La police tue toujours plus

D’année en année, le sinistre bilan des violences policières ne cesse de s’alourdir. D’environ une dizaine pendant les décennies 1980 et 1990, l’effectif annuel de personnes tuées approche la quinzaine dans les années 2000 puis la vingtaine pendant la présidence Hollande. Et rien ne semble pouvoir arrêter cette ascension folle : en 2017, année de l’élection de Macron, on ne compte pas moins de 35 citoyens français tués par les forces de l’ordre, un chiffre inédit. Depuis 1977, soit une période de 42 ans, ce sont près de 600 personnes qui ont été tuées. Et si 2018 marque un recul très relatif avec 26 morts, 2019 est bien partie pour être une année noire quand on considère l’extrême violence de la répression qui s’abat contre les gilets jaunes.

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Dans un précédent article daté de 2015, nous anticipions un accroissement à venir des violences policières : c’est chose faite. La progression est même spectaculaire, passant de 22 décès annuels pour la période 2013-2016 à plus de 30 en 2017 et 2018 (voir graphique). Un bain de sang perpétré dans une impunité quasi-parfaite et un silence médiatique assourdissant s’agissant d’une violence légale, excepté quelques sites militants qui en font état, en particulier le journal bastamag dont nous reprenons ici l’essentiel des données.

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Différentes hypothèses peuvent être avancées pour expliquer les fluctuations observées, par exemple une influence du Ministre de l’Intérieur. Ainsi les deux pics observés dans la partie gauche du graphique correspondent à la période ou Charles Pasqua était ministre de l’Intérieur (1986-88 et 1993-95). Inversement, c’est quand Pierre Joxe occupait cette fonction que l’on constate le moins de tués (« seulement » 2 décès en 1989). En cause, le clivage droite/gauche ? C’était l’hypothèse que nous avions avancée il y a déjà quelques années. Dans cet ordre d’idées, la Révolution sécuritaire qui démarre en France après les attentats du 11 septembre n’est sans doute pas étrangère à la nette progression constatée à partir de 2001-04. Les instructions données aux forces de l’ordre ont un effet évident sur leur comportement.

La nouvelle doctrine de maintien de l’ordre.

Dans l’un de ses derniers rapports, l’ACAT relevait un changement notable : souvent commises dans le cadre de gardes à vue  il y a une quinzaine d’années, les violences policières s’exercent aujourd’hui majoritairement lors d’opérations de contrôle de l’espace public, comme les manifestations, les opérations de sécurité dans des quartiers jugés sensibles ou dans les Zones à Défendre (Notre-Dame-des-Landes ou Sivens). Ce contexte social explique en partie le profil des personnes tuées relevé par Bastamag : souvent jeunes (la moitié ont moins de 26 ans), de genre masculin (92 % sont des hommes), elles résidaient essentiellement en banlieue parisienne ou autour des grandes villes (Lyon et Marseille notamment) et n’étaient (pour 60 %) pas armées au moment des faits.

Pourquoi cette montée de la violence policière lors des manifestations ? En cause, selon l’ACAT, un récent changement de doctrine de maintien de l’ordre datant de 2015. On est passé en quelques années d’une gestion de mise à distance des manifestants  (éviter de tuer et le plus possible de blesser) à une politique d’affrontement direct : là où les forces de l’ordre tentaient de repousser les manifestants, elles visent et attaquent désormais la foule avec des armes à « létalité réduite » comme le flashball ou les grenades de désencerclement dont l’usage est de plus en plus contesté. Il s’agit désormais de traiter les manifestants comme des ennemis de l’intérieur et de leur appliquer les méthodes de répression contre-insurectionnelle utilisées à l’origine contre la résistance algérienne. La poursuite de cette politique ne pourra que multiplier toujours plus les victimes des violences policières.

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4 réflexions sur “La police tue toujours plus

  1. La police tue toujours plus (Par Nicolas Bourgoin) -

  2. La police tue toujours plus | Raimanet

  3. j’ai moin d’un 1/2 siècle à mon actif pour l’affirmer nonobstant

    à mon humble avis d’expert débutant en étude de la psukoanalise de l’omnidé versical en milieu stressé il y a 2 ou 3 biais majeur dans le comptage de l’hécatombe présentée dans l’article

    pour exemples

    les morts par accident lors des manifestations peuvent etre pris en compte quand certains indices se croisent comme le fichier de la victime les circonstances troubles du décès etc

    les cancers a v c infarctus etc dus à des z’empoisonnements plus ou moins ciblés valident la thèse d’un meurtre commandité et effetué par des agents de l’ordre médical ou sécuritaire en fonction ou en extra

    la paupérisation extrême due aux spéculations sur les biens vitaux bouffe logement etc font glisser l’individu ciblé vers le crime la déliquance l’eslavage sexuel la toxicomanie etc le fragilisant jusqu’à diminuer ses défenses faces à la valetaille sans scrupule près à l’occire pour une poignée de biffetons

    bref l’étude des toxines présentes dans les cadavres celle des vidéos des scènes d’accident ou d’homicides perpétrés par un nombres restreints d’agents permettra une synthèse statistiques éloquente aux chiffres bien supérieurs aux quelques dizaines de tués sous les coups des cognes officiellements enregistrés

    à l’inverse des forces de sécurité incorruptibles et loyales au peuple subissant les z’attaques de détraqués souvent commandités ou instrumentalisés est bien plus rares néanmoins de nombreux suicides ou dépressions attestent de la pression normative delétère au sein de la peau lisse

    un reportage italien sur le réseau glavio et la terreur du bloc atlantique en europe relate la toile de fond derrière le récit de terreur populaire

    scandale des armées secrètes de l’o t a n

  4. La polizia francese è militarizzata? - L'Eclettico

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