Bac Nord : un film dangereux (par Farah El Amraoui)

Violent, caricatural et grossier, le dernier film de Cédric Jimenez ne fait pas dans la dentelle. Il ne doit son succès qu’à sa parfaite congruence avec l’idéologie dominante (l’air du temps) raciste et réactionnaire. Il le doit aussi et surtout à la promotion qu’en a faite la presse d’extrême-droite, notamment CNews et Valeurs Actuelles, certaines personnalités comme Marine le Pen ou Laurent Obertone. Le timing parfait de sa sortie sur les écrans démontre son objectif : à six mois des présidentielles, recentrer encore davantage le débat sur les questions sécuritaires et identitaires afin d’évincer la gauche au second tour. Alors dangereux ce film qui encense la BAC (pourtant bien peu reluisante) ? Qui stigmatise sans vergogne les jeunes des quartiers populaires ? Oui, et d’autant plus que cette véritable incitation à voter RN ne suscite en France que peu de critiques (la presse étrangère étant visiblement la seule à s’en émouvoir). Le texte que nous reproduisons ci-après en est une heureuse exception.

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La police tue toujours plus

D’année en année, le sinistre bilan des violences policières ne cesse de s’alourdir. D’environ une dizaine pendant les décennies 1980 et 1990, l’effectif annuel de personnes tuées approche la quinzaine dans les années 2000 puis la vingtaine pendant la présidence Hollande. Et rien ne semble pouvoir arrêter cette ascension folle : en 2017, année de l’élection de Macron, on ne compte pas moins de 35 citoyens français tués par les forces de l’ordre, un chiffre inédit. Depuis 1977, soit une période de 42 ans, ce sont près de 600 personnes qui ont été tuées. Et si 2018 marque un recul très relatif avec 26 morts, 2019 est bien partie pour être une année noire quand on considère l’extrême violence de la répression qui s’abat contre les gilets jaunes.

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Gilets jaunes : pourquoi autant de violences policières ?

Les violences policières contre des manifestants majoritairement pacifiques ont atteint un niveau inédit en France. Le nombre de blessés graves, dont certains sont rendus handicapés à vie, borgnes ou défigurés, dépasse la centaine, sans compter les innombrables « arrestations préventives » ni les incarcérations à la chaîne de personnes dont le tort principal était d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Cette répression sanglante rappelle, en plus violente, celle qui s’était abattue sur les manifestants contre la loi travail en 2016. Elle marque la volonté du gouvernement de résoudre les contradictions sociales par l’usage de la force étatique, policière voire militaire.

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Un pas de plus vers l’État policier : la dernière loi sur la sécurité publique

En pleine affaire de bavure à Aulnay-sous-Bois, le gouvernement socialiste s’apprête à faire voter une loi dont l’objectif est d’augmenter les pouvoirs de la police. Anticipant sans doute les désordres que sa politique (et celle de l’exécutif suivant) ne manquera pas de provoquer, il vise officiellement à « renforcer l’efficacité de la mobilisation des forces de l’ordre pour la sécurité, [pour lesquelles] il apparaît nécessaire de prévoir des dispositions leur permettant d’être juridiquement plus assurées lorsqu’elles ont à faire usage de leurs armes ». En clair : à donner aux policiers un véritable permis de tuer tout en diminuant les droits des citoyens victimes des violences policières (qui ont d’ailleurs explosé sous la présidence Hollande). Le dernier fait d’armes du trio infernal Valls-Cazeneuve-Urvoas, totalement à rebours des engagements du candidat socialiste qui promettait de soumettre les contrôles d’identité à la délivrance d’un récépissé, ouvre un peu plus grande la porte à l’État policier.

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État d’urgence, violences policières et criminalisation de l’action syndicale : le retour du social-fascisme ?

Fuite en avant ou stratégie délibérée ? Sans doute les deux. L’exécutif a clairement fait le choix de la répression pure et dure face à une situation qu’il peine à contrôler. Les violences policières contre les manifestants du premier mai, inédites par leur brutalité, sans parler de celles contre les cortèges des opposants à la loi travail,  montrent si besoin était que le pouvoir socialiste n’a plus qu’une recette pour faire appliquer les diktats du MEDEF et de l’Union Européenne : l’usage immodéré de la matraque.

L’état d’urgence décrété par le gouvernement renforce considérablement les pouvoirs de la police et celle-ci a désormais carte blanche pour faire usage de la force contre tous ceux qui s’opposent à sa politique : jeunes des classes populaires, syndicalistes et travailleurs subissant de plein fouet la crise du capitalisme. On ne compte plus les perquisitions et les assignations à résidence, désormais effectuées sans contrôle judiciaire, ni les interpellations conduisant à des gardes à vue ou même à des incarcérations.

L’instrumentalisation de la menace terroriste à des fins sécuritaires est révélatrice de la politique socialiste que l’on peut résumer en quelques mots : gouverner par la peur pour faire passer en force les intérêts du capitalisme financier. Cette politique rappelle que l’État est avant toute chose un instrument d’oppression d’une classe par une autre, selon les mots de Marx. Et pour ce faire, la sociale-démocratie et le fascisme sont les deux modes de gouvernement qu’utilise la bourgeoisie pour asseoir son pouvoir sur le reste de la société, parfois alternativement, parfois simultanément.

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