Loi anti-« fake news » : comment l’État va contrôler l’information

La vérité est enjeu de lutte. Cet aphorisme prend toute sa portée à l’heure où le Président Macron annonce une nouvelle loi liberticide dont l’enjeu est rien de moins que le contrôle de l’information sous couvert de lutte contre les « fake news ». Les sites accusés de propager de « fausses informations » pourront être ainsi fermés sur simple décision administrative. Dans le viseur de l’exécutif : les journaux russes Russian Today et Sputnik que le Président avait déjà accusés de « se comporter comme des organes de propagande mensongère ».

Ce projet a provoqué une levée de boucliers dans les différents groupes parlementaires, de FI au Front National en passant par Les Républicains, d’autant plus légitimement que la loi de 1881 sur la liberté de la presse permet déjà de sanctionner la diffusion de « fausses nouvelles ». Marine Le Pen, notamment, s’est interrogée sur Twitter : « Contrôle de la parole libre sur internet, judiciarisation supplémentaire de la société : la France est-elle toujours une démocratie si elle musèle ses citoyens ? ». Bruno Retailleau de LR, a pour sa part  rappelé que seuls les régimes autoritaires prétendent au contrôle de la vérité. Jean-Luc Mélenchon, enfin, se demande qui va décider qu’une information est vraie ou fausse. Question évidemment cruciale même si on connaît déjà la réponse…

L’énergie déployée par l’exécutif pour soutenir la désinformation étatique et réduire l’accès à une information alternative montre, si besoin était, que les mots (comme supports des idées) sont des armes dans les rapports politiques entre dominants et dominés. Aux mains des élites mondialistes, ils servent à la fabrication du consentement et prêchent la résignation en présentant la politique actuelle comme la seule praticable. Aux mains des dominés, ils sont un outil de réinformation active et une force émancipatrice.

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« Société de vigilance » : demain, tous suspects ?

« La société de vigilance » est le nom donné par Emmanuel Macron à la nouvelle doctrine de sécurité publique pour les années à venir. Le passage de l’état d’urgence dans le droit commun n’aura donc été qu’une étape d’un processus visant à mettre la société française sous surveillance et à promouvoir un état de suspicion généralisée. La prochaine sera la mise sur pied de la « Police de Sécurité du Quotidien » qui servira d’accélérateur à une politique sécuritaire prédictive.

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Surveiller et prévenir, l’ère de la pénalité prédictive

Eric Michel : Qu’est-ce que la pénalité prédictive ?

Nicolas Bourgoin : La pénalité classique consiste à sanctionner un acte déjà commis ou ébauché, dans la pénalité prédictive ou préventive il s’agit d’intervenir en amont pour empêcher sa commission. Cette gestion « proactive » peut prendre deux formes : une surveillance systématique de la population visant à construire des profils de comportements suspects au moyen d’algorithmes, une surveillance ciblée pour extraire de l’information sur des individus déjà identifiés. Dans les deux cas, ça passe par un travail de renseignement : pouvoir anticiper suppose de connaître.

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Liberté d’expression à l’Université : chronique d’une mort annoncée

Les exemples de censure dans le monde universitaire se multiplient. Le dernier en date : l’édiction d’une note par l’université de Strasbourg à l’intention de l’ensemble des personnels, dont les enseignants, leur annonçant que désormais toute expression publique devra au préalable être annoncée à la direction. Mais les réactions ne se sont pas fait attendre et l’établissement a du reculer.

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Vive le communisme ! Interview à propos des « Couloirs du temps »

Eric Michel : En 2022, dans un monde dominé par les Soviétiques après une Troisième Guerre mondiale, les services de renseignements français ont éradiqué le terrorisme contre-révolutionnaire grâce à l’Éclair Argenté, une pilule qui permet de revenir dans le passé pour arrêter les activistes avant qu’ils n’agissent. Cette drogue tombe aux mains du camp des vaincus (Corée du Sud) qui l’utilise pour remonter dans le temps et tenter d’infléchir le cours de la Seconde Guerre mondiale au profit des forces de l’Axe (Allemagne, Italie et Japon). Une course de vitesse s’engage entre les deux camps…

À partir de là, tu envisages trois scénarios : 1) les forces Alliées gagnent la Seconde Guerre mondiale puis le bloc communiste sort victorieux d’une Troisième Guerre mondiale, 2) La Russie Soviétique gagne la Seconde Guerre mondiale contre le camp impérialiste (Alliés et forces de l’Axe) 3) Les forces de l’Axe soutenues par les Alliés gagnent la Seconde Guerre mondiale contre la Russie soviétique. On aboutit à chaque fois à des situations radicalement différentes. C’est une manière d’enfoncer le clou à propos des analyses historiques qui mettent sur le même plan fascisme et communisme, comme celles du Livre noir ?

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État d’urgence dans le droit commun : l’exception devient la règle.

L’état d’urgence est un dispositif d’exception visant à réduire les libertés publiques fondamentales, notamment celles de réunion et de manifestation. Réactivé après les attentats du 13 novembre 2015, il est censé en théorie répondre à la menace terroriste. Dans les faits, il s’applique à ce qu’on appelle les « troubles à l’ordre public » : depuis sa dernière mise en oeuvre, il a permis d’interdire des centaines de manifestations, notamment les mobilisations contre la loi travail, d’ordonner des interdictions individuelles de manifester (près d’un millier), de réaliser des milliers de perquisitions administratives et des centaines d’assignations à résidence hors de tout cadre judiciaire dont seules une extrême minorité ont donné lieu à des mises en examen pour des faits associés au terrorisme. Pas de djihadistes, donc, mais des militants écologistes, des restaurateurs, des personnes figurant comme « mis en cause » dans le Traitement des Antécédents Judiciaires (qui regroupe près d’un Français sur cinq…), des fidèles d’une mosquée, des maraîchers bio ou de simples manifestants dont l’indocilité pouvait perturber la bonne marche de l’exercice du pouvoir, notamment lors de la tenue de la COP21 ou du passage en force de la loi travail. Amnesty International note à propos de l’état d’urgence dans l’un de ses rapports : « des stratégies de maintien de l’ordre sont mises en place qui impactent fortement des droits fondamentaux dans l’objectif de prévenir des risques qui pourraient avoir lieu, sans aucune preuve concrète et solide que des événements dangereux pour la nation vont en effet arriver et que la seule solution pour y faire face est la restriction d’un ou de plusieurs droits fondamentaux ».

Hasard de calendrier ? Le gouvernement va normaliser ce dispositif d’exception alors même qu’il s’apprête à réformer le droit du travail par ordonnances dans un sens très défavorable au salarié…

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Présidence Macron : réaction et répression !

 

L’élection d’Emmanuel Macron, dernier rempart contre le fascisme ? On peut en douter au vu des éléments de son programme thatchérien dont la mise en oeuvre aggravera le sort de l’immense majorité de la population. Paupérisation, guerre et répression au service du capital financier sont les éléments essentiels de la politique qu’il entend mettre en oeuvre.

  • Impérialisme : En plus de ces mesures et du projet de lancer une « guerre de l’information », Emmanuel Macron développe une vision agressive de l’impérialisme – toujours bien sûr sous prétexte de « guerre contre le terrorisme ».Son programme cite explicitement l’Afrique, la Méditerranée et le Proche-Orient comme zones d’intervention. La présence de la France dans ses colonies comme la Guyane sera aussi renforcée. Un service militaire obligatoire d’un mois sera rétabli, la « garde nationale » gagnera en importance, l’opération Sentinelle sera maintenue, un centre de commandement des opérations à l’intérieur du pays sera mis en place… Et pour tout ça, il prévoit d’augmenter le budget de la défense à 2% du PIB. Bref, renforcement de la dynamique contre-révolutionnaire préventive, militarisation, marche vers la guerre.

  • Droit du travail et cadeaux à la bourgeoisie : Emmanuel Macron défend une « super loi Travail » où les accords d’entreprise primeraient systématiquement sur les accords de branche, et qui serait défavorable en tous points aux salariés. La seule chose qu’il ne veut pas déréguler, ce sont les indemnités prud’hommales : pas question que les entreprises en tort paient trop d’indemnités aux personnes lésées, ces indemnités seront donc plafonnées. On pourra également perde son chômage après un refus de deux offres d’emploi, même si celles-ci sont minables ! Et, bien sûr, toutes ces lois seront passées durant l’été par décret présidentiel pour ne même plus avoir à faire semblant de passer par un processus démocratique.

    Suppression de l’ISF, coupes dans le code du travail, plus de droits pour les directions d’entreprises… Le programme d’Emmanuel Macron a été soutenu par le MEDEF pour des raisons évidentes. Pour nous par contre, c’est le bâton : départ à la retraite retardé, précarisation du travail, vision managériale de la société, affaiblissement du « dialogue social ». Les mesures pour lutter contre la pauvreté font rire jaune, comme la proposition de numériser les documents des personnes vivant à la rue. Il ne leur restera plus qu’à trouver un smartphone !

  • Police : 10 000 policiers et gendarmes seront recrutés, la police pourra interdire des zones à un individu, lui mettre immédiatement des contraventions pour des faits mineurs (possession de drogues illicites…), sera plus lourdement équipée… De plus, un centre du renseignement sous contrôle présidentiel sera mis en place pour surveiller la population. Rassurant.

  • Justice : Suppression de l’appel suspensif. En gros, si vous êtes innocents mais que la justice vous a condamné, vous allez en tôle et vous ferez appel derrière les barreaux ! Idem pour les aménagements de peine : vous pensiez prendre des TIG ? Non, ce sera la prison ferme : plus d’aménagements de peine en dessous de 2 ans. D’où la construction de 15000 nouvelles places de prison, et le recrutement massif de matons.

  • Etat d’urgence : Ayant constaté l’intérêt de l’état d’urgence pour briser les mobilisations sociales, Emmanuel Macron a déclaré que seuls les services de renseignement pouvaient juger d’en sortir. En gros, l’état d’urgence deviendra la norme, en matière de sécurité, de réformes, d’information, bref, de contrôle de la population.

  • Vision d’ensemble : Ce que propose Emmanuel Macron, c’est une société de l’état d’urgence permanent, militarisée, où les prolétaires doivent vivre dans la précarité permanente. Pour cacher ce cauchemar digne de Thatcher, l’accent est mis sur les nouvelles technologies (notamment la numérisation des procédures ou l’emploi de drones) et sur des incitatifs visant à s’assurer le soutien des classes moyennes éduquées. Quand on se rappelle des promesses de François Hollande, et qu’on les compare au bilan désastreux du dernier quinquennat pour notre classe, on ne peut que s’inquiéter d’un programme aussi ouvertement agressif.

Source : Reconstruction communiste