L’État va surveiller 60 millions de français

Inutile, dangereux et violemment liberticide, le mégafichier regroupant les données personnelles de tous les Français va pouvoir fonctionner. Le Conseil d’Etat vient de donner une fin de non-recevoir aux requêtes demandant son interdiction. La juridiction estime que sa création ne constitue pas une « atteinte disproportionnée » au droit des personnes au respect de leur vie privée.

Le décret de création du fichier baptisé « Titres électroniques sécurisés » (TES), paru au Journal officiel le 30 octobre 2016, avait suscité une levée de boucliers de la part des associations de défense des libertés publiques. Elles demandaient la suppression de ce « monstre » regroupant les informations personnelles de tous les titulaires d’un passeport ou d’une carte d’identité, soit environ 60 millions de Français. Sans surprise, elles n’ont pas été entendues.

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La France interdite, de Laurent Obertone : tromperies sur l’immigration et embrouille idéologique.

Posté sur une plage de Normandie, Laurent Obertone fixe l’horizon, le visage grave. Un mauvais vent s’est levé, des nuages noirs ternissent le ciel. La bande-son anxiogène annonce un drame imminent… Un débarquement de réfugiés ? Une tempête migratoire ? Comme un présage de cette menace, une vague plus forte que les autres lui recouvre les pieds… Il se recule et se met en marche d’un pas lourd, les gestes décomposés par le ralenti.

Dans ce clip chichiteux et racoleur dont la maison d’édition Ring s’est fait une spécialité, Laurent Obertone nous explique qu’il « est temps de regarder les choses en face », « de nous poser les bonnes questions », de reprendre en main notre destin confisqué par les élites médiatico-politiques pour le rendre à la démocratie ». En clair : d’en finir avec les tabous sur l’immigration de masse pour lever le voile sur cette réalité. Et il y a urgence, s’agissant du « seul et unique sujet important, crucial, vital pour notre pays et pour les peuples européens ». Fichtre ! L’immigration, plus grave que le changement climatique ? Les tensions géopolitiques ? Les crises financières ? Les risques sanitaires ? Oui, car nous dit Laurent Obertone, elle renferme à elle seule tous les autres problèmes. Puisque l’étranger semble être la cause de tous nos maux, l’heure est grave mais fort heureusement, il est possible d’y voir plus clair à condition de s’intéresser aux faits, rien qu’aux faits. Intention louable… Mais si les faits sont têtus, ils peuvent être passablement déformés. Démonstration faite avec ce nouvel opus qui cumule erreurs grossières, approximations et manipulations chiffrées.

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Les Partisans : récit d’une dérive gauchiste (par Ilian Karst)

Le démographe Nicolas Bourgoin, enseignant-chercheur, publie une fiction dont le héros, jeune militant communiste au tournant des années 1980, s’engage avec quelques proches dans une voie sans issue. Va-t-il franchir le pas du terrorisme ? Un thriller plaisant qui articule politique, sociologie et libération des mœurs.

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« Guerilla » de Laurent Obertone : pourquoi un tel succès ?

Le succès éditoral de Guerilla ne faiblit pas. Parti sur les chapeaux de roues (30.000 exemplaires ont été écoulés le mois de sa sortie), le livre marche toujours aussi bien deux ans après, figurant encore dans le peloton des 1000 premières ventes sur Amazon. Comment expliquer ce phénomène ? Bien que le roman ait largement bénéficié de l’intérêt et du soutien des médias au moment de sa sortie en tout cas ceux ancrés à droite (contrairement à ce qu’affirme l’auteur) ainsi que des réseaux islamophobes ou identitaires, le buzz ne fait pas le best-seller, loin s’en faut. Invoquer ses qualités littéraires intrinsèques ? À vrai dire, elles font plutôt défaut. Au lieu du choc annoncé dans de la bande-annonce tapageuse et racoleuse dont les sulfureuses éditions Ring se sont fait une spécialité, c’est plutôt du toc qui attend le lecteur. Écrit à l’emporte-pièce, décousu et morcelé, passant d’un personnage à un autre sans unité d’ensemble, le roman se contente d’aligner avec complaisance scènes de pillages, de lynchages et de meurtres jusqu’à l’écoeurement. Et lesdits personnages ne brillent pas par leur finesse. Les portraits prétendument sociologiques (le journaliste bobo, le militaire en retraite, l’antifa, le militant identitaire,…) sont grossiers et caricaturaux, sans nuances. Tout est artificiel, outrancier, invraisemblable jusqu’au nom du Président de la République (franchement, qui oserait s’appeler Jacques Chalarose ?).

Alors quoi ? Pour expliquer ses ventes, Laurent Obertone invoque souvent ses positions à contre-courant des médias officiels. Mais est-ce vraiment le cas ? Et si au contraire Guerilla devait son succès à sa parfaite conformité à l’air du temps ?

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Les années 80 ou le Grand Bond en arrière

Eric Michel : Pourquoi un livre sur les années 80 ?

Nicolas Bourgoin : C’est à cette période que tout ce que nous connaissons aujourd’hui se met en place : le néoconservatisme de Reagan et Thatcher, la russophobie (on se souvient de la campagne hystérique contre les JO de Moscou), les politiques sécuritaires, la conversion de la gauche au libéralisme économique, l’implantation durable du Front National dans le paysage politique français, l’émergence de la question identitaire en lieu et place de la question sociale avec le lancement de SOS Racisme… Les années 80 ferment la période ouverte par mai 68, celle de la contestation sociale et de l’esprit critique.

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Question identitaire contre question sociale : à propos de « Soleil Noir »

Eric Michel : Ton dernier roman s’intitule « Soleil Noir ». Pourquoi avoir choisi ce titre ?

Nicolas Bourgoin : Le Soleil Noir est un cocktail d’amphétamines consommé par les militaires de l’OTAN sur les théâtres de guerre moyen-orientaux (Afghanistan, Syrie, Irak, Yemen, etc.). Ses effets sont à la fois immédiats et spectaculaires : démultiplication de la force physique, des fonctions motrices et de l’agressivité, insensibilité à la douleur et à la pitié. De quoi transformer n’importe qui en machine à tuer. Officiellement proscrit sur le territoire français, il fait l’objet de trafics et arrivent dans les mains d’identitaires qui vont semer la terreur dans Paris.

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