La révolution sécuritaire, entretien pour « Choses Lues Plus »

 

La révolution sécuritaire (1976-2012)

Soumis par Geneviève CASANOVA le mer, 24/04/2013 – 17:16
Catégories:
Thématique:

smileysmileyNous aimons, c’est très clair… Y-a-t-il de l’idéologie dans cette déconstruction d’une idéologie?? cela reste à réfléchir bien sûr, c’est une manière de s’essayer à la distance… mais pourquoi ne pas profiter sans modération de la chronologie qui est proposée en ligne et qui est remarquablement claire et complète?

 Nicolas Bourgoin, démographe, vient de publier  La révolution sécuritaire

Entretien

Pourquoi dater cette « révolution » de 1977 ?

 

  • Année-pivot entre les 30 glorieuses et le néolibéralisme ; année du rapport Peyrefitte qui fait état d’une montée de la violence et « théorise le sentiment d’insécurité en lui donnant une légitimité scientifique » et débouche sur la loi « Sécurité et liberté » (février 1981).

Sur quels fondements repose cette « révolution » ?

  • « Le fait de considérer que l’origine du crime résident dans le seul criminel », le refus de « l’excuse sociologique » : d’où une politique consistant à dissuader, pénaliser et même neutraliser (rétention de sûreté) le criminel.

Quelles en sont les étapes ?

  • Débutant dans les années 70, elle marque d’abord le pas lors de l’alternance de gouvernement en 1981 ; à partir des années 92, la gauche devient plus sécuritaire et considère que son « angélisme » la discrédite mais c’est en 2001 que se produit un grand tournant (loi sur la sécurité quotidienne) et à partir de 2002, le mouvement est continu, qui aboutit à 61 lois sécuritaires en 10 ans.

Qu’ont en commun tous ces textes ?

  • Ils visent d’une part la délinquance de rue des classe populaires et les incivilités :  cela débouche sur un « renforcement du contrôle social » (vidéosurveillance, présence policière accrue ; d’autre part la surveillance des frontières (risque migratoire et terrorisme). C’est une époque de mutation du droit pénal avec mesures d’exception et de plus en plus de délits sortant du cadre juridique habituel ce qui marque « un renforcement du pouvoir exécutif sur celui des juges ».

Le sentiment d’insécurité aide à faire accepter ces mesures par la population dites-vous.. .

  • Elle « est demandeuse de sécurité, surtout les classes populaires (…). Elles perdent de vue qu’elles sont d’abord victimes sur le plan social et économique parce qu’on leur met en permanence devant les yeux l’image d’une société violente ». Ce discours est bénéfique sur le plan électoral mais « c’est une politique par défaut. C’est ce que l’on fait quand on ne sait pas quoi faire d’autre » : dans une période où « l’Etat perd la main sur les questions économiques et sociales. » Néanmoins c’est là une route dangereuse.  Ce processus s’arrêterait de lui-même « s’in ne générait plus de bénéfices électoraux ».

CL+_2013_03_109  / ash 05/04/13 p. 28-29 + www.champsocial.com

 http://www.cnlaps.fr/Choses-lues-plus/node/1252
Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s