Chasse aux sorcières et hystérie antiterroriste.

La liberté d’expression vit sans doute ses dernières heures. Comme on pouvait le craindre, le gouvernement a récupéré sans vergogne l’émotion collective suscitée par la fusillade de Charlie Hebdo pour mettre en place un véritable régime d’exception comparable au Patriot Act étasunien. Ce tour de vis sécuritaire survient dans un contexte déjà marqué par de nombreuses atteintes aux libertés publiques avec la dissolution de mouvements nationalistes, la jurisprudence Dieudonné et deux lois antiterroristes.

Cette véritable chasse aux sorcières a d’ores et déjà fait de nombreuses victimes en particulier parmi les enfants. Nous publions ci-après une série de témoignages édifiants qui en disent long sur l’état actuel des libertés.

 

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Depuis les attentats du 7 janvier, un vent de folie collective s’abat sur la France. Le ministère de l’injustice, recense plus de 100 procédures ouvertes pour « apologie du terrorisme », soit environ 10 par jour si on laisse le dimanche aux procureurs pour compter leurs scores respectifs dans cette nouvelle course aux chiffres surréaliste. 30 personnes ont déjà été condamnées, soit plus qu’au cours des 20 dernières années.

Amnesty International, Human Rights Watch et le syndicat de la magistrature dénoncent cette dérive totalitaire. Ils sont bien les seuls.

Le Patriot Act à la française avait été voté juste avant les attentats

C’est la loi du 13 novembre 2014 qui permet à notre grande démocratie d’arrêter, d’enfermer et de condamner en comparution immédiate tous ceux qui ont le malheur de dire quelques mots de trop, à commencer par les enfants.

Dans son article 421-4-5, cette loi instaure un délit pénal d’apologie du terrorisme qui est puni de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. (1) L’utilisation d’Internet est considérée comme une circonstance aggravante punie de 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende.

Le 12 janvier, Christiane Taubira s’est empressée d’envoyer une circulaire appelant les procureurs à une « grande fermeté » pour toutes les infractions commises à la suite des attentats.

Pour ceux qui avaient encore un doute sur l’indépendance de la justice, ils sont levés. Les procureurs représentent bien le bras armé du pouvoir politique socialiste, plus personne ne peut en douter.

Les enfants particulièrement ciblés

Outre une série impressionnante de condamnations allant jusqu’à de la prison ferme pour des personnes en état d’ébriété, un déficient mental, un chauffard, une mère de famille, des employés municipaux, les enfants sont devenus la cible privilégiée de nos dirigeants bien décidés à terroriser tout le pays.

Nantes. Une jeune fille prend le tramway avec ses sœurs et une amie. Des contrôleurs se présentent et demandent leur titre de transport. Après une altercation verbale, la plus jeune leur lance « On est les sœurs Kouachi, on va sortir les kalachnikovs ». Les contrôleurs appellent la police, elle est mise en garde-à-vue puis présentée à un juge en comparution immédiate qui la met en examen pour apologie du terrorisme. Elle a 14 ans…

Toujours à Nantes. Décidément… Un lycéen publie sur son mur Facebook une caricature qu’il trouve particulièrement « marrante » selon ses propres termes. En juillet 2013, Charlie Hebdo sort une couverture qui montre un Egyptien se faire trouer de balles malgré un Coran tenu devant lui avec la légende « Le Coran, c’est de la merde, ça n’arrête pas les balles ». Le lycéen trouve sur Internet une parodie de cette caricature qu’il publie. Elle montre un journaliste tenant ce même exemplaire de Charlie Hebdo, troué de balles, avec la légende « Charlie Hebdo, c’est de la merde, ça n’arrête pas les balles ».

Quelques jours plus tard, il est interpellé par la police chez lui et placé en garde-à-vue puis déféré le lendemain. Le parquet, requiert son placement en liberté surveillé et sa mise en examen pour apologie du terrorisme. Il a 16 ans…

Quand des enseignants deviennent des auxiliaires de police

La palme de l’hystérie collective revient incontestablement à ce chef d’établissement qui se reconnaîtra. L’histoire est racontée par une éducatrice chargée de recevoir les mineurs déférés en comparution immédiate.

Jeudi 8 janvier. Un collégien fait une minute de silence avec sa classe en hommage aux victimes des attentats. Vendredi, le professeur de français propose à ses élèves un débat sur ce qui vient de se passer. N’ayant pas bien compris qu’il s’agissait autant d’un piège que d’une réelle volonté de débattre avec les élèves, l’enfant lève la main et dit « ils ont eu raison ».

Au lieu de demander des explications, d’écouter, puis d’expliquer comme tout bon professeur aurait dû le faire, le censeur lui ordonne immédiatement : « si tu penses ça, sors de ma classe ».

La suite est hallucinante.

L’élève se rend chez la Conseillère Principale d’Education qui lui explique pourquoi il était interdit de penser que les terroristes « ont eu raison ».

Dimanche, l’enfant va à son match de foot. Il fait une minute de silence avec ses camarades. « C’était bien, on était tous en rond, on se tenait par le cou », raconte-t-il.

Lundi matin à l’école, il est convoqué chez le principal. Mardi matin, il est re-convoqué. L’enfant s’excuse et exprime ses regrets.

Mardi, le principal le convoque à nouveau, avec ses parents cette fois. Il leur apprend que leur enfant est exclu pour une semaine, « une mesure conservatoire »… En attendant le conseil de discipline où il risque une exclusion définitive.

Mercredi, le principal, grand pédagogue devant l’éternel va porter plainte contre l’enfant au commissariat.

Jeudi, l’enfant et ses parents se rendent à la convocation de la police « pour être entendu ».

L’enfant est alors arrêté et placé en garde-à-vue.

Il va passer 24 heures dans les geôles de la république nationale socialiste.

Vendredi matin, menotté, il est présenté au juge pour une mise en examen d’apologie du terrorisme.

A 14 ans, l’âge où les adolescents sont en pleine puberté, où ils sont en train de construire leur repères, où ils pensent plus aux filles qu’à la politique ou à leur avenir. A 14 ans, cet enfant aura connu l’enfermement dans une cellule, la garde-à-vue, les menottes, l’audition devant un juge… Pour 4 mots…

4 mots de trop qui vont probablement lui valoir une condamnation qui le suivra tout au long de son existence. 4 mots qui lui vaudront d’être fiché parmi les auteurs d’infractions à caractère terroriste. 4 mots qui vont foutre toute sa vie en l’air.

Ce qui est particulièrement révoltant dans cette histoire, outre le caractère totalement disproportionné de la procédure compte tenu de l’âge du présumé futur terroriste, c’est le véritable piège tendu par l’école aux enfants qu’elle pourtant est censée éduquer et protéger.

Cet enfant ne demandait rien à personne. Il ne s’est pas exprimé dans la rue, ou même sur Internet. Il a simplement répondu à une question de son professeur.

Alors que l’école devrait être un lieu de pédagogie, d’explications, de dialogues, nos gouvernants socialistes, bien aidés en cela par certains fonctionnaires zélés, sont en train de la transformer en lieu de délation et de répression, bientôt en un vaste camp de ré-éducation pour 12 millions d’enfants.

Le plus grand hold-up de l’histoire après celui du 11 septembre

Au nom de la préservation de la liberté d’expression, l’Etat Socialiste est en train de réaliser le plus grand hold-up de l’histoire sur nos libertés fondamentales. Juste après celui de Bush le 11 septembre 2001.

Le raisonnement est le suivant : les terroristes ont voulu faire taire Charlie Hebdo donc la liberté d’expression. Ceux qui ne condamnent pas les terroristes sont par conséquent contre la liberté d’expression. Ils doivent être jugés, enfermés et privés de liberté, notamment d’expression. C’est logique ? Non, c’est totalitaire, stupide et totalement incohérent, bref, socialiste.

Deux poids de mesures ? Oui, parfaitement, c’est exactement cela. Qu’un enfant dise 4 mots de trop, il est broyé, détruit, marqué à vie au fer rouge. Pendant ce temps, Charlie Hebdo publie une nouvelle caricature qui provoque des dizaines de morts, des émeutes dans plusieurs pays, des drapeaux français brûlés à travers le monde, ça s’appelle la « liberté d’expression ».

Ils n’ont pas tué Charlie

Charlie Hebdo n’est pas mort. Avec plus de 7 millions d’exemplaires à 3 €, ils sont en train de ramasser l’équivalent de plusieurs années de chiffre d’affaires avec un seul numéro.

C’est la liberté qui est morte ce 7 janvier 2014. Valls, futur candidat à la primaire socialiste pour les prochaines présidentielles a prévenu les enfants : « votre génération doit s’habituer à vivre avec ce danger pendant un certain nombre d’années » (3). Tirant profit des attentats, le gouvernement socialiste est en train de mettre en place la politique la plus répressive jamais appliquée depuis le régime de Vichy.

Leur but est simple. Après avoir imposé au pays une minute de silence, ils vont nous imposer 2 ans et demi de silence, le temps d’arriver aux prochaines présidentielles. Je ne vous fais pas de dessin, C’est devenu trop dangereux de dessiner. Soit vous tombez sous les balles de terroristes, soit vous tombez dans les geôles de la république socialiste laïque.

La dictature c’est maintenant.

Source : Nouvelles de France

 

Pour aller plus loin : voir ici un entretien au sujet de mon dernier livre La République contre les libertés. Le virage autoritaire de la gauche libérale (L’Harmattan, 2015).

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28 réflexions sur “Chasse aux sorcières et hystérie antiterroriste.

  1. c’est la suite de ce qui est commencé depuis longtemps et surtout depuis 1981 date à laquelle nous avons baisser la garde « afin de ne pas mettre en danger » un gouvernement de gauche (?). ça s’est accéléré avec « l’histoire du foulard » qui a privé d’école des centaines de petites filles et ados musulmanes. Puis les lois islamophobes etc … tout cela dans un consensus qui va de l’extrême-droite à l’extrême-gauche. Il faut choisir son camp : collabo et fier de l’être, lâche ou résistant.
    merci pour votre analyse.
    Mireille Baylet

  2. Chasse aux sorcières et hystérie antiterroriste. – Nicolas Bourgoin | salimsellami's Blog

  3. salut nicolas

    tres bon article tres synthetique de philippe alain

    dur de faire plus clair et explicite

    sauf que pardon de vous prendre tous a contrepieds bien que je sois d accord avec tous les elements enonce par l auteur je suis d avis que la clef de lecture selon laquelle la liberte d expression vit sans doute ses dernieres heures apparait entierement renversee sous l illusion de la precipitation des evevements digne du ruee de hussards

    les temps ont change rien sera comme avant le peuple francais vient de se reveiller quant bien meme cela parait imperceptible une unanimite voit le jour dans l opinion

    que ce soit dans les commentaires des articles sur le web dans les discution de comptoir de bistrots et meme dans les resultats aux elections en grece par exemple

    je pari une bolee de cidre que ce phenomene global va se manifester a tous les niveau d expression populaire et eclater a la vue de chacun

    sans entrer dans les details chacun sait au moins intuitivement que la loi se definie concretement par un bras de fer entre la volonte du legislateur et celle des citoyens lui obeissant ou s opposant a lui

    l executif qui ecrit lui meme ou dicte ses textes au parlement et qui plus est va controler son aplication par la main mise qu il exerce sur le judiciaire se montre en posture de domination

    seulement voila la soumission du peuple a la loi s etabit proportionnellement a l equite de celle ci

    or aujourd hui en suivant le mouvemen dictatorial global les gouvernements aveugles par tant de pouvoirs concentres en ses mains croient devoir et pouvoir en profiter pour imposer le silence totale a toute veleite de d opposition de dissidence ou meme de resistance a ceux qu il considere comme ses assujettis

    assure par sa force et ses ruses il feint d oublier le consentement populaire qui lorsqu il fait defaut se transforme en raz de maree contraire aux intentions perfides et despostique inherentes a toutes ses lois actuelles

    il veut baillonner le peuple voulant le faire taire pendant son ultime depecage

    c est sans compter sur son sursaut de suvie

    nous en reparlerons tres bientot mais il est plus que tres probable que la liberte d expression des citoyens se dechaine d autant plus vigoureusement qu ils semblent de plus en plus capables de relacher leur colere sourde dans le calme et la raison

    as you often says sir

    wait and see

    au plaisir

    et a plus

  4. plus encore que mon cris du coeur un texte qui il me semble bien fera date dans l histoire de l epopee contemporaine de la dissidence ecrit par benji un des deux bergers du sites lesmoutonsenrages.fr

    son propos clair et courageux nous eclaire sur les rouages de la censure du web imposee en guise liberte d expression tant clamee hypocritement par le gouvernement

    mine de rien un petit rappel de la ligne editoriale de ce site alterntif vu de l interieur qui rafraichit les consciences

    http://lesmoutonsenrages.fr/2015/01/26/petit-rappel-indispensable-sur-le-blog-des-moutons-enrages/

  5. Revue de presse hebdomadaire 1er février 2015SociéteTerrorisme – Révisionnisme – Liberté d’expression | LE SAKER FRANCOPHONE

  6. La lutte contre le racisme et l’antisémitisme, arme de destruction massive des libertés publiques | Réseau International

  7. Liberté d’expression pour tous ! – Reveille toi

  8. Liberté d’expression pour tous ! | Arrêt sur Info

  9. L’antiracisme contre les libertés. Bref éclairage sur le plan d’action de Manuel Valls – Nicolas Bourgoin

  10. L’antiracisme contre les libertés. Bref éclairage sur le plan d’action de Manuel Valls |

  11. L’antiracisme contre les libertés. Bref éclairage sur le plan d’action de Manuel Valls | Arrêt sur Info

  12. L’antiracisme contre les libertés. Bref éclairage sur le plan d’action de Manuel Valls | Sentinelle de Dieu 1.0

  13. L’antiracisme contre les libertés. Bref éclairage sur le plan d’action de Manuel Valls | La Crise c'est maintenant

  14. La loi sur le renseignement, un texte pour museler la contestation sociale – Nicolas Bourgoin

  15. Crise financière, chaos économique et dictature politique, l’actualité de la lutte antifasciste | Reconstruction communiste Comité Québec

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