État d’urgence, violences policières et criminalisation de l’action syndicale : le retour du social-fascisme ?

Fuite en avant ou stratégie délibérée ? Sans doute les deux. L’exécutif a clairement fait le choix de la répression pure et dure face à une situation qu’il peine à contrôler. Les violences policières contre les manifestants du premier mai, inédites par leur brutalité, sans parler de celles contre les cortèges des opposants à la loi travail,  montrent si besoin était que le pouvoir socialiste n’a plus qu’une recette pour faire appliquer les diktats du MEDEF et de l’Union Européenne : l’usage immodéré de la matraque.

L’état d’urgence décrété par le gouvernement renforce considérablement les pouvoirs de la police et celle-ci a désormais carte blanche pour faire usage de la force contre tous ceux qui s’opposent à sa politique : jeunes des classes populaires, syndicalistes et travailleurs subissant de plein fouet la crise du capitalisme. On ne compte plus les perquisitions et les assignations à résidence, désormais effectuées sans contrôle judiciaire, ni les interpellations conduisant à des gardes à vue ou même à des incarcérations.

L’instrumentalisation de la menace terroriste à des fins sécuritaires est révélatrice de la politique socialiste que l’on peut résumer en quelques mots : gouverner par la peur pour faire passer en force les intérêts du capitalisme financier. Cette politique rappelle que l’État est avant toute chose un instrument d’oppression d’une classe par une autre, selon les mots de Marx. Et pour ce faire, la sociale-démocratie et le fascisme sont les deux modes de gouvernement qu’utilise la bourgeoisie pour asseoir son pouvoir sur le reste de la société, parfois alternativement, parfois simultanément.

valls-hitler

Peines de prison fermes contre des manifestants, placement en garde à vue de syndicalistes, saccages de locaux d’associations, évacuations musclées d’assemblées de citoyens, déchaînement de violence policière,… la stratégie de la tension marche à plein régime pour faire passer en force une politique injuste et à rebours des engagements de campagne du candidat Hollande. Celle-ci peut évidemment surprendre par sa brutalité, totalement inédite, mais ce n’est pas d’hier que la sociale-démocratie cède aux sirènes de la fascisation.

Depuis la première guerre mondiale quand la SFIO votait les crédits de guerre ou quand le SPD allemand pavait la voie au fascisme en faisant assassiner Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg jusqu’aux guerres menées par l’exécutif actuel en passant par la répression contre la SFIC au moment des luttes contre l’occupation de la Ruhr, la sociale-démocratie a toujours été du côté de la répression et de la réaction. En France, la SFIO votait largement les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain en 1940 et quinze ans plus tard elle laissait à la force d’occupation les mains libres pour torturer en Algérie.

La SFIO est devenue Parti Socialiste en 1971 mais reste plus que jamais le parti des traîtres. Et la politique menée par l’exécutif actuel remet à l’honneur le qualificatif de social-fascisme employé par les théoriciens de la Troisième Internationale pour dénoncer la politique des sociaux-démocrates durant l’entre-deux guerres, véritables agents de l’impérialisme dans le camp des travailleurs. À l’heure où Marine Le Pen affirme se lire dans les propos de Manuel Valls sur l’Islam et où de nombreux syndicalistes se retrouvent sous les verrous, la politique socialiste ressemble à s’y méprendre à « une politique authentiquement fasciste menée de façon démocratique« .

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