Trappes : ce que le voile dévoile.

Les échauffourées récentes du quartier des Merisiers à Trappes, largement médiatisées, sont la énième répétition d’un scénario déjà bien rodé : un contrôle d’identité musclé est effectué par des forces de l’ordre agissant en territoire conquis, les intéressés se rebiffent, certains sont placés en garde à vue, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre, les jeunes attaquent le commissariat du quartier et s’en prennent au mobilier urbain, les renforts de police affluent… et c’est l’escalade. Fait aggravant : la personne contrôlée par la police portait le voile intégral. Symbole du communautarisme islamique et de refus de l’ordre républicain, le voile représente une menace sérieuse pour les élites politiques dominantes qui ont fait de son éradication une priorité expresse. La dernière loi en date, celle du 20 octobre 2010 interdisant le port du voile intégral, à l’origine directe des événements de Trappes, est symptomatique de la vision néo-coloniale qu’elles ont des classes populaires issues de l’immigration.

La communauté musulmane vivant sur le sol français est régulièrement stigmatisée par les élites politiques et les experts et identifiée à une menace associée au terrorisme, aux trafics ou à l’intégrisme religieux. Cette tendance s’est affirmée depuis une vingtaine d’années et aujourd’hui la population maghrébine est érigée au rang d’un véritable ennemi intérieur, stigmatisation qui témoigne de la prévalence des politiques assimilationnistes[1]. Les discours alarmistes et racistes sont relayés par les mass media qui font pression auprès des instances gouvernementales pour le durcissement des mesures de contrôle de l’immigration et pour le renforcement de la protection de la population, parfois en lançant de véritables campagnes pour l’expulsion des immigrés clandestins. Ce rejet de la communauté musulmane prend la forme d’une stigmatisation de ses attributs identitaires religieux, en particulier du voile islamique qui a fait l’objet de nombreuses campagnes médiatiques depuis la fin des années 1980[2] lors de la montée en force du FIS en Algérie.

Les multiples « réflexions » ou « conventions » sur la réglementation du port du voile, dont les conclusions sont invariablement les mêmes, sont l’exemple type du débat-écran dont la fonction est de masquer les problèmes réels (recul des services publics et développement du chômage et de la précarité, en particulier dans les quartiers populaires) en présentant un bouc émissaire parfait c’est-à-dire visible, fragile et isolé. Elles sont a chaque fois l’occasion de réactiver la figure de l’ennemi intérieur socio-ethnique. Cette manipulation politico-médiatique a notamment été utilisée en mars 2004 au moment même où l’État-providence subissait de violentes attaques (démantèlement des services publics, baisse de la protection sociale) et ce tout en divisant les forces progressistes, une partie des organisations politiques ou syndicales de gauche et d’extrême-gauche ayant pris position pour l’interdiction du voile sous couvert de « défense de la laïcité ». A cette occasion, la chasse aux élèves voilées a été pour les enseignants à la fois un exutoire et une revanche contre la défaite du mouvement d’opposition à la réforme des retraites du printemps 2003 et plus généralement contre les politiques d’austérité touchant l’institution scolaire, ainsi qu’un moyen de réaffirmer leur autorité mise à mal par la dégradation continue de leurs conditions de travail.

Ces attaques sont révélatrices du regard que portent les élites politiques en particulier et la bourgeoisie en général sur les populations issues de l’immigration post-coloniale[3]. De ce point de vue, les multiples « débats » sur le voile ou la laïcité ont eu pour effet de normaliser l’islamophobie et de marquer l’avènement d’un racisme d’État[4] qui s’est institutionnalisé avec les lois interdisant le port du foulard[5] et celui de la burqa (dans ce dernier cas, la contrevenante s’expose à une amende de 150 euros et se voit soumise à l’obligation de suivre un stage de citoyenneté). Cet impérialisme culturel est facteur de stigmatisation des anciens peuples colonisés considérés comme sous-humanisés, réduits au statut de serviteurs dociles et « invisibles » devant renoncer à leurs attributs identitaires et sommés de se soumettre aux lois de la République. Cette violence symbolique ne manque pas d’évoquer la fameuse cérémonie du dévoilement à Alger[6]. La réaffirmation légale des « principes républicains » conduit au rejet des musulmans récalcitrants  – « se dissimuler le visage, c’est porter atteinte aux exigences minimales de la vie en société[7] » – par un processus raciste de normalisation de l’espace public qui tend à exclure les manifestations visibles de la religion musulmane d’un nombre croissant de lieux : pour le port du voile : les écoles (y compris devant les établissements), les cantines publiques, les piscines, les services publics, et même l’espace para-familial avec le proposition de loi visant à étendre l’obligation de neutralité des professionnels de la petite enfance adopté par le Sénat le 17 janvier 2012 ; pour celui de la burqa : la totalité de l’espace public… Cette politique répressive qui tranche avec la relative tolérance dont bénéficiaient les populations maghrébines au début des années 1980 est le symptôme parmi d’autres d’une fascisation rampante de notre société[8]. Les attaques gouvernementales contre la pratique religieuse des musulmans sous prétexte de défense des « valeurs républicaines », d’affirmation des « racines juives de la France[9] » ou « d’héritage de la chrétienté[10] » se sont encore intensifiées depuis 2007 à tel point qu’une partie de la droite a fait sécession sur cette question en refusant de participer au dernier débat en date sur la laïcité. Cette dernière convention sur l’islam et la laïcité s’est tenue à Paris en avril 2011, au moment même où le gouvernement français envoyait des troupes en Lybie – intervention militaire crûment qualifiée de croisade par le ministre Claude Guéant[11], lequel récidivera d’ailleurs moins d’un an plus tard en affirmant que « toutes les civilisations ne se valent pas »[12]… Elle a  débouché sur 26 propositions regroupées dans un « code de la laïcité » encadrant les tenues, les signes et les pratiques religieuses et visant à faire respecter la neutralité des services publics vis-à-vis des religions, plus généralement à faire prévaloir les lois « républicaines » sur les lois religieuses. Étaient visées en particulier les pratiques religieuses des musulmans considérées comme menaçantes pour l’ordre public (prières de rue, abattage rituel, port de signes religieux, refus de soins dans les hôpitaux,..). Ces campagnes idéologiques ont pour effet d’exacerber le racisme anti-musulman dans la population française dont l’intensité progresse nettement depuis une dizaine d’années[13]. Selon le rapport du Collectif Contre l’Islamophobie en France, les agressions physiques ou verbales contre les musulmans ont augmenté de 72 % en 2011 par rapport à l’année précédente. Depuis 2005, leur fréquence a été multiplié par 6 dans un contexte, il est vrai, d’amélioration technique de leur dépistage[14].

Le rôle de bouc émissaire endossé par le musulman a une triple fonction : resserrer symboliquement le tissu social autour du rejet d’une victime de substitution, minimisant les clivages de classe au profit de « différences culturelles » séparant les « Français musulmans » des « Français de souche », affaiblir la combativité de la classe dominée en la divisant et produire un écran idéologique occultant le fonctionnement réel de la société, notamment le parasitisme de la grande bourgeoisie et la politique de classe de l’État, tout en offrant un défouloir aux frustrations sociales. Le racisme qui, selon les mots de Sartre, « permet aux serviteurs de communier avec leurs maîtres » en masquant la question sociale par la question ethnique, est un auxiliaire indéfectible de la classe dominante.

(Extrait remanié de mon livre La révolution sécuritaire (1976-2012))


[1] Voir V. Geisser, La nouvelle islamophobie, Éditions La Découverte, 2003.

[2] Voir P. Bourdieu, « Un problème peut en cacher un autre. Sur l’affaire du foulard islamique » in Interventions 1961-2001, p.304.

[3] P. Bourdieu, « Un problème peut en cacher un autre. Sur l’affaire du foulard islamique », op.cit.

[4] Voir P. Tévanian, Le racisme républicain. Réflexions sur le modèle français de discrimination, L’esprit frappeur, 2002.

[5] Loi encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics du 3 mars 2004.

[6] Voir H. Bouteldja, De la cérémonie du dévoilement à Alger (1958) à Ni putes, ni soumises : l’instrumentalisation coloniale et néo-coloniale de la cause des femmes, lmsi.net, 20 juin 2007.

[7] Circulaire relative à la loi n° 2010-1192 du octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.

[8] Voir « Voile islamique » in P. Tévanian et S. Tissot, Dictionnaire de la lepénisation des esprits, L’esprit frappeur, 2002, pp.327-339.

[9] Sarkozy au dîner du CRIF, 10 février 2011.

[10] Sarkozy au Puy-en –Velay, 3 mars 2011.

[11] Le Figaro, 22 mars 2011.

[12] AFP, 5 février 2012.

[13] Perception du racisme dans l’opinion publique, CNDH, Institut TNS/Sofres, 2011.

[14] Rapport sur l’islamophobie en France, CCIF, 11 avril 2012.

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34 réflexions sur “Trappes : ce que le voile dévoile.

  1. Oui il y a de réels problèmes que ce « débat » masque (services publics, chômage…etc). Oui les les musulmans servent de boucs émissaires, et la question est récupérée par certains politiques sans scrupules.
    Cela n’empêche pas de considérer qu’une personne entièrement voilée par une burqa, c’est en effet contraire aux valeurs de la république. Que les prières de rue (catholiques comme musulmanes) n’ont pas à exister.

    > « des forces de l’ordre agissant en territoire conquis »
    Qu’entendez vous par territoire conquis ? Les forces de l’ordre ont tort d’aller dans certains endroits ?

    > « le voile représente une menace sérieuse pour les élites politiques dominantes »
    C’est totalement contradictoire avec la suite de votre article, où vous expliquez que le voile leur est justement bien utile.

    > « une partie des organisations politiques ou syndicales de gauche et d’extrême-gauche ayant pris position > pour l’interdiction du voile sous couvert de « défense de la laïcité » »
    « Sous couvert de » ? Voulez vous dire que ces organisations sont racistes sans l’avouer ?

    > la chasse aux élèves voilées a été pour les enseignants à la fois un exutoire et une revanche
    J’aimerais que vous illustriez ou justifiiez cela. C’est un peu facile d’accuser en bloc les enseignants de se défouler contre les faibles saus preuve ni même exemple !!

    • Ce que je mets en cause, c’est l’attitude des forces de l’ordre (néo-coloniale et raciste) en particulier celle de la BAC (voir le travail de Didier Fassin). Le voile est à la fois un symbole de refus de l’ordre républicain et un outil d’asservissement de certaines populations immigrées dont la bourgeoisie peut tirer des bénéfices (le réel est parfois contradictoire). Le racisme est partout, y compris à l’extrême-gauche (LO en est un exemple). Défendre la laïcité c’est bien mais quid du port de la kippa ? Apparemment ça ne gêne pas nos élites politiques et nos humanistes de gauche (étonnant non ? comme aurait dit Pierre Desproges). Enfin, je n’accuse pas les enseignants mais ils sont les victimes prioritaires des politiques libérales menées en France depuis 30 ans. Ils sont tentés de rechercher des boucs émissaires, des personnes plus faibles qu’eux-mêmes en l’occurrence des élèves issus de l’immigration au lieu de s’en prendre aux élites qui les oppriment.

      • > Le voile est à la fois un symbole de refus de l’ordre républicain et
        > un outil d’asservissement de certaines populations immigrées dont la
        > bourgeoisie peut tirer des bénéfices (le réel est parfois contradictoire).

        Et donc concrètement sur la burqa, quelle loi proposez vous pour dépasser cette contradiction et apaiser les choses ? Parce qu’à un moment il faut décider : soit le port d’une burqa en public est autorisé, soit il ne l’est pas.

        Par ailleurs excusez moi mais vous n’étayez en rien vos accusations :
        * de racisme envers « les organisations de gauche »
        * de se défouler sur les élèves voilés envers les enseignants

      • Je ne propose aucune loi, la liberté religieuse existe en France. Ou alors il faudrait aussi légiférer sur la kippa. Les enseignants (en général) n’ont rien fait (ou pas grand chose) pour défendre les élèves voilées, c’est ce que montrent les études qui ont été réalisées sur cette question. Mon texte est un extrait d’un ouvrage où cette question est développée, je vous invite à vous y référer. C’est toute la société française qui est gangrénée par l’islamophobie qui est banalisée à un tel point que l’on n’est plus capable de la déceler dans les propos des élites politiques et médiatiques.

    • « l’interdiction du voile sous couvert de laïcité »

      D’abord je me présente puisqu’il vaut mieux dire d’où l’on parle. Je suis athée et proche du Parti de Gauche.

      Je suis opposé à l’interdiction du voile comme à l’interdiction des prières dans la rue. Parce que je suis athée et parce que je suis de gauche. Durant la nuit des temps les athées ont dû se cacher. Ce n’est que depuis le XXe que l’on peut s’affirmer comme tel sans encourir les foudres officielles. Je reconnais à tous mon propre droit à manifester ouvertement mes convictions.

      J’ai participé à la procession de rue pour la Sixième République qui partait de la place de la Bastille. Avec cantiques, psaumes, prêches des archevêques dont monseigneur Mélenchon. Et comme bien des camarades je portais des signes ostensibles de mes convictions (écharpes rouges, balais, pancartes, bannières, etc.) Si l’on interdit aux catholiques ou aux musulmans d’afficher leurs convictions je ne comprendrais pas pourquoi on tolérerait mes propres manifestations. Et c’est pour cela que j’approuve la formule « sous couvert de laïcité » de notre hôte. Puisqu’il s’agit de réprimer certaines convictions et pas d’autres. C’est une injustice foncière cachée sous un verbiage qui n’est que de l’intolérance.

      • 100 % d’accord avec toi (attention tout de même à ne pas confondre politique et religion, mais je pense que c’est de l’ironie…). Cette loi est un produit de l’islamphobie qui gangrène notre pays, ni plus, ni moins.

      • Tu penses bien. ;o) Faut pas se refuser trop souvent les occasions de rire ou sourire.

        Cela dit il ne faut tout de même pas oublier que le premier projet de loi liberticide « laïque » prévoyait l’interdiction des signes religieux ET politiques à l’école. Et que le législateur a laissé tomber la partie politique en cours de route. Pour ne s’intéresser qu’au seul foulard. Et pas à la kippa, à la croix au revers du veston, au T shirt Che Guevara (ou Édouard Balladur).

        J’ai vu peu avant les vacances une ado sortir d’un lycée public avec une énorme croix argentée sur son T Shirt. Bon, c’était du décorum gothique qui ne dépare pas au Hellfest. J’ai souri en me demandant doctement si c’était un signe religieux ou un signe musical… avant de voir un portrait de Marylin Manson sur le dos du T shirt. Je serais fort curieux d’avoir l’avis du législateur sur un tel cas.

      • > Ce n’est que depuis le XXe que l’on peut s’affirmer comme
        > tel sans encourir les foudres officielles.

        Vous avez du sécher quelques cours d’histoire portant sur le XIXème siècle !

        J’espère aussi que votre comparaison entre conviction politique et religion est ironique, mais je n’en suis pas sûr…

        La loi française accepte toutes les religions (« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes) », et ne s’en mêle pas (« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte »), et réserve la religion à la sphère privée.

        A partir de cela on peut il me semble critiquer A LA FOIS :

        * les racistes qui insultent, agressent ou « boucémissarisent » les musulmans en tant que musulmans

        * les personnes dont la pratique religieuse n’est pas compatible avec la vie en société ou les lois de la république (en fixant des limites, par exemple : ok pour un voile dans les cheveux, mais pas d’accord pour ce qui cache intégralement le visage, ni pour une burqa)

    • > Je ne propose aucune loi, la liberté religieuse existe en France.

      Donc vous ne pensez pas que le port de la burqa est problématique pour la république. C’est votre choix, qu’on peut approuver ou pas, mais vous devriez en tout cas le préciser clairement.

      Mais dans la vraie vie toute liberté a des limites non ? Où sont celles de la liberté religieuse pour vous ? Si demain une religion impose à ses adeptes de sortir dans la rue déguisés en schtroumpfs, de ne jamais mettre les enfants à l’école, de ne jamais parler français, de pratiquer un rite initiatique de « lancer d’infirme  », vous laisseriez faire (c’est une question tout à fait sérieuse, mon exemple semble bouffon mais c’est juste pour pousser la logique jusqu’au bout vous l’aurez compris) ?

      • @nicolasbourgoinblog

        > La question de la liberté religieuse est pour moi
        > secondaire, les vrais problèmes sont de nature
        > économique et le reste relève de l’idéologie.

        Excusez moi mais là c’est un peu facile…

        Si vous étiez au pouvoir, et que ma religion fantaisiste existait, il vous faudrait bien prendre une position. J’aimerais savoir ce que vous feriez.

    • Je pense comme Tnt, cette répression policière ne relève pas du racisme mais bien du maintient de l’ordre vis à vis de gens qui pourraient en effet se rebeller pour de bonnes raisons en effet mais qui le font sur de mauvaises. Ce gens ont le droit de vivre comme tout le monde, donc un droit au travail. Ils ont aussi le devoir de vivre comme tout le monde et donc de respecter les lois qui obligent à respecter les femmes (qu’on ne doit pas obliger à se cacher) et les animaux (qu’on doit abattre sans souffrances.) Les prières dans la rue sont moins graves, à mon avis.

  2. Trappes : Ce que le voile dévoile. | Mes coups de coeur

  3. – « l’immigration post-coloniale » désigne un phénomène historique particulier, propre à notre époque. Une immigration quantitativement importante (10% de la population totale) se manifeste historiquement de manière nouvelle : il n’y a pas assimilation, mais installation d’une communauté nouvelle dans l’ensemble Français. La perception du phénomène se manifeste de plusieurs façons, le language de cet article caractérisant l’une d’entre elles.
    Un aspect du phénomène, théorisé à gauche d’ailleurs, va à l’encontre, ou pas des théories de l’auteur de l’article: le clivage de classes remplacé par un clivage de culture est il « réel » ou non ?
    Un aspect de cette réalité là pourrait être que effectivement, la classe dominée autrefois locale, se trouve aujourd’hui entièrement « remplacée » par une population extra européenne. La question mérite t elle d’être posée, ou bien la classe dominée continue t elle d’être « mixte »?

    • Le clivage de classes reste fondamental, le clivage culturel secondaire, mais les deux se recoupent dans la mesure où les immigrés post-coloniaux appartiennent majoritairement au prolétariat et au sous-prolétariat.

  4. Bien d’accord avec cette analyse. Vous ne l’évoquez que rapidement mais on pourrait aussi développer amplement sur la haine des classes populaires. Cette haine est devenue un fondement de la classe politique, de la droite au PS, et on en retrouve hélas ! la trace même chez certains personnes du FdG ou du NPA ! Comme au XIXe on réinvente les « classes dangereuses » et ça fait trembler les catégories intermédiaires — les pas-encore-précarisés — qui ne veulent pas qu’on mélange torchons et serviettes… Transformer les revendications sociales en délits de droit commun, c’est-y pas génial ?

    • Oui, c’est presque ça : Droite et Gauche confondues sont élitiste, le peuple étant considéré comme composé d’irresponsables plus ou moins restés mineurs.
      Toutefois cette considération ne saurait s’étendre jusqu’au NPA ou, dans l’autre sens au FN, ces partis étant péjorativement considérés populistes par les précités justement !
      (Par ailleurs l’analyse de l’auteur est trop manichéenne pour être objective et en étant «Bien d’accord» tu te trompes aussi, forcément !)

      • Heu le NPA s’est tristement illustré avec l’affaire Ilham où l’on a vu un truc absolument incroyable : Philippe Poutou se désolidarisant de sa camarade désignée candidate par les instances ad hoc du parti ! Pas pour un différent politique majeur. Juste pour un bout de chiffon ! Je comptais de nombreux copains au NPA. Ils sont tous partis…

  5. Je suis assez d’accord avec cet article mais je souhaite néanmoins en souligner quelques limites ou contradictions :

    La loi de 1905 relative à la séparation des Églises et de l’État s’adressait au catholicisme et visait l’exclusion de son clergé des affaires de l’État à commencer par l’école. En échange, elle garantissait la liberté de conscience des citoyens dans une France métropolitaine, rurale et encore très catholique. Il n’est pas étonnant que cette loi peine aujourd’hui à répondre aux questions soulevées par le fait religieux dans un contexte de post modernité. Pire, nous assistons à une bi polarisation de son interprétation avec d’un côté les tenants d’une laïcité anglo-saxonne prônant la liberté de conscience avant tout, de l’autre les tenants d’une laïcité française instaurant la neutralité (de l’État, de l’école et de l’espace public) comme condition nécessaire à la liberté des individus. Cet affrontement stérile, entretenu de part et d’autre, n’est pas étranger à la stigmatisation des musulmans et aux dérives graves de la classe politique.

    Concernant le voile intégral, les amalgames fusent de toute part. Ceux qui le défendent au nom de la liberté de conscience religieuse contribuent à en faire un attribut de l’Islam alors qu’il s’agit d’une question politique et identitaire. Nombreux sont les musulmans qui sont opposés au voile, Dounia Bouzar, anthropologue du fait religieux : « Précisons pourtant que l’islam a 14 siècles alors que les groupuscules sectaires prônant ce voile intégral datent à peine de 70 ans », Soheib Bencheikh, ancien grand Mufti de Marseille : « Le voile est une fausse route pour les jeunes filles. Rien dans le Coran ne leur impose d’afficher ainsi leur foi. Le voile conduit trop souvent à des comportements inquiétants, comme le refus de la mixité, de l’égalité des sexes, des cours de biologie ou de sport. Je suis favorable à la loi contre les signes religieux à l’école, car il faut éviter d’envoyer les profs en première ligne. » ou encore Malek Chebel « Le voile est une régression de la femme. On ne lui fait pas confiance. Elle peut être musulmane sans être voilée. Il y a eu des siècles où elle ne l’était pas. »
    Enfin comment ne pas rendre hommage aux féministes musulmanes et rappeler que, si le voile intégral est une liberté pour quelques jeunes filles en France, il est une oppression terrible pour 90% des femmes qui sont obligées de le porter au Moyen-Orient, en Afghanistan ou au Pakistan.

    Dernier point, il est symptomatique de voir les intellectuels français éluder les influences politiques du Salafisme et du Wahhabisme (abandonnant hélas ce sujet à la droite populiste) et dans le même temps méconnaitre totalement les intellectuels musulmans, dont les féministes, représentant l’Islam libéral, courant réformateur réhabilitant la pluralité d’interprétation du Coran. Citons l’immense penseur que fût Mohammed Arkoun (1928-2010), Professeur émérite, titulaire de la chaire d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne. Ses travaux jouissent d’une reconnaissance internationale mais demeurent hélas ignorés en France.

    Loi sur la burqa: l’amalgame profite toujours aux intégristes, Dounia Bouzar
    http://www.huffingtonpost.fr/dounia-bouzar/loi-sur-la-burqa-amalgame-integristes_b_1416808.html

    Face aux obscurantismes (l’islamiste et les autres) : le Devoir de Liberté, par Ghaleb Bencheikh
    http://www.c-e-r-f.org/fao-033.htm

    Le voile intégral est une provocation ! par Malek Chebel
    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/le-voile-integral-est-une-provocation_904457.html

    Le hidjab n’est pas une obligation par Soheib Bencheikh
    http://www.lemidi-dz.com/index.php?operation=voir_article&id_article=evenement%40art6%402008-09-27

    Le foulard, l’émancipation et la loi par Cynthia Fleury, philosophe
    http://www.humanite.fr/node/364810

  6. @Nicolas Bourgoin, je suis entièrement d’accord avec vous.
    Légiférer sur le port de signes religieux va à l’encontre de la loi de 1905 sur la « Séparation de l’Eglise et de l’Etat ». Termes que l’on oublie pour la qualifier de « loi sur la laïcité » afin d’y mettre ce qu’on veut et la corrompre pour qu’elle colle à ses propres convictions et aux noirs desseins du pouvoir.
    L’article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 précise: « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ».
    Cette loi dit clairement que l’Etat ne se préoccupe pas des religions, les accepte toutes et n’est pas censé se mêler des pratiques religieuses si elles ne troublent pas l’ordre public.
    Elle s’oppose, ainsi, à toute forme de communautarisme officiel, chaque citoyen étant considéré individuellement et ayant les mêmes droits que les autres.
    En légiférant sur des choix vestimentaires d’ordre religieux, l’Etat remet les religions au sein de l’espace public civique que la loi de 1905 avait permis de prohiber.
    Ainsi, parce que ce n’est pas son rôle, l’Etat n’avait jamais légiféré sur le port de la soutane (pourtant interdit par le dogme catholique). Pourquoi donc devrait-il se mêler de burqa et de foulards? Les curés en soutane, les religieuses en cornette sont-elles inquiétées par la police? Les attend-elle à la porte des couvents et églises pour verbaliser?
    Donc, dire que [certaine] « pratique religieuse n’est pas compatible avec la vie en société ou les lois de la république », c’est, contrairement à ce qu’on prétend, transgresser cette loi, puisqu’il s’agit bel et bien d’une « loi de la république » fondamentale.
    « La loi française accepte toutes les religions, et … réserve la religion à la sphère privée »
    En effet, un État laïque accepte toutes les religions, ne reconnaît aucune religion comme religion d’État et n’en privilégie ou n’en discrimine aucune.
    Alors pourquoi vouloir que l’Etat légifère sur des questions qui ne le concernent pas, sauf en cas de trouble de l’ordre public?
    Or le port de la burqa ne trouble pas l’ordre public, pas plus que celui d’une soutane ou d’une cornette.
    Quant à la « sphère privée »! C’est FAUX.
    La Loi de 1905 définit trois espaces: l’espace privé (intime) de l’individu et de la famille, l’espace public social (lié à la société civile) et l’espace public civique (de l’Etat).
    C’est ce dernier qui est interdit aux religions.
    Et en définissant la religion comme relevant de la « sphère privée », cela pourrait, donc, signifier qu’il faut interdire les processions, par ex.
    Pourtant, ce n’est pas de cela qu’il s’agit, alors qu’elles sont bien plus nombreuses que les burqas.
    C’est donc bien que vous voulez conserver les rites religieux qui vous conviennent et faire supprimer ceux qui ne vous conviennent pas.
    C’est-à-dire faire de la « République », à laquelle vous semblez pourtant tenir, un Etat qui sera régi par les dogmes religieux d’une minorité et dont les autres religions seront exclues, et qui aura pour effet, également, d’exclure les agnostiques, les athées et les libres-penseurs.

    Vous dites également: « les personnes dont la pratique religieuse n’est pas compatible avec la vie en société ».
    Là encore, de quoi je me mêle? De quelle « société « parlez-vous? D’une société figée où vous seriez seul juge de la morale et de la bienséance ? D’une société qui ferait des musulmans des sous-citoyens?
    Et, enfin, vous dites: « Et donc concrètement sur la burqa, quelle loi proposez vous pour dépasser cette contradiction et apaiser les choses ? Parce qu’à un moment il faut décider : soit le port d’une burqa en public est autorisé, soit il ne l’est pas ».
    Encore n’importe quoi.
    L’Etat n’a pas à se mêler de tenue vestimentaire, religieuse ou non, si cela n’entre pas dans le cadre de l’indécence définie par la loi, ou de la nécessité de découvrir son visage pour des contrôles d’identité bien encadrés par la loi de façon à ne pas favoriser l’arbitraire.
    Une loi qui sanctionne d’une amende le port du niqab est une loi abusive.
    Mais la loi du 17 novembre 1800 interdisant aux femmes de porter le pantalon n’a été officiellement abrogée qu’en … janvier 2013. C’est dire si le législateur et la société patriarcale veillent à contrôler les femmes jusque dans leur habillement et font peser constamment au-dessus de leurs têtes une épée de Damoclès.
    Le citoyen lambda, quant à lui, n’a aucune légitimité à exiger de voir le visage des gens à tout moment.
    D’ailleurs, c’est bizarre, mais il veut voir les visages sous la burqa, alors qu’il croise quotidiennement des dizaines de visages découverts sans les voir.

    « Les immigrés post-coloniaux appartiennent majoritairement au prolétariat et au sous-prolétariat ».
    Tout à fait. Il s’agit bien là de diviser le prolétariat et certainement pas d’une volonté humaniste quelconque. D’ailleurs, le port du voile intégral ne pose aucun problème dans les quartiers chics http://chooff.fr/node/6693.

    Et voici un texte remarquable sur le voile de Frantz Fanon, mort en 1961. http://www.madinin-art.net/la-bataille-du-voile-par-frantz-fanon/

    Désolée d’avoir été aussi longue 😦

    • @emcee

      > Quant à la « sphère privée »! C’est FAUX.
      > La Loi de 1905 définit trois espaces (..)

      J’avoue que je ne savais pas tout cela, j’irai approfondir à l’occasion.

      > C’est donc bien que vous voulez conserver les rites religieux qui
      > vous conviennent et faire supprimer ceux qui ne vous conviennent pas.

      Pardon ?!! Merci de ne pas m’attribuer des propos que je n’ai jamais tenus. Je n’ai pas parlé des processions, et d’ailleurs puisqu’on en parle je suis favorable à l’interdiction des processions religieuses dans la rue. Donc rien à voir avec une stigmatisation de certains rites religieux que vous m’attribuez un peu facilement…

      > « (…) Parce qu’à un moment il faut décider : soit le port d’une burqa
      > en public est autorisé, soit il ne l’est pas ».
      > Encore n’importe quoi

      Oui enfin là pfff… quand j’écris « soit le port d’une burqa en public est autorisé, soit il ne l’est pas », je ne parle pas du port d’un vêtement religieux mais du fait de couvrir entièrement son visage. C’est d’ailleurs bien cela dont la loi parle, de masquer son visage, et non de la burqa. Mais j’admets avoir été imprécis.

      Enfin vous voyez bien ce que je veux dire : tout comportement est soit autorisé, soit interdit, et il faut bien que ce soit clairement dit. Or je trouve que traiter tout le monde de raciste et d’anti musulman sans préciser si au final on veut autoriser ou pas le fait d’être intégralement recouvert par un vêtement, c’est un peu léger.

      > L’Etat n’a pas à se mêler de tenue vestimentaire, religieuse ou non,
      > si cela n’entre pas dans le cadre de l’indécence définie par la loi,
      > ou de la nécessité de découvrir son visage pour des contrôles d’identité
      > bien encadrés par la loi de façon à ne pas favoriser l’arbitraire.

      Donc vous voyez bien que concrétement si on applique cela, masquer son visage tout le temps n’est pas permis et par conséquence porter une burqa tout le temps n’est pas permis.

      > Mais la loi du 17 novembre 1800 interdisant aux femmes de porter
      > le pantalon n’a été officiellement abrogée qu’en … janvier 2013.
      > C’est dire si le législateur et la société patriarcale veillent
      > à contrôler les femmes jusque dans leur habillement et font peser
      > constamment au-dessus de leurs têtes une épée de Damoclès.

      Vous n’avez pas l’impression de faire d’une curiosité ou d’un oubli un fait législatif ?
      Franchement vous connaissez beaucoup de cas d’application de cette loi en 2012 ?
      Il est évident que ce texte était de fait inopérant bien avant 2013.

    • Oui mais il y a une limite, celle où les croyances entrent en contradiction avec d’autres lois basiques instituant libertés et le respects des autres notamment.

  7. @ Nicolas et à ses commentateurs

    Nombre de mes camarades blogueurs du FdG se sont interrogés à la suite des résultats de Villeneuve-sur-Lot (ex-circonscription de Cahuzac). C’était une torgnole de plus dans la déjà longue série prise par le FdG à l’occasion de législatives partielles. En septembre je m’y mets moi aussi et vais y consacrer une série de textes. Il y sera question de laïcité parmi d’autres thèmes.

    Notre interlocuteur tnt y trouvera mes réponses à certaines de ses questions.

  8. « Pardon ?!! Merci de ne pas m’attribuer des propos que je n’ai jamais tenus. Je n’ai pas parlé des processions »
    Or, vous avez écrit:  » la loi française accepte toutes les religions … … et réserve la religion à la sphère privée. »
    Vous voulez dire que les processions n’étaient pas concernées, donc?
    « J’avoue que je ne savais pas tout cela, j’irai approfondir à l’occasion »
    Vous avez bien intégré l’idée d' »espace public », mais vous dites son contraire parce que vous en restez à votre subjectivité. Comme le font 100% des gens qui n’ont jamais lu les textes, mais qui en parlent, parce que l’important, c’est d’éliminer les musulmans de l’espace public (même si on prétend qu’on en a autant pour les cathos. Mais, quid des juifs? Motus).
    Il serait, en effet, judicieux d’approfondir la question, non pas « à l’occasion », mais d’urgence.
    La loi de 1905 a été élaborée très soigneusement et a demandé de longs mois de réflexion et de débats houleux parce que les camps des « calotins » et des « laïques » étaient extrêmement virulents.
    La religion catholique, qui avait toujours codirigé avec les autres pouvoirs, n’avait pas l’intention de laisser filer, et les progressistes qui voulaient, à juste titre, éliminer la religion des décisions de la république et qui avaient été jusqu’alors pieds et poings liés ne comptaient pas renoncer.
    Donc, cette loi a été faite dans l’idée d’apaiser les esprits en permettant à chacun la liberté de conscience, aux religieux de continuer leurs rites sans que leur dogme ne soit imposé au niveau de l’état (par ex, la loi sur l’IVG, qui a eu, pourtant, du mal à passer à cause des forces conservatrices religieuses, ne serait jamais passée si la religion avait eu une influence directe sur les pouvoirs).
    Cette loi sur la Séparation de l’Eglise et de l’Etat est juste et équilibrée. Vouloir la « réformer », c’est obligatoirement créer des discriminations et faire entrer la religion par la grande porte.
    Ce n’était pas du tout l’esprit de la loi.
    Et, je le rappelle, l’Etat n’a pas à se mêler de religion, ce qui avait plus ou moins été respecté jusqu’à l’arrivée de sarkozy et sa clique et qui se perpétue avec hollande et son clan.
    Cette loi est la seule garantie que d’autres religions ne chercheront pas également à ferrailler au niveau politique et resteront dans le cadre qui leur est imparti. Mais il faudrait que les Français acquièrent une certaine maturité et une indépendance intellectuelle pour comprendre cela, au lieu de se faire peur avec l’importance présumée de la religion musulmane.
    Ont-ils peur de la montée de l’extrême-droite? Non, et pourtant, c’est une réalité bien plus effrayante, et ils la cautionnent, voire participent activement à la légitimer avec leurs raisonnements simplistes à la MLP.

    Quand vous parlez d’espace privé, vous voulez dire que cela doit se passer entre quatre murs, chez soi, quoi.
    Or, les manifestations religieuses collectives sur la voie publique sont parfaitement légales et sont autorisées systématiquement par la préfecture si elles ne sont pas « de nature à troubler l’ordre public ».
    Vous voulez donc supprimer toute manifestation d’ordre religieux dans la sphère publique. C’est-à-dire que vous proposez une mesure totalitaire et discriminatoire par simple confort personnel. Le contraire du principe républicain dont vous prétendez faire grand cas.
    Mais cela dérangerait, évidemment, toute une partie de la population qui ne pense pas comme vous. Et radicaliserait même les modérés.
    Et si cette autre partie de la population exigeait, comme cela été dit intelligemment plus haut, que, dans ce cas, ce qui serait légitime après tout, TOUTES les manifestations publiques soient interdites, chacun restant dans sa « sphère privée », penseriez-vous que nous vivons encore dans une société libre et démocratique?
    Les religions, conservatrices et partie prenante de l’ordre établi, dérangent bien moins le pouvoir que les forces contestataires de gauche.
    Et vous irez vous plaindre à qui, si on interdit la liberté d’expression dans la rue? C’est vous qui l’aurez demandé, non?
    Ceux qui vous manipulent le savent très bien: ils vous amènent sciemment à exiger la loi vous-même, ou, en tous cas, à la cautionner.
    Pour ce qui concerne la dissimulation du visage, même si je désapprouve l’idée pour certaines raisons, je ne vois pas en quoi cela concernerait le citoyen lambda.
    Je l’ai expliqué précédemment.
    Les lois doivent être faites pour être appliquées à tous, or, ce n’est pas le cas actuellement: http://modernfamilyfrance.files.wordpress.com/2013/04/photo_1366333962461-highdef.jpg?w=768 Qui les a inquiétés? Qui est venu les verbaliser? Et pourquoi non? Ce traitement serait-il réservé aux musulmans – des quartiers populaires, qui plus est? Mais dans quel but, alors?
    Je rappelle pour ceux qui s’accommoderaient d’une lecture approximative et subjective des lois que l’article 1er de la loi pose le principe général selon lequel « nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage ».
    Quant au port des signes religieux dits « ostentatoires », notre ministre de l’intérieur est clair là-dessus, même si certains braillent que cette loi n’est certainement pas discriminatoire et s’applique à tous http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=vG9Ayybz_Uo

    « Vous n’avez pas l’impression de faire d’une curiosité ou d’un oubli un fait législatif ?
    Franchement vous connaissez beaucoup de cas d’application de cette loi en 2012 ? »
    Vous êtes d’une naïveté (ou d’une ignorance) confondante. Les lois qui n’ont pas été abrogées sont toujours valides. Et s’il est vrai que la loi sur le port du pantalon n’était plus appliquée depuis longtemps, parce que cela aurait été incongru jusqu’à présent, qui vous dit qu’elle n’aurait pas été ressortie de la naphtaline par un pouvoir totalitaire qui chercherait à humilier les femmes?
    Les lois qui garantissent les mêmes droits aux citoyens sont, on le voit bien, mises à mal actuellement. Aucun droit n’est jamais acquis.
    Dernier point, vous insistez pour dire:  » Si demain une religion impose à ses adeptes de sortir dans la rue déguisés en schtroumpfs, de ne jamais mettre les enfants à l’école, de ne jamais parler français, de pratiquer un rite initiatique de « lancer d’infirme », vous laisseriez faire ».
    Sachez que les lois existent en France sur tous ces cas de figures. Ce n’est pas parce qu’on tolèrerait le port de la burqa que cela éliminerait toutes les lois en vigueur.
    Quant à ne pas mettre ses enfants à l’école, ce n’est pas une obligation. C’est l’instruction qui est obligatoire.
    Si on parle de droit, la moindre des choses, c’est de connaître les lois.
    Et si on veut s’informer, on peut déjà commencer par ceci http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2013/07/22/voile-integral-le-plus-simple-serait-d-abroger-la-loi-877689.html

    « Pardon ?!! Merci de ne pas m’attribuer des propos que je n’ai jamais tenus. Je n’ai pas parlé des processions »
    Or, vous avez écrit:  » la loi française accepte toutes les religions … … et réserve la religion à la sphère privée. »
    Vous voulez dire que les processions n’étaient pas concernées, donc?
    « J’avoue que je ne savais pas tout cela, j’irai approfondir à l’occasion »
    Vous avez bien intégré l’idée d' »espace public », mais vous dites son contraire parce que vous en restez à votre subjectivité. Comme le font 100% des gens qui n’ont jamais lu les textes, mais qui en parlent, parce que l’important, c’est d’éliminer les musulmans de l’espace public (même si on prétend qu’on en a autant pour les cathos. Mais, quid des juifs? Motus).
    Il serait, en effet, judicieux d’approfondir la question, non pas « à l’occasion », mais d’urgence.
    La loi de 1905 a été élaborée très soigneusement et a demandé de longs mois de réflexion et de débats houleux parce que les camps des « calotins » et des « laïques » étaient extrêmement virulents.
    La religion catholique, qui avait toujours codirigé avec les autres pouvoirs, n’avait pas l’intention de laisser filer, et les progressistes qui voulaient, à juste titre, éliminer la religion des décisions de la république et qui avaient été jusqu’alors pieds et poings liés ne comptaient pas renoncer.
    Donc, cette loi a été faite dans l’idée d’apaiser les esprits en permettant à chacun la liberté de conscience, aux religieux de continuer leurs rites sans que leur dogme ne soit imposé au niveau de l’état (par ex, la loi sur l’IVG, qui a eu, pourtant, du mal à passer à cause des forces conservatrices religieuses, ne serait jamais passée si la religion avait eu une influence directe sur les pouvoirs).
    Cette loi sur la Séparation de l’Eglise et de l’Etat est juste et équilibrée. Vouloir la « réformer », c’est obligatoirement créer des discriminations et faire entrer la religion par la grande porte.
    Ce n’était pas du tout l’esprit de la loi.
    Et, je le rappelle, l’Etat n’a pas à se mêler de religion, ce qui avait plus ou moins été respecté jusqu’à l’arrivée de sarkozy et sa clique et qui se perpétue avec hollande et son clan.
    Cette loi est la seule garantie que d’autres religions ne chercheront pas également à ferrailler au niveau politique et resteront dans le cadre qui leur est imparti. Mais il faudrait que les Français acquièrent une certaine maturité et une indépendance intellectuelle pour comprendre cela, au lieu de se faire peur avec l’importance présumée de la religion musulmane.
    Ont-ils peur de la montée de l’extrême-droite? Non, et pourtant, c’est une réalité bien plus effrayante, et ils la cautionnent, voire participent activement à la légitimer avec leurs raisonnements simplistes à la MLP.

    Quand vous parlez d’espace privé, vous voulez dire que cela doit se passer entre quatre murs, chez soi, quoi.
    Or, les manifestations religieuses collectives sur la voie publique sont parfaitement légales et sont autorisées systématiquement par la préfecture si elles ne sont pas « de nature à troubler l’ordre public ».
    Vous voulez donc supprimer toute manifestation d’ordre religieux dans la sphère publique. C’est-à-dire que vous proposez une mesure totalitaire et discriminatoire par simple confort personnel. Le contraire du principe républicain dont vous prétendez faire grand cas.
    Mais cela dérangerait, évidemment, toute une partie de la population qui ne pense pas comme vous. Et radicaliserait même les modérés.
    Et si cette autre partie de la population exigeait, comme cela été dit intelligemment plus haut, que, dans ce cas, ce qui serait légitime après tout, TOUTES les manifestations publiques soient interdites, chacun restant dans sa « sphère privée », penseriez-vous que nous vivons encore dans une société libre et démocratique?
    Les religions, conservatrices et partie prenante de l’ordre établi, dérangent bien moins le pouvoir que les forces contestataires de gauche.
    Et vous irez vous plaindre à qui, si on interdit la liberté d’expression dans la rue? C’est vous qui l’aurez demandé, non?
    Ceux qui vous manipulent le savent très bien: ils vous amènent sciemment à exiger la loi vous-même, ou, en tous cas, à la cautionner.
    Pour ce qui concerne la dissimulation du visage, même si je désapprouve l’idée pour certaines raisons, je ne vois pas en quoi cela concernerait le citoyen lambda.
    Je l’ai expliqué précédemment.
    Les lois doivent être faites pour être appliquées à tous, or, ce n’est pas le cas actuellement: http://modernfamilyfrance.files.wordpress.com/2013/04/photo_1366333962461-highdef.jpg?w=768 Qui les a inquiétés? Qui est venu les verbaliser? Et pourquoi non? Ce traitement serait-il réservé aux musulmans – des quartiers populaires, qui plus est? Mais dans quel but, alors?
    Je rappelle pour ceux qui s’accommoderaient d’une lecture approximative et subjective des lois que l’article 1er de la loi pose le principe général selon lequel « nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage ».
    Quant au port des signes religieux dits « ostentatoires », notre ministre de l’intérieur est clair là-dessus, même si certains braillent que cette loi n’est certainement pas discriminatoire et s’applique à tous http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=vG9Ayybz_Uo

    « Vous n’avez pas l’impression de faire d’une curiosité ou d’un oubli un fait législatif ?
    Franchement vous connaissez beaucoup de cas d’application de cette loi en 2012 ? »
    Vous êtes d’une naïveté (ou d’une ignorance) confondante. Les lois qui n’ont pas été abrogées sont toujours valides. Et s’il est vrai que la loi sur le port du pantalon n’était plus appliquée depuis longtemps, parce que cela aurait été incongru jusqu’à présent, qui vous dit qu’elle n’aurait pas été ressortie de la naphtaline par un pouvoir totalitaire qui chercherait à humilier les femmes?
    Les lois qui garantissent les mêmes droits aux citoyens sont, on le voit bien, mises à mal actuellement. Aucun droit n’est jamais acquis.
    Dernier point, vous insistez pour dire:  » Si demain une religion impose à ses adeptes de sortir dans la rue déguisés en schtroumpfs, de ne jamais mettre les enfants à l’école, de ne jamais parler français, de pratiquer un rite initiatique de « lancer d’infirme », vous laisseriez faire ».
    Sachez que les lois existent en France sur tous ces cas de figures. Ce n’est pas parce qu’on tolèrerait le port de la burqa que cela éliminerait toutes les lois en vigueur.
    Quant à ne pas mettre ses enfants à l’école, ce n’est pas une obligation. C’est l’instruction qui est obligatoire.
    Si on parle de droit, la moindre des choses, c’est de connaître les lois.
    Et si on veut s’informer, on peut déjà commencer par ceci http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2013/07/22/voile-integral-le-plus-simple-serait-d-abroger-la-loi-877689.html

  9. « La question de la liberté religieuse est pour moi secondaire, les vrais problèmes sont de nature économique et le reste relève de l’idéologie. »

    Bien au contraire, votre assertion est fondamentalement idéologique tout comme l’ensemble de votre article..

    Votre bien pensance est fort éloignée de la réalité des cités « auto gérées » ..

    Vous devriez lire le coran,et puis a partir de cette lecture mettre en relief la constitution Française véritable squelette de notre république et vous commencerez à y percevoir de délicates contradictions..

    L’attitude de ces racailles n’est pas liée à un quelconque problème économique, en revanche. Il existe des pauvres de toutes les couleurs, mais il apparait que 98% des agressions à la personne, sont commises par « la chance pour la France » Il suffit d’aller au parloir dans les prisons.
    Le problème est similaire sur l’ensemble de l’Europe avec ces populations. Vous devriez aussi consulter quelques intellectuels algériens musulmans ou athées qui vous expliqueront comment ces zombies ont grignoté l’Algérie. Comment l’Algérie a perdu 10% de sa population, les cadres , les ingénieurs se sont enfuis lorsque l’islamisation s’est installée à la gouvernance.. Les Algériens nous avertissent, le pire est à venir. A force de nier les différences culturelles et les rejets suscités par les autochtones qui subissent les malveillances, les milices se reconstitueront, et on ne fera plus le tri entre les gentils et les méchants…il sera trop tard

  10. De quoi NPNS est-il le nom ? Fortune et infortunes d’un Appareil Idéologique d’État. – Nicolas Bourgoin

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