Valls : faux socialo, vrai facho

Décidément, en matière de provocations gratuites Manuel Valls est un multirécidiviste. Depuis sa nomination au Ministère de l’Intérieur, on ne compte plus ses diatribes islamophobes suscitant des désapprobations jusque dans son propre camp politique. Plus que jamais dans le collimateur : les Roms et les étrangers. Dans un entretien au quotidien « Le Figaro »  vendredi 15 mars, Manuel Valls estimait déjà que les Roms vivant dans des campements « ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution ». Aujourd’hui, même son de cloche : ils ont vocation à retourner chez eux, en Bulgarie et en Roumanie. En matière d’expulsions, il poursuit sans vergogne la politique de ses prédécesseurs : rafles d’écoliers et politique du chiffre. Mais qui est donc Manuel Valls ?

Né à Barcelone en 1962, naturalisé en 1982, à la fois Maire d’Evry et député de l’Essonne entre 2002 et 2012, Manuel Valls rentre à 18 ans au PS où il milite dans le courant rocardien de la « deuxième gauche » libérale et antimarxiste. Également militant au syndicat UNEF-ID à cette période, il fait la connaissance d’Alain Bauer et de Stéphane Fouks avec lequels il conservera des liens d’amitié politique et personnelle (il est notamment le parrain de l’un des enfants du premier). Ses convictions sont déjà bien peu « socialistes ». En 1985, il quitte la Ligue des droits de l’homme pour protester contre l’opposition de l’organisation à l’extradition des membres de l’ETA par le gouvernement socialiste français vers l’Espagne (voir ici).

Partisan de la première heure d’une évolution droitière, « blairiste » ou « clintonienne », du PS, il se distingue par ses appels à la refondation de ce parti (et à son changement de nom) dans un rassemblement plus large incluant des hommes et des femmes comme Dominique de Villepin, François Bayrou ou Corinne Lepage. De fait, ses prises de position marquent une nette rupture par rapport à l’orthodoxie socialiste : hostile aux 35 heures qu’il souhaite « déverrouiller » ainsi qu’au projet de dépénalisation de cannabis proposé par Daniel Vaillant, il est revanche favorable aux quotas d’immigration et à l’amendement instituant le délit d’outrage au drapeau tricolore et à l’hymne national pour lequel il a voté en janvier 2003. Il est de tous les mauvais coups contre le monde du travail : favorable au contrôle par la Commission européenne des budgets nationaux, il vote en février 2008 pour la réforme de la constitution permettant la ratification du traité de Lisbonne,

Mondialiste – il participe régulièrement aux réunions du groupe Bilderberg et appartient au club Le Siècle –, franc-maçon, sioniste, économiquement libéral mais politiquement autoritaire, populiste et islamophobe, on peut se demander si Manuel Valls n’incarne pas à lui seul une évolution profonde du PS vers un modèle à la fois social-libéral et ultra-répressif. Fort avec les faibles, faible avec les forts : un PS entièrement soumis aux diktats de la finance internationale, loin, très loin, de l’époque où la gauche essayait.

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