Comprendre l’Empire : les raisons d’un succès hors-norme

Véritable miracle éditorial, Comprendre l’Empire a dépassé le seuil des 100.000 ventes dans un contexte de rejet médiatique quasi-généralisé. Indifférent au boycott des journalistes qui font l’opinion et aux rares critiques (qui l’ont massacré), l’ouvrage d’Alain Soral poursuit son ascension vers les sommets. Pourtant ce livre est tout sauf commercial : atypique et inclassable. Trop érudit pour un essai, dépourvu de l’académisme du travail universitaire classique (il ne contient ni notes de bas de page, ni références explicites), totalement à contre-courant de la pensée dominante, déroutant par sa forme (une succession de parties très courtes, un style personnel et épuré), d’un niveau exigeant, il n’avait aucun des attributs du best-seller traditionnel. Comment comprendre son succès impressionnant à la fois par sa fulgurance et sa durée ?

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Alain Soral, bête noire des médias

Le système ne fait pas de cadeau à ceux qui osent s’attaquer frontalement à lui. Depuis sa participation à la Liste Antisioniste aux élections européennes de 2009 et ses multiples interventions dans des conférences publiques et sur Internet où il se livre à une critique radicale de l’influence du communautarisme dans la société française, Alain Soral a été écarté aussi bien des écrans que des ondes et de la presse écrite. Conséquence du black-out anti-Soral, Eric Naulleau est venu seul présenter le livre (Dialogues désaccordés) co-écrit avec lui, chez Thierry Ardisson. Situation pour le moins surréaliste… Exception qui confirme la règle d’ininvitabilité d’Alain Soral : son passage à l’émission de Frédéric Taddéi « Ce soir ou jamais » au moment de la sortie de son livre. Ce fut sa seule apparition à la télévision pour la promotion de l’ouvrage. Calme plat aussi du côté de la presse écrite. Les rares recensions construites et argumentées de Comprendre l’Empire ont été le fait de personnalités de la dissidence ou proches de celle-ci – Michel Drac, Pierre Jovanovic ou encore Chris Lefebvre et David L’épée – de même que les interviews filmées dont la plus complète est sans doute celle de Franck Abed. Elles ont eu peu d’échos en-dehors de cette mouvance politique.

En dépit de son blacklistage, Comprendre l’Empire a fait son entrée dans le top 100 du site de vente en ligne Amazon avant même sa parution. Et une entrée fracassante. En quelques jours, l’ouvrage se place 18ème au classement des meilleures ventes, une performance inégalée par ses concurrents, et en moins d’un mois il intègre les prestigieux classements de l’Express et du Nouvel Observateur. Trois années plus tard il est encore dans le top 100 des meilleures ventes sur Amazon et y occupe la première place de la rubrique « Politique française ». L’hystérie que suscite ce livre est d’ailleurs à la mesure de son succès : un employé de librairie a été purement et simplement licencié pour avoir tenté d’en faire la promotion. L’autodafé n’est pas loin…

Banni des medias mainstream, haï par quelques critiques autoproclamés – mention spéciale à Arnaud Le Guern,  Saïd Chomsky et Frédéric Saenen – et le plus souvent ignoré par ceux qui font l’opinion, mais suscitant un véritable engouement populaire dans un conjoncture éditoriale pourtant morose… la contradiction a de quoi laisser perplexe. On peut bien sûr invoquer l’efficacité de l’acte militant, une grosse partie des réservations du livre (si ce n’est la plus grosse) se faisant depuis le site Égalité & Réconciliation, de même que la notoriété qu’Alain Soral a pu acquérir au fil de la parution de ses œuvres précédentes, à une époque où il bénéficiait encore d’un accès (limité) aux medias. Cela a pu jouer en effet au moment du lancement du livre mais explique difficilement la durée de son succès et surtout l’excellence de sa réception par le public : près de 75 % de « 5 étoiles » sur le site des clients FNAC. Comprendre l’Empire colle à la réalité du monde en mettant à nu les forces sociales contradictoires qui le travaillent, d’où le thème de la « réalité dévoilée » récurrent dans les commentaires des internautes (une brillante analyse ou l’on se surprend à se dire: « je le sentais bien mais pas moyen de l’énoncer clairement ». C’est maintenant chose faite). De fait, Comprendre l’Empire est le parfait exemple d’une rencontre réussie entre un livre et un contexte. Contexte à la fois social, économique, politique et géopolitique qui est celui de la période 2011-2012.

Comprendre le succès de Comprendre l’Empire

Le défi de Comprendre l’Empire est immense : synthétiser en moins de 250 pages plusieurs siècles d’histoire en suivant un fil rouge : l’irrésistible ascension de la finance et la mise en place progressive de sa dictature à l’échelle de la planète. L’exercice est périlleux et a ses écueils inévitables : la simplification et le raccourci que l’on pourra toutefois combler par des lectures complémentaires, notamment celles proposées par l’auteur lui-même sur son site. Réussi, il offre au lecteur un sentiment privilégié : celui de comprendre la société actuelle et ses enjeux à la lumière de ses évolutions passées et du contexte géopolitique qui l’englobe. Il permet de resituer la propre expérience individuelle de chacun dans une vision totalisante des sociétés et de leur histoire qui en montre la face obscure : le processus de domination impériale de la finance mondialisée sur les Nations. Le plaisir intellectuel de découvrir une conception du monde (Weltanschauung) construite, cohérente et démystificatrice derrière celle que nous impose l’idéologique dominante est comparable à celui que l’on peut éprouver à la lecture des travaux de Karl Marx – à qui Alain Soral emprunte d’ailleurs certains concepts (en particulier dans son chapitre consacré à la lutte des classes) pour les articuler avec ceux d’autres auteurs, notamment Georges Sorel et Pierre-Joseph Proudhon. A la fable de la démocratie bourgeoise, Alain Soral oppose la force des réseaux en montrant que derrière la façade de nos institutions se cache un pouvoir occulte s’exerçant dans l’opacité la plus complète (p.91). Il n’y a de science (politique) que du caché… cet aphorisme de Gaston Bachelard aurait pu servir d’exergue à ce livre iconoclaste.

 Crise de la dette, crises politiques : l’actualité de Comprendre l’Empire

Donner des clés pour comprendre le monde est le propre des ouvrages de philosophie politique. Mais Comprendre l’Empire dépasse cette posture idéaliste et spéculative pour apporter un cadre explicatif à un monde en apparence chaotique. De fait, la plupart des travaux classiques sont des commentaires de l’actualité permettant d’en décrypter la signification après coup. C’est aussi sur ce point que Comprendre l’Empire se distingue de la masse des ouvrages politiques : son écriture a précédé l’actualité qui est venue en valider les thèses, si l’on peut dire. Février 2011, date de sa sortie, ce sont les premiers temps des révoltes du « printemps arabe », c’est 6 mois avant la crise de la dette de l’été 2011 et 18 mois avant l’escroquerie de l’alternance socialiste de 2012. Autant d’événements ou de changements qui n’auront surpris qu’à moitié ses lecteurs de la première heure…

Les révolutions arabes du printemps 2011 ont été lues par des médias dominants comme autant d’élans démocratiques contre des dictatures. Friants de storytelling, les journalistes occidentaux ont célébré unanimement la belle histoire des soulèvements populaires inattendus et spontanés contre des pouvoirs autocratiques et haïssables. Ce fut parfois le cas : de vrais dictateurs, pions de l’occident, ont été chassés du pouvoir par l’insurrection – Hosni Moubarak en Egypte et Ben Ali en Tunisie. D’autres révoltes comme celle du Bahreïn, du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, monarchies pétrolières alliées d’Israël, ont été passées sous silence par les médias dominants et rapidement noyées dans le sang. D’autres, enfin, ne sont que des tentatives instrumentalisées par le bloc occidental d’en finir avec un Islam modéré résistant à l’Empire, avec des succès variables : le renversement de Khadafi a réussi, celui de Bachar el-Assad a jusque-là échoué. Derrière la propagande médiatique occidentale, une évidence : le monde musulman qui refuse le piège du conflit de civilisation est l’un des derniers remparts contre le Nouvel Ordre Mondial (p.216). D’où l’acharnement du bloc atlantiste contre la Syrie, l’Iran et, peut-être demain, contre l’Algérie.

L’été 2011 voit la montée spectaculaire des taux d’intérêts de nombreux pays européens annonciatrice de la crise de la dette. Deux causes : la soumission des États européens aux banques privées, auprès desquelles ils sont contraints de se financer ; le carcan de la monnaie unique qui prive les États nationaux du levier monétaire et donc de toute politique de relance par l’inflation. Deux dates clés : 3 janvier 1973 celle du vote de la « loi Pompidou-Giscard-Rotschild » qui interdit à l’État français d’émettre sa monnaie et signe la fin programmée de nos politiques sociales (p.179) ; 20 septembre 1992 : celle de la victoire du « Oui » au référendum de Maastricht qui généralise la soumission des États à la finance et aux banques privées, et consacre le règne de l’argent-roi en Europe (p.189). Deux raisons pour définitivement ne plus croire à la fable de l’Europe sociale…

 Remettre le monde à l’endroit

 … pas plus d’ailleurs, qu’à celle de l’alternance politique. La gauche de défense du travail contre le capital est morte avec le déclin du PCF de l’après-guerre, et a fait place à une gauche des valeurs ou sociétale totalement au service de la droite financière (p.223). ABCD de l’égalité d’une main, Grand Marché Transatlantique de l’autre… ou comment le courant libéral-libertaire qu’incarne le Parti Socialiste va porter le coup de grâce aux derniers acquis du Conseil National de la Résistance… achevant ainsi de prolétariser les classes moyennes productives, cibles privilégiés de la politique d’austérité menée par l’actuel gouvernement.  Victimes du rouleau compresseur du Capital, elles sont plus que jamais dans le camp du peuple comme l’avait bien vu Alain Soral qui préconisait justement l’alliance de celles-ci avec les couches populaires face au camp mondialiste (p.142). La montée en force du dumping social organisé par Bruxelles démontre une nouvelle fois que la lutte pour le maintien des acquis sociaux passe par le protectionnisme et la défense de l’État-nation : il n’y a d’international que le capital (p.125).

Révolutions arabes en trompe-l’œil – on pourrait d’ailleurs dire la même chose au sujet des révolutions colorées d’Europe de l’Est simples manœuvres occidentales pour affaiblir le contrepoids conséquent à l’Empire que représente la Russie poutinienne (p.217) –, crise de la dette entièrement fabriquée par l’oligarchie mondialiste, fausse démocratie de l’alternance politique, mythe du Progrès… en ces temps de tromperie universelle et de désordre organisé, la soif d’analyses bousculant la propagande des élites, et le besoin de comprendre le chaos du monde se font plus forts. Au vu de l’évolution probable de nos sociétés occidentales, on peut raisonnablement penser que, loin de faiblir, ils continueront à faire de Comprendre l’Empire un succès éditorial durable.

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44 réflexions sur “Comprendre l’Empire : les raisons d’un succès hors-norme

  1. Bravo pour votre excellent article. Au delà des thèses fort pertinentes développées, avec talent et simplicité (« ce qui est clair s’énonce simplement dit-on ») par Alain Soral, l’élément qui m’interpelle le plus dans l’histoire de ce best seller, c’est la perte du pouvoir prescriptif des médias de masse ( y a qu’à voir la défiance des gens vis à vis de ces « merdias »). Voici un livre complètement boycotté qui ont su rencontrer un public grâce au réseau des réseaux. Internet est en train de changer le paradigme de l’information et de la communication.C’est très réjouissant et porteur d’espoirs! D’aucuns reconnaissent que sans Internet, Soral et son ami Dieudonné n’auraient pas pu résister à la mort sociale qui leur était promise. A condition d’avoir le talent, bientôt on pourra se passer du système et ses médias. Ben non, c’est déjà le cas! Bienvenu dans le 21ème siècle.

  2. Monsieur,
    Je tenais à vous remercier pour le compliment que vous me faites en me qualifiant de « critique autoproclamé ». Car je suppose qu’il ne peut s’agir d’une autre intention, de la part d’un fin sociologue (donc d’un expert ès justesse des mots et concepts) qui s’attache à défendre aussi ardemment l’œuvre d’un romancier et d’un essayiste tout aussi autoproclamé, au vu de son cursus.
    À découvrir le touchant bilan comptable de ce succès de librairie, je comprends mieux votre désir de rendre hommage à l’un des rares qui aura eu le courage de le lire jusqu’au bout et, qui plus est, d’en parler. Qui sait ? L’amateurisme de mes analyses aura-t-il peut-être mieux contribué à la diffusion de cet ouvrage que les articles signés par des professionnels, qui se contentent trop souvent de l’éloge creux et de la paraphrase. Sur ce dernier point, je tenais à vous féliciter quant à vos propres qualités rédactionnelles, tant au niveau de la syntaxe que de l’orthographe. Elles donnent un accès direct et clair à la pensée de M. Soral en l’espace, amplement suffisant comme vous le démontrez, de quelques paragraphes. Votre esprit de synthèse vous honore, mais pas autant que cet ultime trait de votre noblesse : voici un critique, alors qu’il écrit bien mieux que le critiqué, qui a la modestie d’en rester le serf ! En nous resituant ainsi tous à notre juste place, vous nous donnez à tous, bloggeurs scribouillards, illettrés et sous-diplômés, une belle leçon d’humilité.
    Une précision cependant, puisque en tant qu’« autoproclamé », je suis sans doute le mieux placé pour m’autorelire : je ne me vois, dans l’article publié sur le Salon littéraire, professer aucune « haine » envers l’ouvrage de M. Soral, à qui je reconnais des qualités (dans d’autres de ses livres, voir à ce propos les troisième et cinquième paragraphes). Pour m’être quelque peu intéressé au genre pamphlétaire (toujours en dilettante, vous vous en doutez), je ne puis simplement pas qualifier de « sommet de la pensée » un texte aussi insuffisant dans son expression, point. Quand l’on a la prétention de se situer dans une certaine tradition française de la polémique, la barre doit être placée plus haut, aussi bien sur le fond que sur la forme. Il est quelque peu fatigant de devoir le repréciser, comme j’ai dû le faire dans les commentaires additionnels de l’article, auprès de lecteurs qui se mettent à écumer dès que l’on écornifle le génie qu’ils prêtent à leur idole.

    Frédéric SAENEN

    • Une fois de plus, je ne comprends pas ce que l’on reproche à Alain Soral et, pour ma part, je trouve son écriture très lisible, parfois un peu sèche mais justement sans fioritures et sans effets de style inutiles (sans gras, si j’ose dire). J’ai lu ce livre jusqu’au bout (et sans aucun mal !) avec plaisir et intérêt en appréciant la hauteur de vue d’Alain Soral et la mise en perspective historique qu’il propose. C’est pour moi, qui vient de l’extrême-gauche marxiste, un esprit fascinant et iconoclaste. Je relirai plus attentivement votre recension qui m’a semblé très négative (et de ce fait, injuste) à la première lecture. Dernière précision : je ne suis le serf (ou le disciple) de personne, pas plus d’Alain Soral que d’un autre, mon long passé de militant m’a lassé du culte de la personnalité. Mais j’avais envie de connaître ce livre, et surtout d’essayer de comprendre les raisons de son succès.

    • J’ai lu votre critique de Soral et n’y trouve effectivement, comme Nicolas Bourgoin, que des appréciations sur le style, mais rien sur le fond. Je comprends que le style soit important pour vous, mais il est clair que ce n’est absolument pas l’objet du livre ; l’auteur annonce d’emblée vouloir faire « incisif » et présenter en quelque sorte ses idées dans la plus parfaite nudité.

      Il est dommage que vous ne compreniez pas l’origine de son succès, qui n’est certes pas la performance littéraire accomplie mais la vision du monde très iconoclaste proposée par l’auteur, reliant entre eux des domaines a priori très éloignés du monde contemporain, mais aussi de l’histoire.

  3. Monsieur,

    Puisque vous en voulez une, voici une critique sur le fond des interventions de Monsieur Soral, qui travaille les aberrations argumentatives de ses « analyses » en vidéo. Je suis très étonné, pour tout vous dire, qu’un démographe qui professe à l’université et qui, normalement, a quelques notions de méthodologie et d’argumentation puisse soutenir que le discours sectaire et imprécateur d’un Soral a un quelconque intérêt, sauf pour des linguistes et logiciens comme Uli Windisch et Chaïm Perelman – lesquels auraient pu en faire un cas d’école…
    J’espère juste que votre réponse sera d’un autre niveau que celui des partisans-miliciens du gourou à qui j’ai eu affaire, qui ont montré les poings, les insultes et les menaces, pas les neurones…
    Quant à « Comprendre l’empire » lui-même, j’en ai commencé le décryptage (et ce n’est pas une formule de rhétorique) puis, y trouvant exactement les mêmes stupidités et les mêmes contresens, je me suis lassé et je suis retourné lire Stein Rokkan, Karl Polanyi et Ivan Illich (entre autres) qui ont vraiment, eux, un discours à la fois cohérent et documenté sur notre monde – histoire de me souvenir qu’il y a des gens qui savent vraiment analyser des évènement avec finesse, nuances, érudition et honnêteté intellectuelle…
    Une remarque encore : je goûte aussi peu les BHL et autres Valls que Monsieur Soral, cependant, cela ne me donne en aucun cas le droit de singer leur imbécilité respectueuse, comme disait Bernanos…

    http://www.juanasensio.com/archive/2013/01/07/empirer-l-incomprehension-alain-soral-frederic-dufoing. (mais ceci n’est qu’une introduction; le reste est plus intéressant)
    Et surtout
    – htmlhttp://www.juanasensio.com/archive/2013/01/09/empirer-l-incomprehension-alain-soral-frederic-dufoing-html.html
    http://www.juanasensio.com/archive/2013/01/14/empirer-l-incomprehension-alain-soral-frederic-dufoing.html

    • dommage que vous n’ayez pas lu le livre jusqu’au bout, on ne peut vraiment discuter que des choses que l’on connaît… C’est le gros problème des antisoraliens : ils attaquent Alain Soral en lui prêtant des idées qu’il n’a pas, faute d’avoir fait l’effort de connaître les siennes, et croient s’en sortir avec deux ou trois pirouettes !

      • J’ai lu comprendre l’empire jusqu’au bout et je peux vous confirmer que c’est un gros ramassis de conneries. Soral raconte simplement ce que les gens veulent entendre (il y a une élite invisible responsable de tous nos malheurs) et ça fonctionne.

    • M. Dufoing, vous parlez du discours « sectaire et imprécateur » de Soral. C’est plutôt au vôtre que ces qualificatifs me font penser, y compris dans les liens que vous nous avez fournis. Je ne me sens, tout comme Nicolas Bourgoin, investi d’aucune mission pour défendre Soral, mais en revanche je me sens extrêmement motivé pour dénoncer les montagnes de mensonges qui l’entourent, qui à eux seuls sont un objet d’étude fascinant. Quand bien même Soral serait creux et inintéressant, il est au moins un fantastique révélateur de ce qui ne va pas dans notre société.

      Je vous suggère par exemple de commenter le contraste entre l’annonce par tous les media, fin mai 2014, du caractère « antisémite » d’une conférence programmée à Lyon sous le titre « les juifs et les autres », et le contenu même de cette conférence à deux voix que vous pouvez dorénavant trouver ici (voir en particulier à partir de 35:45) :

  4. 1) Il faudrait donner l’exemple en lisant les messages correctement : je l’ai lu jusqu’au bout (contrairement à Soral, je fais mon travail correctement); c’est l’écriture de l’analyse que j’ai interrompue après 20 pages et l’envie de relire de toute urgence Leroy-Ladrurie et mes vieux cours d’institutions de l’ancien régime tant les fadaises et les erreurs historiques s’accumulaient sur l’Ancien Régime (et je ne parle même pas d’ l’histoire de la finance (il y a un excellent ouvrage chez Vuibert à conseiller à Monsieur Soral);
    2) Avez-vous, vous, lu mon analyse des vidéos de Soral jusqu’au bout et qu’avez-vous à y répondre ? Comment pouvez-vous justifier de trouver intéressants des sophismes ou des raisonnements boiteux, voire contradictoires ? Des définitions vagues ou qui changent au fil du texte (autre forme de sophisme, d’ailleurs) ? Comment pouvez-vous prendre au sérieux un écrit qui ne cite pas ses sources, ne donne aucune preuve de ce qu’il affirme et même trahit les propos d’auteurs qu’il cite ou dont il se réclame (ce qui pour moi est par dessus tout impardonnable, un exemple plus bas) ? Est-ce que, vraiment, Soral vaut une minute de votre temps au regard de Stein Rokkan ou de Karl Polanyi ou d’André Gorz ou encore d’Ivan Illich ?
    3) A moins d’être complètement vissé à sa dissonance cognitive, n’importe qui peut comprendre que Soral est tout simplement une insulte au bon sens, une imposture marketing et quand vous filez, remontez les « raisonnements » du gourou, vous arrivez toujours au même point : une clique de méchants par la culture, généralement des juifs, parfois aussi des protestants; pas de processus chez Soral, juste des origines, des origines qui fondent tout, justifient tout, causent tout, expliquent tout…
    Vous qui êtes démographe, ne savez-vous pas qu’aucun phénomène n’a qu’un seul facteur explicatif ?

    Pour ne donner que deux exemples des stupidités de Soral (les meilleurs sont dans les liens au dessus, si vous vous donnez la peine), je cite un extrait de mes notes sur le texte de Soral (ce sont des notes non relues, pas un texte définitif, donc pardon pour le style) :
    « Ainsi le communisme, qui fait primer le collectif et l’échange non marchand sur l’intérêt égoïste au coeur de la logique libérale, est-il un retour, malgré son anti-religiosité affirmée, à la mentalité chrétienne. Une parenté évidente du communisme et du message du christ – souvent mal identifiée par les spiritualistes à cause de leur mauvaise compréhension de ce que Marx entendait pas matérialisme et qui n’a rien à voir avec le matérialisme bourgeois – qui est l’explication majeure de la grande séduction qu’opéra le communisme sur les peuples d’Europe, y compris le peuple russe orthodoxe, notamment Tolstoï. » (p. 68). Ce passage illustre parfaitement la méthode soralienne, à la fois superficielle et malhonnête, de traiter les faits et les concepts. Reprenons ce que ce passage implique :
    – le communisme fait primer le collectif et l’échange non marchand : on peut supposer, d’après le contexte du passage, que Soral évoque le communisme soviétique; par contre, on ne sait pas trop – en particulier si le communisme évoqué est bien celui de l’Union soviétique – ce qu’il entend par le collectif (le parti ? L’Etat ? l’ensemble de la population ? Le prolétariat ? Le prolétariat, le lumpenprolétariat et la petite bourgeoisie ?); cette vision vague du collectif correspond du reste assez bien au fameux intérêt général des libéraux… Aussi, monsieur Soral est-il plus libéral qu’il ne l’imagine. On ne sait pas davantage, dans ce cadre, ce qu’est un échange non-marchand (le troc ? le don sans contre-don ? le don avec contre-don ? Un échange démonétarisé ? un échange sans souci de former une plus value ? un échange sans bénéfice ?…); on peut espérer que Monsieur Soral sait que l’économie soviétique n’était ni démonétarisée, ni basée sur le troc (sauf si l’on considère comme un troc l’économie d’extorsion et de spécialisation instaurée par la domination russe), ni sur le don, quelle qu’en soit la forme, et que la plus value au sens marxien y existait encore, à cette différence près que c’était l’Etat, plutôt qu’un patron privé, qui la percevait en tant que possesseur des moyens de production, et que ce même Etat fixait les prix tout autant qu’il planifiait bureaucratiquement la demande, donc l’offre…
    – le communisme est antireligieux : si le communisme auquel il est fait référence est le communisme soviétique, il professait généralement une forme d’athéisme matérialiste (par opposition au spiritualisme, le matérialisme au sens philosophique est la croyance que tout provient de la matière au sens physique) et un anticléricalisme opportun (quoique que tout de même pragmatique); par contre, affirmer que le communisme fut antireligieux est une absurdité : il instaura la religion de l’Etat, du progrès technique et du productivisme. En effet, si, grosso modo, une religion est un ensemble de croyances ayant pour centre une surnature (pas nécessairement un dieu) et des rites permettant la communion des membres de la communauté et des individus avec la surnature1, alors le communisme soviétique fut (à l’instar du consumérisme libéral aujourd’hui) une religion et, pour les chrétiens, une de ces idolâtries tout autant qu’une de ses marques d’orgueil prométhéen dénoncées au fil des catastrophes bibliques et, notamment, dans la parabole du Lys, puisque la croyance au progrès, qui se ritualise pour les communistes soviétiques dans les parades de parti, la productivité et l’activité technoscientifique, détourne l’homme de dieu, l’empêche de s’abandonner à lui. Pour rappel, et si l’on considère les communismes non-marxistes, l’histoire des religions fourmille de communautés religieuses communistes, c’est-à-dire sans propriété privée des moyens de production (en générale, sans propriété foncière) ou avec de sérieuses limitations de celle-ci; ainsi Thomas Muntzer et les anabaptistes, une partie des Doukhobors, certaines communautés fraticelles, etc.
    – le communisme est marxiste : aucun communisme n’est marxiste, et cela pour une raison très simple : Marx n’a JAMAIS expliqué le fonctionnement d’une société communiste (le Manifeste du parti communiste est plus que sommaire quant à son projet de société); son travail fut de décrire et de dénoncer celui de la société capitaliste et industrialiste de son époque.
    le Christ a défendu une vision économique communiste : s’il est des valeurs défendues par le Christ qui peuvent impliquer une logique de mise en commun des moyens de production ou des biens matériels en règle générale, et si de nombreux réformateurs chrétiens l’ont entendu ainsi, on peut aussi comprendre le message christique comme purement religieux, donc excluant le projet socio-politique (rendez à César…) ou carrément conservateur puisque lorsqu’il chasse les marchands du temple, il ne les chasse que du temple, séparant ainsi ce qui est de l’ordre de la religion et ce qui est de l’ordre du commerce. A vrai dire, le peu que l’on sait de la vision économique du Christ se rapprocherait plutôt de celle de l’écologisme. Une chose est sure, pourtant : le Christ n’était absolument pas soviétique. Au passage, juger du projet politique du christianisme sur la seule parole christique, c’est oublier que le christianisme, depuis la fin des marcionites et des gnostiques en général, c’est l’articulation de l’Ancien et du Nouveau Testament. Il n’est pas interdit de reléguer l’Ancien testament aux oubliettes, mais alors, Monsieur Soral, on n’est pas chrétien…les spiritualistes sont nécessairement chrétiens : c’est ce que l’on peut déduire du flou artistique de ce passage. Il va de soi que ce n’est absolument pas le cas. On peut même être spiritualiste et athée, c’est-à-dire considérer que tout n’est pas réductible à la matière physique, comme le défendait Bergson (qui n’était pas athée) et une multitude d’autres philosophes avant et après lui…
    – le matérialisme de Marx n’a rien à voir avec le matérialisme bourgeois : effectivement, si par « matérialisme bourgeois » on fait référence au sens commun du terme matérialisme, c’est-à-dire l’amour de l’accumulation des biens matériels; Marx, lui, est matérialiste au sens philosophique et, si j’ose dire par extension, sociologique du terme : tout provient de la matière, en ce compris les logiques de production et les classes sociales.
    – les peuples d’Europe sont chrétiens : on peut le déduire en remontant le syllogisme soralien suivant : (prémisse 1) le communisme est proche du christianisme; (prémisse 2) les peuples européens sont chrétiens; donc les peuples européens sont séduits par le communisme. Outre que, on vient de le voir, la prémisse une est fausse et que la conclusion n’est soutenue par aucun fait (que je sache, peu de peuples, même – surtout – ceux soumis aux régimes communistes, furent et a fortiori sont encore séduits par le communisme), la deuxième prémisse est une induction abusive, donc un sophisme : non seulement il existe des peuples européens non-chrétiens (entre autres, athées, musulmans, juifs, agnostiques, etc.) mais en plus on ne peut pas déduire – sauf à amener une preuve – que parce que deux théories se ressemblent, les partisans de l’une adoptent plus facilement l’autre. Monsieur Soral n’a pas encore compris que les différences, mêmes infimes, sont rarement négligeable. Et souvent déterminantes Un seul exemple, parmi tant d’autres : aux origines du christianisme, juifs et chrétiens ont plus de valeurs et de croyances communes que de divergences… Et pourtant… !
    – les peuples d’Europe ont été séduits par le communisme : si même on entend par peuple ce que Monsieur Soral nous en dit plus haut : un ensemble reprenant prolétariat, petite et moyenne bourgeoisie, il faut (là encore pour ne prendre qu’un seul exemple) qu’il m’explique les émeutes de 1934 ou le boulangisme…
    – Tolstoï est un exemple du peuple russe et a été séduit par le communisme : socialement, c’était un aristocrate et un propriétaire foncier plutôt riche; il est donc très très peu représentatif du prolétariat et de la petite et moyenne bourgeoisie; c’était aussi, faut-il le rappeler, un individu plus que singulier (et à mes yeux admirable), végétarien, anarchiste (il s’opposait d’ailleurs aux thèses socialistes et étatistes en tout genre), non-violent, critique de la propriété foncière, bouleversé par les conditions de vie misérables des paysans russes, défenseur des Doukhobors, groupe de chrétiens non violents, comparables aux Quackers, etc.; il n’était cependant pas assez singulier pour connaître le communisme soviétique en tant que zombie : il est mort en 1910…

    Un deuxième extrait de mes notes, à propos de Péguy :
    Soral mentionne avec enthousiasme Péguy; faire croire à une sorte d’apparentement avec cet auteur lui est très utile parce qu’il était catholique, très critiques vis-à-vis de ce qu’il appelait les « anarchistes d’Etats » (la caste des clercs universitaires que ne cesse de dénoncer1 le copycat Soral), petit bourgeois, défenseur d’un socialisme par bien des aspects anarchisant et patriote (engagé volontaire qui fut tué d’ailleurs en 1914). Cette volonté de faire croire à une proximité idéologique avec Péguy, et donc de jouir de son capital intellectuel, est particulièrement insupportable et malhonnête pour une raison très simple : le grand combat de Péguy, celui qui a forgé sa réflexion morale, religieuse et politique, ce fut la défense de Dreyfus, cela au nom de valeurs qu’ils considéraient comme à la fois chrétiennes et républicaines et contre tout usage politique de cette cause (qu’il reprochait, à tort me semble-t-il, à Jaurès). Or, p. 95, Soral non seulement vomit sur ce combat et sur Dreyfus, mais en sus en fait une interprétation et un usage politique absolument opposés à tout ce en quoi croyait Péguy, lequel, contrairement à Soral, était capable de comprendre que le déshonneur de l’institution militaire ne résidait pas dans la reconnaissance de son erreur (le procès truqué de Dreyfus) mais dans le fait de la commettre, c’est-à-dire d’accuser un homme que tout désignait comme innocent et sous prétexte de son origine. Il est vrai que – on l’a déjà vu – pour le grand sociologue Soral, aucune preuve valide n’est assez forte, assez juste, assez véridique en face de l’origine d’un individu : vous n’êtes pas ce que vous faites ou ce que vous pensez, vous n’êtes que ce que votre « sang », votre groupe social ou culturel dit (selon Soral) de vous. Aussi, dans la logique du même Soral, si vous faites quelque chose ou défendez une cause qui ne correspond pas avec ce que votre origine est censée impliquer, vous êtes, soit un idiot utile (vous renforcez le système que vous combattez par votre fonction effective en son sein), soit une exception qui confirme la règle et donne lieu, à des omissions innombrables (c’est le cas pour Péguy) ou à pirouettes dialectiques soraliennes absolument réjouissantes.
    Citons, au passage, un autre exemple d’appropriation malhonnête de l’aura d’un penseur : Bakounine est convoqué comme un maître à penser de Soral, au même titre que Proudhon ou Sorel; seulement voilà : Bakounine est un anarchiste qui refuse un quelconque pouvoir à l’Etat et à l’institution religieuse, déteste toute forme de hiérarchie… Bakounine, c’est pour ainsi dire l’antithèse d’un Soral, lequel défend, on le verra, la théocratie, la hiérarchie, les castes, etc.

    • « pour le grand sociologue Soral, aucune preuve valide n’est assez forte, assez juste, assez véridique en face de l’origine d’un individu : vous n’êtes pas ce que vous faites ou ce que vous pensez, vous n’êtes que ce que votre votre groupe social ou culturel dit (selon Soral) de vous. »

      Vous faites là un contresens absolu : si Soral parle du caractère déterminant du « sang », c’est évidemment pour le déplorer : c’est un antiraciste et un universaliste totalement intransigeant, qui répète inlassablement qu’on DOIT juger les individus à leurs actes et à rien d’autre.

      Par ailleurs vous affirmez que Soral « vomit » sur Dreyfus p.95 de son livre ; c’est absolument faux. Je n’ai pas (encore) lu le livre mais l’ai devant les yeux. Voici exactement ce qu’il écrit (je cite l’intégralité du passage consacré à l’affaire Dreyfus) :

       » Au-delà du drame individuel lui-même : une banale affaire d’espionnage dont l’Histoire n’aurait rien retenu si l’accusé n’avait pas été juif (comme le faisait déjà remarquer à l’époque Jean Jaurès avec agacement, malgré son dreyfusisme), cette « affaire » est la première du genre.

      Montée à grand renfort de publicité pour sa puissance symbolique (le J’accuse de Zola dans L’Aurore de Clémenceau), elle marque la prise de pouvoir du puissant réseau des médias sous contrôle de l’argent et s’appuyant sur les clercs – soit les nouvelles figures de l' »intellectuel » et du « politicien », nouveaux oratores – sur celui du corps des officiers et de l’armée.

      Une armée française, dernier refuge et dernier lieu de pouvoir de la noblesse et de l’esprit aristocratique (bellatores), discréditée par cette affaire aux yeux du « grand public » ; autre nouvelle figure consubstantielle des médias, de l’intellectuel et du politicien professionnel.

      Une présence de l’aristocratie dans une armée matée, encore résiduelle aujourd’hui dans la Marine, appelée avec nostalgie la « Royale »… « 

      • Les raccourcis de Soral sur la pauvre armée « matée » par l’affaire Dreyfus sont ridicules. Je passe sur la nostalgique « Royale » aujourd’hui qui n’est qu’un poncif. Le problème avec ceux qui lisent Soral c’est qu’ils ne lisent et n’écoutent que lui…

  5. C’est une critique effectivement argumentée… dommage que l’on ait pas cette même vigilance ou acuité critique à l’égard des essais politiques dans l’air temps qui sont régulièrement encensés par les médias dominants… Quant aux vidéos de Soral, elles sont hors sujet, c’est de son livre dont il est question. Je précise que je n’ai pas voulu en faire une analyse critique, mais simplement apporter des éléments qui permettent de comprendre son succès commercial. J’ajoute que je ne suis pas Soralien (ni anti-Soralien d’ailleurs) et totalement indépendant des chapelles ou des gourous qui font l’opinion dans la communauté « dissidente ». Mes idées personnelles sont résumées dans un livre dont vous trouverez l’analyse critique en première page de ce blog et elles n’ont que peu à voir avec celles qu’Alain Soral développe dans son livre.

  6. j aime la pensee de soral car couillue quoi qu un peu par trop spectaculaire

    soral est honnete militant drape d un air dandy facon XIXe en avance sur le XXIe qui trouve sa voie dans le juste et dans le banissement des forfaitures

    un chemin mediant qui le pouse dans les extremes ballote dans la tempete des mises a l index par ceux qu il affiche pour mieux les combattre les oligarques conspirants dont les complots decries trahissent leur mauvaise oeuvre de moins en moins secrete

    bref il y a bien des trolls du web a la jeff berniais pour s opposer surtout dans la forme et mentir sur le fond de la pensee de soral en deformant ses propos ecrits comme l a si clairement montrer psycho dans son commentaire

    mais ceux la finiront un jour par comprendre que leur verbiage sophistique conforte par contraste les pensées honnetes et simples des auteurs comme soral ou bourgoin qui sont aussi libre et independant l un de l autre que de l emprise imperiale de ce diktat capitaliste ambiant qui seduit presque plus personne

    • pardon c est po bernier que je visait c est dufoing le troll menteur

      pour l instant j ai rien contre bernier j ai rien lu des 19 pages d un cru inegale d apres lui il garde donc le benefice du doute

  7. Réconciliation nationale ou choc des civilisations ? – Nicolas Bourgoin

  8. Réconciliation nationale ou choc des civilisations ? par Nicolas Bourgoin | Des fois jsuis parano

  9. Dieudonné à Pau : le triomphe d’une bête sacrée | Éloge de la raison dure

  10. « Derrière la propagande médiatique occidentale, une évidence : le monde musulman qui refuse le piège du conflit de civilisation est l’un des derniers remparts contre le Nouvel Ordre Mondial (p.216). »…
    _________________

    C’est certainement pour ça que les musulmans ne pensent qu’ à fuir leurs pays pour aller par millions en Europe ou aux USA… C’est sûr que lorsque la « résistance » au soit disant « Nouvel Ordre Mondial » se fait à coup de décapitations et de crucifixions contre tout ce qui n’est pas hallal, ça ne donne pas trop envie de rester même pour les musulmans… Ah mais c’est vrai, où avais-je la tête ! ce ne sont pas de vrais musulmans mais les marionnettes des sionistes et de leur Nouveau Blabla Mondial…

    Vous ne comprenez vraiment pas que les propos de Soral ne sont qu’eux aussi de la propagande pour sa chapelle ? Soit le national-socialisme à la française de l’ex-Cercle Proudhon qui réunissaient pour la première fois des hommes de droite et de gauche ? Ce fascisme français qui se considérait comme le seul véritable et primo fascisme avant qu’il ne triomphe en Italie ? C’est pourtant exactement de cela dont se réclame Soral ouvertement. Où pensez vous qu’il soit allé chercher son slogan « gauche du travail, droite des valeurs » ?

    Soral n’a jamais rien inventé ni conceptualisé, il ne fait que du recyclage avec un peu de talent voilà-tout. Sa « thèse » n’ a donc rien de nouveau et elle est toujours aussi simpliste que grossière : à partir de 1789 la Banque prend le pouvoir pour commencer à y installer sa dictature planétaire, la Banque c’est les judéo-protestants, donc les judéo-protestants, devenus entre-temps les « sionistes », veulent dominer le monde. CQFD !

    Est-il nécessaire de rappeler que Soral se réclame aussi du catholicisme ? Tant qu’ à faire du moment que ça n’est pas « vétéro-testamentaire »…

    Sauf qu’un banquier ne cherche pas à instaurer la « Dictature » d’un « Nouvel Ordre Mondial » mais plus prosaïquement à gagner de l’argent…Oui je sais ça peut paraître mesquin et moins passionnant que les grands mots ronflants mais c’est la réalité.

    En revanche dans l’histoire ce sont bien des dirigeants politiques communistes, fascistes et nazis qui voulaient un homme nouveau dans un nouvel ordre mondial…

    • Visiblement, il vous reste du boulot pour comprendre dans quel monde on vit. Et par exemple, qu’il n’y a pas eu le moindre « terroriste islamiste » pour détourner des avions dans le symbole (un peu démodé déjà) du capitalisme triomphant le 11 septembre 2001.

      • toute la nuance entre un soral savant de ses connaissances tirees de son vecu avec ses limites mais sincere et des erudits qui croient de bon ton de critiquer de travers interpretant l exegese de ses textes comparee au marxisme ou autres enluminures gauchos

        pour evoquer la pensee marxonnique omettant la luxembourgeoise bien entendue

        bref d ailleurs sur le fond les racailles banquesteurs ou banc quiet usurier veulent plus que gagner de l argent meme voler celui de leurs creanciers les deposant

        ils ont monopolise la creation monetaire et abusivement detourne la finance globale la vampirisant a leur seul profit pour accaparer le pouvoir et s installer aux commandes de l empire mondial

        c est justement ce que dit soral dans un discours empirique bien construit et etaye

        visionnage tres interessant clararifiant son discours

        http://www.egaliteetreconciliation.fr/Soral-repond-l-emission-du-17-mai-2015-en-acces-libre-33325.html

        je suis en accord sur presque tout a part sur la bretagne unie apres l eviction angloise mais independante sur le genre comme norme volontairement accepte et sur le tennis comme combat distancie et symbolique bien plus noble que tout les bourre pifs du monde

        3 ou 4 points de details dus a la censure ou l ignorance de faits ce qui arrive a chacun d entre nous

        bref hormis des details historiques normatifs ou sportifs la pensee soralienne fait date dans l histoire militante a l inverse de celles ses contradicteurs qui se liquefient de non sens incoherent in con sciemment sans doute c est a leur souhaiter ainsi qu une longue route sineuse

  11. Alain Soral, bac en poche, études de socio non terminées et livre d’histoire pas finis, auto-proclamé maître du logos eschatologique depuis qu’il s’est fait virer du FN, nous dit que l’empire financier est uni secrètement aux réseaux pédocriminels satanistes dans le but de dominer le monde par l’argent et le mensonge afin de détruire les valeurs saines et jumelles de l’islam et du Christ (?…?) Ca sent un tout petit peu la récupération banlieusarde au service d’un propos antisémite de base… Inepties historiques, analyses baroques, sentiment de persécution, paranoïa, mégalomanie de cet homme à moitié inculte mais doué d’une assez grande éloquence… Classique.

    • Ce qui est très classique, c’est surtout la réponse d’un type inculte et très mal informé sur les écrits et la pensée d’Alain Soral, prêt à gober toutes les charlitudes pour ne pas sortir de son petit confort de pensée personnel et portatif, et ceci même si les événements contemporains prouvent chaque jour un peu plus que ce confort est bâti sur le mensonge (d’un côté) ou la bêtise et la paresse intellectuelle (de l’autre). Et qu’inversement, Alain Soral fait partie de ceux qui voient loin et juste.

      Revenez quand vous aurez de véritables arguments.

    • Alain Soral est parfaitement autodidacte, il n’a jamais passé le bac, il n’a pas fait socio (bien qu’il ait donné des cours en sociologie de la mode) mais l’École des Beaux-Arts et il a quitté le FN de son plein gré.Vous semblez bien mal le connaître

      • Eh bien je préfère de loin des autodidactes comme lui que certains surdiplômés sans cervelle ni esprit critique que je côtoie tous les jours ! Il existe des crétins de luxe à bac +12 !

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