Un pas de plus vers l’État policier : la dernière loi sur la sécurité publique

En pleine affaire de bavure à Aulnay-sous-Bois, le gouvernement socialiste s’apprête à faire voter une loi dont l’objectif est d’augmenter les pouvoirs de la police. Anticipant sans doute les désordres que sa politique (et celle de l’exécutif suivant) ne manquera pas de provoquer, il vise officiellement à « renforcer l’efficacité de la mobilisation des forces de l’ordre pour la sécurité, [pour lesquelles] il apparaît nécessaire de prévoir des dispositions leur permettant d’être juridiquement plus assurées lorsqu’elles ont à faire usage de leurs armes ». En clair : à donner aux policiers un véritable permis de tuer tout en diminuant les droits des citoyens victimes des violences policières (qui ont d’ailleurs explosé sous la présidence Hollande). Le dernier fait d’armes du trio infernal Valls-Cazeneuve-Urvoas, totalement à rebours des engagements du candidat socialiste qui promettait de soumettre les contrôles d’identité à la délivrance d’un récépissé, ouvre un peu plus grande la porte à l’État policier.

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Retour sur l’attentat de la rue Copernic (interview à propos du roman « Les heures sombres »)

Eric Michel : Montée de l’extrême droite sur fond de tensions communautaires, aggravation de la crise, chômage de masse, montée en force du néo-conservatisme, risque accru de guerre nucléaire, stratégie de la tension… tu situes l’action de ton quatrième roman en décembre 1980 mais ce que tu décris ressemble beaucoup à ce qu’on vit aujourd’hui. C’est volontaire ?

Nicolas Bourgoin : Il y a en effet des ressemblances avec notre époque et c’est aussi ce qui fait l’intérêt d’un roman politique qui prend la fiction comme un détour pour analyser le monde actuel, comme je l’avais d’ailleurs fait dans ma trilogie. Il y a aussi des différences, le camp socialiste s’est effondré depuis, le marxisme a quasiment disparu du paysage intellectuel français, le djihadisme n’existait pas encore en tant que tel, Reagan envisageait sans rire une confrontation nucléaire avec l’URSS tandis que l’élection de Donald Trump a mis un coup de frein à l’escalade des tensions avec la Russie… En réalité, ce qui rapproche surtout ces deux périodes est leur statut d’année-charnière : en 1980, on était à la fin du giscardisme, au début des politiques néoconservatistes après l’élection de Thatcher et Reagan et aux premiers craquements dans le camp socialiste avec les menées de l’OTAN en Pologne et la déstabilisation américaine en Afghanistan. C’est aussi la montée en force des « nouveaux philosophes » dont l’idéologie réactionnaire (au sens propre du terme) annonce le déclin de la pensée libératrice et marxisante qui était par exemple celle de Jean-Paul Sartre ou de Michel Foucault. On avait le sentiment d’être à un tournant et on peut aussi l’avoir aujourd’hui quand on considère le déclin de l’hégémonie américaine et le grand retour de la diplomatie russe ou encore la remise en cause par l’administration Trump des politiques de libre-échange…

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État d’urgence renouvelé : élections présidentielles sous contrôle

Par un nouveau texte de loi, le gouvernement vient de prolonger l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet prochain. Ce dispositif d’exception mis en place après les attentats du 13 novembre 2015 vise à réduire les libertés publiques fondamentales, notamment celles de réunion et de manifestation. L’exécutif a justifié son choix en invoquant l’instabilité politique propre aux périodes électorales : les « débats politiques pouvant être emprunts d’une certaine tension », la commission d’attentats « aurait un impact accru et porterait une atteinte grave et directe à la vie démocratique et institutionnelle française ». Il est vrai que l’exercice du pouvoir serait nettement plus simple s’il n’était pas troublé par ces échéances électorales à répétition…

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L’inquiétant programme sécuritaire de François Fillon

Le programme de François Fillon pour les élections présidentielles ne déroge pas à la règle : « libéralisme » signifie en réalité plus de libertés pour la finance et le patronat et moins pour les citoyens ordinaires. À chaque fois qu’un gouvernement dérégule l’économie et fait des cadeaux aux actionnaires, il promulgue de nouvelles lois liberticides et serre le verrou sécuritaire. Sarkozy avait en son temps usé sans vergogne de cette politique : bouclier fiscal pour les riches, matraques pour les pauvres. C’était sous son quinquennat, particulièrement féroce pour le monde du travail, qu’avaient été votées le plus grand nombre de lois sécuritaires : exactement 62, soit une tous les deux mois.

François Fillon n’a pas oublié les recettes politiques de celui dont il a été Premier ministre : comment faire accepter aux populations une baisse de leur niveau de vie avec la hausse de la TVA ? un recul des services publics avec la suppression de 500.000 postes de fonctionnaires ? une dégradation du système de santé avec le sabordage de la Sécurité sociale ? une hausse de la durée de travail jusqu’à 48 heures par semaine ? un recul de l’âge de départ à la retraite synonyme de baisses de cotisations ? Réponse : par la fiction d’un État protecteur au service de la sécurité des citoyens. Plus concrètement, en agitant des menaces médiatiquement grossies sur fond de crise identitaire et annoncer en même temps de nouvelles mesures pour y faire face. Et au besoin, les moyens investis dans l’appareil de répression seront toujours utiles  pour mater la contestation sociale que cette politique ultralibérale ne manquera tout de même pas de provoquer…

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Pour une critique radicale des médias. Entretien avec Baron William

Baron William : Par quoi veux-tu commencer ?
Nicolas Bourgoin : Par mes méthodes de travail que j’ai changées dernièrement en abandonnant la forme académique pour rédiger des livres sous forme de romans. L’idée était de toucher un lectorat plus large.
La question peut en effet se poser : est-ce que la fiction peut être un vecteur efficace pour intéresser le public et le sensibiliser à certaines thèses politiques, suivant l’exemple de Lucien Cerise ou d’autres ? Le livre « Les brillants » de Marcus Sakey, devenu best- seller, et Oliganarchy de Lucien Cerise, très bon roman, incitent le lecteur à réfléchir sur le thème de la manipulation politique. Le premier traite des attentats sous faux drapeaux, des méthodes de surveillance et de contrôle des populations dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, le second expose les méthodes de l’ingénierie sociale. J’ai voulu à mon tour m’essayer à cet exercice.

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60 millions de Français désormais sous surveillance

Dans un silence médiatique assourdissant, le gouvernement vient d’autoriser la création d’un monstre informatique recensant les données biométriques de 60 millions de Français : le fichier des Titres Électroniques Sécurisés. Regroupant toutes les données à caractère personnel communes aux passeports et aux carte d’identité, comme les empreintes digitales, le domicile, l’adresse de messagerie électronique ou encore les coordonnées téléphoniques de (presque) l’intégralité de la population française, et accessible à tous les services administratifs, il est le rêve absolu de n’importe quel État policier…

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Guerre contre le terrorisme, gouvernance par le chaos, surveillance de masse, attentats sous faux drapeau… bienvenue dans le monde de L’effet papillon !

Pourquoi un troisième livre ?

Quand j’ai proposé mon premier manuscrit (Apocalypse orange) aux éditeurs, le reproche m’a été fait de ne pas faire suffisamment jouer l’uchronie dans mon récit, de n’en faire qu’une toile de fond. Au lieu de réécrire le texte, ce qui aurait été un exercice un peu fastidieux, j’ai préféré en produire une version alternative. Dans L’effet papillon, on retrouve le même cadre (la France soviétique de 1980), les mêmes personnages et parfois les mêmes situations. Seule la trame de l’histoire est différente.

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