2008, une brève histoire de la crise

Eric Michel : le mot « histoire » est à prendre dans quel sens ?

Nicolas Bourgoin : dans les deux qu’il peut avoir. 2008 est d’abord une fiction classique, une rencontre fortuite entre des personnages qui n’ont pas grand-chose en commun, sur fond de crise des subprimes. C’est un roman social. Mais j’ai aussi voulu faire une histoire de cette crise en prenant les péripéties du récit comme un révélateur de tensions économiques qui affectent la vie de chacun. Comment l’irruption d’une catastrophe économique peut changer les comportements et les destins des individus ? De façon variable, évidemment, car nous ne sommes pas tous égaux pour nous battre face à la crise : certains la subissent de plein fouet, d’autres y échappent, d’autres même en tirent profit.

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Les Partisans : récit d’une dérive gauchiste (par Ilian Karst)

Nicolas Bourgoin, enseignant-chercheur, publie une fiction dont le héros, jeune militant communiste au tournant des années 1980, s’engage avec quelques proches dans une voie sans issue. Va-t-il franchir le pas du terrorisme ? Un thriller plaisant qui articule politique, sociologie et libération des mœurs.

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L’inquiétant programme sécuritaire de François Fillon

Le programme de François Fillon pour les élections présidentielles ne déroge pas à la règle : « libéralisme » signifie en réalité plus de libertés pour la finance et le patronat et moins pour les citoyens ordinaires. À chaque fois qu’un gouvernement dérégule l’économie et fait des cadeaux aux actionnaires, il promulgue de nouvelles lois liberticides et serre le verrou sécuritaire. Sarkozy avait en son temps usé sans vergogne de cette politique : bouclier fiscal pour les riches, matraques pour les pauvres. C’était sous son quinquennat, particulièrement féroce pour le monde du travail, qu’avaient été votées le plus grand nombre de lois sécuritaires : exactement 62, soit une tous les deux mois.

François Fillon n’a pas oublié les recettes politiques de celui dont il a été Premier ministre : comment faire accepter aux populations une baisse de leur niveau de vie avec la hausse de la TVA ? un recul des services publics avec la suppression de 500.000 postes de fonctionnaires ? une dégradation du système de santé avec le sabordage de la Sécurité sociale ? une hausse de la durée de travail jusqu’à 48 heures par semaine ? un recul de l’âge de départ à la retraite synonyme de baisses de cotisations ? Réponse : par la fiction d’un État protecteur au service de la sécurité des citoyens. Plus concrètement, en agitant des menaces médiatiquement grossies sur fond de crise identitaire et annoncer en même temps de nouvelles mesures pour y faire face. Et au besoin, les moyens investis dans l’appareil de répression seront toujours utiles  pour mater la contestation sociale que cette politique ultralibérale ne manquera tout de même pas de provoquer…

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