Islamophobie en hausse : l’effet Charlie ?

Les djihadistes et leurs commanditaires ont d’ores et déjà atteint l’un de leurs objectifs : monter une partie des Français contre les autres. Jugés collectivement responsables des attentats de janvier et de novembre par tout un pan de la classe politique et des médias sous contrôle, les musulmans sont la cible d’agressions physiques ou verbales en nombre croissant. Le constat que nous faisions il y a exactement un an garde toute son actualité : la haine anti-Islam ne fait que progresser dans notre pays et elle a été particulièrement virulente pendant le premier semestre et à la fin de l’année 2015, en particulier au moment des manifestations de soutien aux victimes de Charlie Hebdo et du Bataclan. Elle est plus largement le résultat de politiques discriminatoires faisant des musulmans des citoyens de seconde zone : pénalisation du port de signes religieux, contrôles policiers au faciès, discrimination à l’embauche. Les musulmans sont aujourd’hui de vrais parias et cette situation ne semble pas gêner l’exécutif qui ne ménage pas sa peine pour les stigmatiser toujours plus sous couvert de défense de la laïcité. Comme le rappelle Raphaël Lioger, l’islamophobie est soutenue et même encouragée par l’État qui cherche à tirer profit du choc des civilisations. La question que nous posions il y a un an garde aussi son actualité : à qui donc profite le crime ?

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Justice de classe !

En condamnant huit salariés accusés de séquestration à des peines de prison ferme, fait inédit dans l’histoire des luttes syndicales des dernières décennies, le gouvernement a fait le choix de la confrontation sociale avec le monde du travail. Le parquet a ainsi maintenu les poursuites malgré le retrait des plaintes déposées par la direction de Goodyear suite à l’accord de sortie de crise signé le fin janvier 2014 avec les syndicats. L’objectif de ce coup de force politique est clairement d’intimider les salariés qui voudraient défendre leur outil de travail, enjeu crucial à l’heure où les « plans sociaux » se multiplient.

De fait, rarement un gouvernement se sera attaqué avec une telle énergie aux droits des salariés : démantèlement programmé du Code du Travail, cadeaux fiscaux au patronat avec le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi, précarisation accrue des salariés avec l’Accord National Interprofessionnel, toujours moins de droits pour les salariés et plus de libertés pour les entreprises avec les deux lois Macron qui généralisent le travail du dimanche, facilitent le travail de nuit, réduisent les droits des victimes de licenciement économiques, privatisent le secteur du transport de voyageurs et des aéroports, dépénalisent du droit du travail et contribuent à faire de la France un véritable paradis fiscal pour les entreprises et un enfer social pour les salariés.

À l’inverse de ce qu’il en est pour les travailleurs en lutte, la classe politique semble bénéficier d’un droit protecteur : à l’heure où des salariés défendant leur outil de travail sont menacés de prison ferme, le sénateur Jean-Noël Guérini et le député socialiste Jean-David Ciot, poursuivis pour détournement de fonds publics, ont obtenu une relaxe. On savait la justice nettement plus clémente pour les cas d’illégalismes financiers mais la quasi-simultanéité des deux affaires a de quoi laisser perplexe…

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Charlie, nouvelle religion d’État.

Par quel miracle un journal satirique a-t-il pu devenir l’un des organes de la pensée officielle ? Cette métamorphose témoigne bien sûr de la capacité du système à faire feu de tout bois et à tout recycler mais elle montre surtout les affinités entre la pensée libérale-libertaire et les intérêts des élites mondialistes. Et celles-ci ne sont jamais avares pour récompenser leurs loyaux serviteurs comme on l’a vu à l’occasion du battage médiatico-politique qui a suivi les attentats de janvier : minutes de silence un peu partout en France, drapeaux en berne, journées de deuil national, manifestations de solidarité émaillées de « dérapages » anti-Islam, grande marche républicaine symbolisant l’union sacrée des politiques contre « la barbarie et le terrorisme » à laquelle se sont associés la totalité des partis du système et des organisations de l’antiracisme institutionnel ainsi que de nombreux chefs d’État, slogans de soutien omniprésents, déclarations martiales des responsables politiques en dépit des zones d’ombre qui brouillent cette nouvelle affaire, à l’image de celles des attentats du 11 septembre.

À l’occasion du premier anniversaire des attentats, les élites politiques ressortent les plats – avec parfois quelques ratages – au risque de provoquer la nausée. Exploiter jusqu’au bout ce drame pour renforcer le système de domination et pour lancer la France dans des aventures militaires de tous les dangers – le tout sous couvert de « guerre contre le terrorisme » – est clairement la ligne politique du gouvernement. Les bénéfices attendus sont bien là : restauration d’un crédit politique perdu sur le front économique et social et promulgation d’une batterie de lois liberticides pour museler la contestation sociale. Mais l’essentiel est peut-être ailleurs. La mascarade du 11 janvier et celle des commémorations forcées du premier anniversaire (en attendant les suivants !) ont aussi pour objectif de formater les esprits en posant les bases de ce que l’on pourrait appeler une « religion d’État ». Une religion laïque – et même laïciste – mais dont la fonction première est de dresser un rideau de fumée idéologique entre la conscience et la réalité.

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Déchéance de nationalité : que cache la révision de la Constitution ?

Depuis les attentats de janvier, et plus encore depuis ceux de novembre, la fenêtre est grande ouverte à toutes les régressions liberticides. Le phénomène n’est pas nouveau : la présidence Sarkozy s’était faite une spécialité de promulguer une loi sécuritaire en réponse à chaque fait divers violent et médiatisé. Mais il atteint depuis un an une ampleur inédite à tel point que les garde-fous constitutionnels constituent désormais des obstacles à lever. Si les réformes de la Constitution se poursuivent dans l’indifférence générale, elles sont pourtant lourdes de conséquences. Il s’agit de normaliser et pérenniser des mesures relevant du droit d’exception avec un objectif clair : renforcer le pouvoir exécutif au détriment du pouvoir judiciaire tout en fabriquant des inégalités juridiques entre « Français de souche » et personnes d’origine étrangère. Derrière ce qui est présenté comme une simple mesure technique (faciliter la déchéance de nationalité des « bi-nationaux ») se cache en réalité un coup d’État juridique.

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