passer en force les intérêts du capitalisme financier. Cette politique rappelle que l’État est avant toute chose un instrument d’oppression d’une classe par une autre, selon les mots de Marx. Et pour ce faire, la sociale-démocratie et le fascisme sont les deux modes de gouvernement qu’utilise la bourgeoisie pour asseoir son pouvoir sur le reste de la société, parfois alternativement, parfois simultanément.

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Contrôles au faciès, les raisons d’un acharnement politique.

On s’en souvient (peut-être), c’était l’une des nombreuses promesses du candidat Hollande vite enterrées : la délivrance systématique d’un récépissé à chaque contrôle d’identité. Le gouvernement socialiste avait rapidement renoncé à cette mesure sous la pression des syndicats de policiers qui avaient vu dans ce formalisme imposé une suspicion à l’endroit des forces de l’ordre, soupçonnées de réaliser leurs contrôles sur des critères ethniques.
Le choix du gouvernement de se pourvoir en cassation contre la décision de la cour d’appel de Paris du 24 juin dernier condamnant l’État pour «faute lourde» en raison de contrôles d’identité discriminatoires est un nouveau palier franchi dans l’échelle des renoncements. Et les conséquences sont prévisibles : en supposant que les principes d’égalité et de non-discrimination ne s’appliquent pas aux contrôles de routine, le gouvernement légalise de fait les contrôles au faciès en donnant un blanc-seing aux policiers. Une manière originale de fêter le dixième anniversaire des émeutes de 2005 dont l’origine était justement un contrôle d’identité ayant mal tourné ? Ce hasard de calendrier n’en est sans doute pas un.

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